Respect, malgré l’achalandage

Jessi parle de respect

Alors que l’ambiance du temps des Fêtes s’installe peu à peu dans notre quotidien, dans notre salon, elle a déjà pris place dans les centres d’achats, depuis que l’Halloween est passée. Sapins, décorations de toutes sortes et chansons de Noël ont vite remplacé citrouilles et épices d’automne. C’était aussi synonyme d’un plus grand achalandage dans les magasins et, avec cela, pour moi, un peu plus d’heures à travailler dans une de ces boutiques.

En effet, je travaille en service à la clientèle et, alors que j’en parle parfois dans mon entourage, j’ai l’impression de devoir défendre mon choix.

D’une part, j’aimerais d’emblée dire que je choisis de garder un emploi en service à la clientèle, alors que j’en occupe un autre, dans un autre domaine complètement différent. Par le fait même, ma situation, dans laquelle je choisis de garder cet emploi et donc, dans laquelle je pourrais choisir, sans trop de conséquences de le quitter, fait de moi quelqu’un de privilégié, en ce qui concerne cette situation. Ça ne représente en rien la situation de l’ensemble des personnes qui ont un tel emploi, seulement la mienne.

Bref, je travaille dans un magasin,dans un centre d’achats d’assez grande envergure. Des fois, évidemment, ça fait partie de mes conversations, avec d’autres personnes de mon âge ou un peu plus âgées. Parfois, ce sont des personnes qui ont aussi un emploi du genre et on peut partager concernant cette réalité.

Des fois, mes conversations sont assez banales; rien encore à signaler.

Mais, il y a aussi de ces discussions, de ces réactions, de la part des autres, où je sens un certain jugement.

Comme si travailler en service à la clientèle était moins bien qu’un autre emploi.

Comme si je pouvais et devais faire mieux.

J’ai cette impression que c’est considéré comme un emploi de seconde catégorie, pas vraiment exigeant, facile, selon plusieurs.

De plus, si j’ai le malheur de me plaindre, comme beaucoup de gens le font par rapport à leur propre emploi, on me répond parfois : ben, t’as juste à quitter, non? Ou encore Pourquoi tu es encore là de toute façon?

Et la vérité, à travers tout cela, c’est que, bien que cet emploi ne corresponde pas à l’ensemble de mes valeurs et qu’il ne me représente pas en soi, il fait partie de mon quotidien, de mes activités.

Je dirais que cet emploi me permet de décrocher. Il est complètement différent de mon domaine d’études et de mon autre emploi, rendant ma semaine plus variée et me permettant de vivre autre chose.

Cet emploi est important pour moi. Ça me fait sincèrement plaisir de travailler là, avec une équipe formidable. Ça me permet de rencontrer des personnes, dont les intérêts sont différents des miens. Et, soyons honnête, cela représente aussi une deuxième source de revenu.

Et encore là, mon but est de dénoncer ce sentiment de devoir s’expliquer, ainsi que les commentaires et opinions négatifs concernant ces emplois, bien que mon article soit aussi justificatif. Je ressens encore ce besoin de me justifier, d’exposer ma situation et mes raisons.

Je finirai cet article en disant que bien des personnes travaillant en service à la clientèle, le font super fort et du mieux qu’ils le peuvent. En ce temps des Fêtes, où le magasinage fait partie des activités de fin de semaine de plusieurs, soyez respectueux des personnes qui travaillent derrière la caisse ou dans les rangées. Pensez aux journées, assez mouvementées, que peuvent vivre les employés, avant d’être un tout petit peu trop exigeant envers eux. Après tout, ce ne sont que des produits et des cadeaux!

auteure jessi carenzi

Travail au bureau VS Télé-travail : Mon expérience

Jenny parl de son expérience de télé-travail

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de travailler à la maison durant ma convalescence pour mon pied. Je souhaite donc vous faire part de mon expérience et comparer le télé-travail et le travail au bureau.

 

J’ai apprécié avoir l’opportunité de travailler de chez-moi durant les semaines où je n’étais pas en mesure de marcher suite à mon incident au pied, en début juin.  L’avantage des entreprises en 2018, est que les bases de données informatiques utilisent Internet pour se connecter. Cela facilite la vie de plusieurs personnes qui travaillent sur la route ou à distance. Est-ce que c’est un avantage ou un désavantage de travailler à la maison? Est-ce le même questionnement pour le travail au bureau? Je répondrais tout simplement par un peu des deux.

 

En effet, le travail à la maison n’est pas fait pour tous. J’ai appris bien malgré moi que ce genre de travail n’est pas fait pour moi à 100 %. Je suis une personne qui aime être en contact avec les gens, j’ai donc trouvé ces 2 mois et demi très difficiles sur le plan émotionnel et social. J’avais l’impression de ne pas connecter avec mon équipe. En revanche, mes amies au bureau m’ont aidé à traverser cette période grâce aux messages texte et aux messages de groupe via le Hangout de l’entreprise pour laquelle je travaille. Bien évidemment, j’ai sauvé sur ma consommation d’essence et j’ai pu profiter de manger des repas un peu plus élaborés de ce que je suis habituée de me faire en lunch.

 

Il y a des avantages à travailler directement au bureau, puisque tu peux aller voir les gens avec qui tu travailles directement au lieu d’attendre qu’ils ne te répondent. Il y a un esprit de communauté ou bien d’appartenance lorsque nous sommes au bureau. Lorsqu’il a des nouvelles informations importantes ou même de nouveaux employés, nous l’apprenons en même temps que tous. Cependant, il y a des inconvénients au travail à 100 % au bureau. Tels que les jours de rendez-vous médicaux, problèmes de voiture ou autres, c’est plus compliqué d’entrer au travail. Les paies sont alors plus petites. Les jours de mauvais temps dus aux conditions routières ainsi que les grippes saisonnières, moins d’employés entrent travailler.

 

Dans un monde idéal, je crois que tout le monde qui a la possibilité de faire du télé-travail devrait le faire à un certain par période. Partager le travail au bureau et faire aussi du télé-travail chaque semaine serait très bénéfique à tous et chacun. Prenons l’exemple d’un employé qui a le rhume ou la grippe, il pourrait travailler de la maison. Il serait plus productif, puisqu’il n’aurait pas besoin de se préparer, de conduire jusqu’au bureau et ainsi risquer de donner ces microbes aux autres. En effet, il y a quelques fois par année où les journées sont plus difficiles. L’option du travail à la maison aiderait l’employé à mieux performer malgré qu’il soit plus fatigué que d’habitude.

Il n’y a certainement pas de recette miracle. Cependant, les deux possibilités peuvent aider les employés et leur employeur à plusieurs niveaux et garder une performance adéquate.

 

       

Le travail, ma deuxième maison

le travail ma deuxième maison

Il y a douze ans, je suis entrée dans ce centre d’hébergement, du haut de mes dix-huit ans, sans me douter que j’y trouverais le père de mon enfant, en plus de très bons amis.

Le travail à temps plein, c’est 50 heures par semaine passées avec nos collègues. Au début, il y a la gêne, la méfiance, l’inconnu et la réserve. Mais, avec le temps, on apprend à connaître les gens, on sort à l’extérieur du travail pour découvrir les vraies facettes qui se trouvent derrière le ou la travailleur.euse, parce que, soyons honnêtes, on ne peut pas autant lâcher notre lousse côté professionnel versus à notre naturel dans un bar.

Avec les années viennent le confort et la complicité qui se développent en présence de nos collègues. Sans parler des gestes qui se coordonnent l’un après l’autre et le travail qui s’enchaîne naturellement. La confiance s’installe, les moments plus difficiles, côté personnel, sont compris et acceptés par ces derniers et, parfois, le travail semble plus léger.

Soyons honnêtes, je vois mes collègues plus que ma propre famille. Les moments partagés avec eux se doivent d’être agréables et drôles. Parfois, les journées sont plus calmes, quelques fois, on sent la vague d’optimisme d’une personne, la petite tape qui manquait pour continuer le quart de travail avec le sourire. Il y a des jours gris où seule une oreille attentive et sans jugement nous fait du bien. Avoir une confiance aveugle envers une personne est une rareté et est quelque chose de précieux que la vie nous offre. C’est s’abandonner face à l’autre et être prêt.e à entendre la franchise de cette personne.

Le but premier de travailler, c’est de faire un métier que j’aime, que j’ai choisi. Agrémenté de gens merveilleux, cela semble encore plus facile. Entrer le matin sans avoir l’impression d’aller travailler, c’est vraiment un sentiment inexplicable. Se sentir dans ses vieilles pantoufles le matin, entourée d’une gang extraordinaire, ça n’a pas de prix!

Certaines sont comme des mères, d’autres, plus âgées, deviennent les meilleures conseillères avec leurs multiples expériences de vie. Les plus jeunes viennent ajouter des touches éclatantes. Celles qui vivent les nuits difficiles, les otites des enfants, les nouvelles attitudes de ton 3 ans et demi. Il y a celles qui sont devenues de l’or en barre, celles qui, jour et nuit, seraient là pour toi. Celles que tu ne peux même plus appeler tes collègues, parce qu’elles sont devenues beaucoup plus.

Je remercie la vie d’avoir mis sur mon chemin, non seulement un travail que j’aime, mais des personnes exceptionnelles avec qui je continue d’évoluer en tant que personne, parce que depuis douze ans j’ai beaucoup appris. Et il y a toi, mon amour, le beau gars aux tatouages avec les cheveux noirs. Celui qui a changé ma perception de l’amour. Celui avec qui j’ai fondé ma famille.

Rares sont ceux qui peuvent se vanter d’avoir trouvé l’amour, l’amitié et la passion d’un métier dans une seule bâtisse.

Folie veronique logo auteur ariane reviseure

16 paires d’yeux et un cœur comblé

être éducatrice à l'enfance

Assis en cercle devant moi, j’ai 16 paires d’yeux qui me regardent, qui me sourient et qui patientent.

Bref, presque tous…

Nous sommes lundi matin et je suis comme un juke-box humain pour ce petit groupe de 2 ans.

” Les crocros…” demande l’un d’eux.

“Ain-ti font font” supplie l’autre.

Une quinzaine de minutes plus tard, ma shortlist de comptines et leurs temps d’attention presque épuisés, ma collègue et moi les disposons en coins libres et procédons aux diverses routines de la journée.

J’ai un travail, que dis-je, une passion formidable!

Je suis éducatrice en petite enfance.

À en croire certain, ce titre pourrait devenir l’équivalent d’être une super héroïne ou une sacro-sainte, juste en voyant leurs yeux s’écarter lorsque je leur dis que je passe 8 heures par jour avec 16 petits terrible two.

Il y a les couches, certes, les crises de larmes, ok, les gestions de crise de bacon, oui.
Je peux comprendre que cela peut paraître éreintant, voir psychologiquement drainant…

Mais ô combien valorisant, voir physiquement bénéfique!

Chaque matin, j’ai droit à mon comité personnel de bienvenue dès que je franchis le pas de la porte.

Me rendre à mon armoire, au fond du local est une course à obstacles parsemée de câlins, de cris de joie, de petites mains qui veulent se faire prendre ou d’yeux qui cherchent mon regard.

J’entends au moins 7 versions personnalisées de mon prénom et déjà une dizaine de demandes différentes pour un bac de jouets en particulier ou un disque à faire rejouer.

Ma jauge de bonheur est donc remplie dès ma journée à peine entamée.

Quelle belle sensation que celle d’être attendue, espérée, salutaire pour ces enfants en pleine découverte de leur autonomie.

En toute humilité et surtout, loin de vouloir prendre la place de leurs parents, je ressens cette vague d’amour quotidienne comme ma réserve exclusive d’infimes doses de bonheur encapsulées.

Ma fontaine de jouvence, c’est eux!

À vouloir apercevoir leurs sourires s’illuminer comme des lumières de Noël en intermittence, je retrouve ma fougue d’enfance et je me mets soudainement à ramper sous les tables, sauter comme une grenouille ou même danser le boogie sans gêne.

Leurs rires aux éclats sont des incitatifs à leur faire d’amicales sursauts, des coucous à profusion ou même des grimaces dignes des plus vieux singes!

Il n’y a pas d’emploi plus donnant-donnant que celui que j’ai choisi, à mon avis.

En leur apportant de la sécurité, de l’aide, de l’attention, je recueille de l’agrément, de la confiance, du bien-être.

En leur offrant des activités diverses, des apprentissages amusants, des outils pour se développer et grandir sainement, je récolte de la créativité vive, de l’émerveillement face à leurs créations et de la fierté vis-à-vis leurs progrès.

Je m’investi cœur et âme pour leur offrir le meilleur de moi et de ma personnalité généreuse.

Le soir et la fin de semaine, je ne peux pas juste éteindre l’organe qui me sert de pompe pour vivre et ne pas penser à un nouveau bricolage ou une disposition du local plus avantageuse.

Et encore moins lorsqu’ils ont été malades à la garderie ou que je sais qu’ils ont eu une semaine plus demandante côté émotions. Je ne peux m’empêcher de leurs envoyer des ondes positives et d’espérer les retrouver en meilleure forme au retour de la fin de semaine.

En plus d’être éducatrice, je suis maman de 2 merveilleux enfants que j’adore.

Quand on me demande si j’en veux d’autres, je me dépêche de répondre que j’en ai 16 autres!
Pas légalement…. mais personnellement et sincèrement, OUI.

Mon amour pour ces petits monstres est sincère.

Leurs personnalités disparates, toutes plus adorables l’une de l’autre me conquis à chaque fois.
Chacun de ces petits êtres apportent une couleur unique au groupe, une petite tornade par ici, une gênée par là, un boute-en-train là-bas… et autant que je deviens différente avec eux selon leurs particularités, autant que dans mon cœur, ils sont égaux et aimés de la même façon.

Je ne me sens pas mère, je me sens leur amie, leur grande sœur, leur épaule pour consoler, leur oreille pour écouter, leur main pour chatouiller, et quelquefois leur mouchoir pour s’essuyer… arkkkk… oui cela arrive!

Je ne peux leur en vouloir quand je suis malade par leurs microbes attachants.
Comme cette semaine, où la méchante gastro m’a mise le grappin dessus: trois jours sans pouvoir travailler.

Vendredi quand je les ai aperçu à la fenêtre de mon local lorsque je suis allée chercher ma fille à la garderie, j’en ai eu les larmes aux yeux… De les voir, sans pouvoir aller les prendre dans mes bras.

Ils étaient tous là, entassés dans chaque fenêtre, le sourire aux lèvres, scandant mon nom en émerveillement et m’envoyant la main comme si cela faisait des mois qu’on était séparés…

Oui, il faut avoir le cœur solide pour être éducatrice … mais pas pour les raisons que vous croyez!

 Folie Sofia logo reviseure

« Qu’est-ce que tu veux faire dans la vie? »

qu'est-ce que tu veux faire dans la vie

Ce soir, je ne savais pas quoi écrire pour divertir ma vaste audience. Le syndrome de la page blanche. Puis, quelqu’un de très sage m’a dit que je n’écrivais pas pour les autres, j’écrivais pour moi. De quoi est-ce que j’ai envie de parler? Sur quel sujet est-ce que j’ai le goût de me vider le cœur?

Ce qui m’a le plus préoccupé ces temps-ci, c’est le travail. Ça fait presque 5 ans que je travaille pour la même compagnie. Mon record personnel. Je n’avais jamais « enduré » un travail aussi longtemps. Parce que, oui, endurer est le bon terme. J’ai rarement été très heureuse dans mes emplois. Exception faite de là où je suis présentement. Mais les dernières semaines et même mois, ce fût beaucoup plus ardu. Beaucoup plus exigeant en termes de temps et beaucoup plus de pression ainsi que de stress à gérer. Et savez-vous quoi? Je pense que je ne gère pas très bien…!

Je me suis mise à réaliser que je n’aimais peut-être pas tant mes tâches, ainsi que la direction future que semble prendre mon employeur par rapport au développement des affaires. Je me suis mise à me demander si je me voyais vraiment évoluer dans ce sens-là avec eux. Honnêtement, je ne suis pas sûre. Suite à ce constat, j’ai eu une légère période de découragement.

Découragement, parce que j’ai changé d’emploi beaucoup trop souvent dans ma vie (à mon avis). Parce que je n’ai jamais vraiment su ce que je voulais faire ou ce qui me passionnais. Parce que si on me parle de retraite ou de gagner la loterie, ma première idée est « yesssssssssssssss je pourrai arrêter de travailler et faire enfin ce que je veux! ». Mon problème, c’est que ce que j’aime faire comme loisir ou ce qui me passionne dans la vie, c’est assez difficile d’en faire un métier. Certaines personnes y réussissent et elles ont toute mon admiration. Arriver à survivre et même vivre d’un métier créatif ou artistique, c’est probablement ce qu’il y a de plus dur. Moi, je n’ai même pas le courage d’essayer. Alors, vraiment, ces personnes ont toute mon admiration.

J’ai toujours aussi envié les personnes qui savent ce qu’elles veulent faire comme métier depuis leur plus tendre enfance. Que ce soit à 8 ans, 15 ans, 20 ans, 30 ans, cette personne que j’envie a toujours eu la même réponse à la question « qu’est-ce que tu veux faire dans la vie? ». Elle n’a jamais douté. Elle a suivi son idée, mis son énergie à accomplir ce projet et est heureuse dans son choix. J’aurais donné très cher pour être faite comme ça!

Alors je suis découragée, qu’à 32 ans, je ne sais toujours pas ce que je veux faire dans la vie et je doute encore de mon cheminement et d’où je suis rendue. Que je me remets encore à lire les offres d’emploi, à regarder les formations à distance, à considérer des plans B, C, D…

Je ne sais pas où ces récentes réflexions vont me mener. Je ne le sais jamais. Certains jours je me dis que je ne suis plus capable et je dois trouver autre chose… D’autres journées, je me raccroche à la relation positive que j’ai avec mes patrons, collègues, employés, qui font que mes journées sont tout de même plaisantes. Certaines journées, j’arrive même à trouver que mes tâches sont agréables et que mon travail est apprécié et fait une différence.

C’est un peu comme dans tout, il y a toujours des hauts et des bas. Rien n’est parfait! Il faut se raccrocher au positif et réussir à passer à travers les petites déprimes! Comme disent les philosophes du dimanche : « après la pluie le beau temps », et comme disait mon défunt grand-père : « rendu au bout, ça r’vire! »

Folie Marianne logo auteur 

On vous parle de notre parcours professionnel

Notre parcours pro

Bien que Folie Urbaine soit avant tout une passion pour nous, nous le considérons aussi comme un emploi, et ce, même s’il ne nous permet pas d’en vivre pour l’instant. Bien que gâtées grâce à nos collaborations de plus en plus nombreuses, nous avons toutes un emploi qui nous permet de payer les factures en plus d’occuper une grande partie de notre quotidien. Ayant toutes des gagne-pains différents, nous avons eu envie de partager avec vous notre parcours professionnel afin que vous puissiez en apprendre encore plus sur les fondatrices de Folie Urbaine.

Quand j’étais jeune, mon sens artistique était déjà très développé : j’aimais me confectionner des vêtements improvisés à l’aide de draps et épingles à corde à linge, je dessinais beaucoup et mes activités étaient très variées côté bricolage. Je ne crois pas avoir tant dévié de ma jeunesse. J’ai fait un DEP en couture et retouches sur mesure et j’ai adoré ! Je suis maintenant styliste pour mon gagne-pain et, souvent, je n’ai même pas l’impression de travailler tellement j’aime mon emploi. Il y a quelques années, j’ai été acceptée à l’université en jeux vidéo et en design graphique, mais mes plans ont changé. J’aurais sûrement autant aimé cette alternative, étant donné que je touche beaucoup à ces domaines dans ma vie de tous les jours. Depuis que j’ai 14 ans, je travaille beaucoup, à temps partiel ou temps plein, j’ai eu diverses jobs : sur des chantiers de pavage, dans des épiceries, des boutiques de vêtements ou de bijoux, dans des bars, même dans des places de billard ! J’ai aussi investi beaucoup de temps dans des compagnies locales, parce que c’était ma façon d’encourager notre économie et le domaine artistique. Présentement, je prends mon temps, je me trouve des hobbies, j’aide des amies et ça me plaît !

– Ariane

 

J’ai toujours rêvé d’être journaliste, j’adorais le français à l’école et je vouais un culte à Linda Hébert, la journaliste sportive dans Lance et Compte ! J’ai aussi voulu devenir danseuse pour Les Grands Ballets, mais vu mon talent limité, j’ai bien vite mis cette idée de côté. Manquant de guts pour aller étudier en technologie des médias au cégep de Jonquière, j’ai mis cette idée de carrière de côté pour aller étudier en tourisme au cégep après avoir effectué un premier voyage qui a changé ma vie à 16 ans. Je voulais devenir guide touristique et voyager à travers le monde, sans ports d’attache et en toute liberté. J’ai terminé mes études en programme accéléré au collège April Fortier et j’ai tout de suite été engagée chez Voyage Bergeron comme agente de voyage. J’étais plutôt douée, mais je savais que ce n’était pas vraiment ce que je me voyais faire pour le reste de ma vie. Avant même que j’aie pu considérer d’autres options dans l’industrie touristique, il y a eu l’événement tragique du 11 septembre qui est venu mettre un frein à carrière. Comme les avions qui ont démoli les tours jumelles, ma carrière en tourisme a pris fin aussi abruptement. Pendant les semaines qui ont suivi, la plupart des gens avaient peur de voyager ce qui a porté un dur coup à l’agence qui m’employait. J’ai été remercié à peine 1 mois plus tard. Pendant près d’un an, j’ai travaillé comme serveuse dans un café et comme caissière chez Sports Expert en m’interrogeant sur mon plan B de carrière. C’est en accompagnant ma mère dans un CPE où elle travaillait momentanément que j’ai eu la piqûre pour le métier d’éducatrice à la petite enfance. Mes ambitions de voyage à travers le monde ont fait place à des groupes d’enfants de 0 à 5 ans. Est-ce que j’ai des regrets d’avoir mis en veilleuse mon désir de conquérir le monde pour faire une petite différence dans la vie de ceux-ci ? Je mentirais si je disais non, mais je fais un travail tellement valorisant que je chasse le négatif pour me concentrer sur le positif. J’ose croire que mon plan de carrière n’est pas complètement défini puisque je retournerai sans aucun doute à l’industrie touristique un jour. Mais pour l’instant, je suis heureuse et surtout contente d’avoir la possibilité de consacrer beaucoup de temps à Folie Urbaine. Qui sait où cela me mènera ?

– Jennifer

Quand j’étais jeune, je rêvais d’être une artiste. Je faisais de la peinture, du dessin et j’avais du talent, mais j’ai été vite découragée au secondaire. L’intimidation que j’y ai vécue m’a énormément chamboulée. J’ai eu beaucoup de mal à terminer mon 5e secondaire, j’ai dû aller à l’école des adultes pour obtenir mon diplôme, mais c’est à cet endroit que j’ai découvert que c’était possible de faire des études en cinéma. Je suis donc entrée au cégep en cinéma, communications et média, et ce fut une expérience magique. Je voulais faire ça dans la vie ! Mon rêve était de faire du documentaire et de voyager à travers le monde. J’ai vite déchanté, n’ayant pas énormément de confiance en moi, je ne croyais pas réussir à percer assez pour vivre de mon art. C’est lors d’un travail d’été comme surveillante de parc que j’ai découvert le domaine des loisirs. Je travaillais avec des jeunes et j’aimais ça. J’ai fait mon BAC en animation et recherche culturelles en travaillant parallèlement dans une pharmacie comme caissière, dans une boutique Ardene comme assistante-gérante et dans les arénas comme surveillante. Disons que je ne dormais pas beaucoup. J’ai fait mon stage à la Ville de Montréal où je travaillais déjà comme surveillante et par la suite, j’ai déniché le poste que j’occupe depuis maintenant 6 ans : assistante en intervention loisirs. Ce poste me permet de toucher un peu à tout dans le domaine du sport, des loisirs et de l’événementiel. Mais parallèle à ma carrière, j’ai continué à faire des vidéos et du montage. Je fais de la photographie depuis 5 ans et j’adore évoluer dans ce domaine. En ce moment, mon job de rêve serait de vivre de toutes les expertises que je possède. Folie Urbaine est un projet que j’adore faire évoluer avec mes amies et je souhaite continuer d’ajouter de nouvelles cordes à mon arc.

– Karine

J’ai toujours eu des envies et des passions diverses, mais ça ne m’a pas empêché de savoir quand même assez tôt que je voulais aller dans le domaine de la relation d’aide. J’avais en tête, à la base, de devenir psychologue, mais je me suis découragée devant le nombre d’années d’études requises. C’est à la suite d’un reportage à la télévision avec des travailleuses de rue que j’ai découvert qu’il existait d’autres alternatives. J’ai commencé ma technique en travail social avec l’idée de travailler avec les itinérants et les toxicomanes dans un contexte de rue où je me promènerais à longueur de journée pour établir des contacts avec eux. Rendue dans la technique, j’ai découvert qu’il existait beaucoup de possibilités d’emplois et j’ai décidé de ne pas me limiter au travail de rue. La première année fut difficile, jeune fille de 16 ans qui découvrait Montréal et qui apprenait également que le cégep, ce n’est pas aussi tout cuit dans le bec que le secondaire. J’ai pris du retard et coulé des cours ce qui laissait présager que j’allais terminer ma technique en 4 ans. Plusieurs professeurs me demandaient si c’était vraiment ma place, me voyant dessiner en cours et être distraite. J’ai persévéré. J’ai fait mon premier stage dans un centre de jour pour femmes. Par la suite, afin d’ajouter des flèches à mon arc, j’ai commencé à faire du bénévolat pour une ligne de prévention suicide. Quand est venu le temps de choisir mon stage final, j’ai choisi un centre d’hébergement pour femmes. L’expérience a plus ou moins bien été, étant la préférée des femmes fréquentant le centre mais un peu moins dans le cœur des autres intervenantes. Ça m’a plutôt découragé. Bien que j’aie eu une très bonne note, j’ai pris une pause et je n’ai pas fini ma technique. Je l’ai terminée une année plus tard. Ce fut un parcours laborieux mais je savais que c’était ce que je voulais faire. Par la suite, je n’arrivais pas à trouver un emploi dans le domaine. Je parcourais les jobines qui ne sont pas dignes de mention jusqu’au jour où j’ai commencé à travailler dans un Dairy Queen, j’étais celle qui fait les gâteaux. J’y ai travaillé deux ans tout en continuant à chercher un emploi dans mon domaine avec la compréhension de mes employeurs qui m’ont beaucoup épaulé. À la fin, un peu vaincue, j’ai décidé de trouver un endroit où faire du bénévolat, car l’intervention me manquait. À peu près au même moment, j’ai appliqué pour un centre d’hébergement pour femmes à Longueuil en tant qu’intervenante et pour un centre pour les victimes d’agressions sexuelles en tant que bénévole. J’ai obtenu les deux. Étant sur appel à l’hébergement, j’ai continué à faire des gâteaux tout en ayant la chance de manquer les jours où je devais aller travailler à mon autre emploi. Jusqu’à ce que je commence à faire plus d’heures et que j’abandonne mon aventure au pays de la crème glacée. Par la suite, j’ai obtenu également un poste au sein du centre de victimes où j’ai commencé sur appel. Pour éventuellement obtenir un vrai poste et déménager à Montréal pour me rapprocher du centre. J’y travaille maintenant depuis 2 ans.

– Dominique

Et vous, quel est votre parcours professionnel ?

    

Chemin vers le retour

Je suis assise dans le métro. J’ai décidé de ne pas prendre ma voiture, étant trop stressée, ce n’était pas une bonne idée. J’ai soigneusement choisi mes vêtements. Je voulais bien paraître. Ce n’est pas rien. Je me suis coiffée et maquillée. Ce matin, j’avais un rendez-vous avec mon psychologue et la discussion m’a fait du bien. Le texto de ma nouvelle patronne la veille également.

Je suis en route pour le travail. Il est midi et je commence le travail à 13 h pour mon grand retour. Je commence progressivement, durant six semaines. Cette semaine, je fais deux demi-journées. Heureusement, car je ne crois pas que j’aurais été capable d’en faire plus. J’ai l’impression que c’est la première fois que je travaille. J’ai peur. J’ai mal au ventre. Ma bouche est sèche et j’ai chaud.

J’appréhende de revoir tous ces gens que je n’ai pas vus depuis 5 mois. Les jugements que j’ai vécus pendant mon arrêt de maladie m’ont un peu égratignée; j’ai entendu beaucoup de choses. Pas nécessairement de la part des gens du travail. Non. En général. Et c’est à cause de ce que les gens disent que ma poitrine est sur le point de sortir de mon corps. Les gens ne savent pas de quoi ils parlent. Ils regardent la surface et ne creusent jamais en profondeur. Un sourire cache tellement de choses.

J’ai fait une story sur Instagram avant de partir. Juste parce que j’en avais besoin. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir vécu tout ce que j’ai vécu et je me suis fait la promesse d’en parler; d’être transparente sur ce que j’ai vécu et sur ce que je vis.

En ce moment, je suis assise dans le métro en direction de ma première journée de travail à la suite de ma dépression. La dame à côté de moi lit au-dessus de mon épaule, mais ça ne me dérange pas. Mes pouces vont si vite sur le clavier de mon téléphone. Il faut croire que les mots font du bien, qu’ils sont thérapeutiques.

Je sors à la station Langelier et je marche vers mon nouveau bureau. Le changement aussi me donne des frissons dans le dos, mais je me dis que c’est pour le mieux. Une journée à la fois comme on dit. J’envoie un texto à ma patronne pour lui mentionner que je suis arrivée. J’attends devant la porte. C’est le moment de vivre ce grand retour et de ranger mon téléphone.

Mon corps s’accélère encore un peu, mais au fond, je sais que ça se passera bien pour la seule raison que je suis en paix avec moi-même.

 marieve duchaine reviseure