Lettre à Rachel

Véronique s'adresse à Rachel

Il y a un an de cela, j’ai compris que l’expression karma était réelle.

Par une journée toute simple, je devais aller à la pharmacie pour aller chercher les médicaments de mon garçon. Au comptoir de prescription une dénommée Rachel, selon son étiquette inscrite sur son sarrau, me sert. Son visage me dit quelque chose et le lien se fait assez rapidement. En un temps éclair, mille et une chose se sont passées dans ma tête, j’ai eu 15 minutes à attendre dans la salle d’attente pour me remémorer ce que j’avais fait il y a de cela dix-huit ans.

Je t’ai reconnue Rachel, la fille aux bonnes notes et au bon comportement à l’école secondaire. Une fille studieuse qui ne déplaçait pas d’air. Étant dans une gang cool à l’époque, je me suis sentie comme un loser là, maintenant en 2017. Je me suis mise à essayer de comprendre pourquoi je riais de toi, ou pourquoi je passais des commentaires à voix haute, sur toi. Ce jour-là à la pharmacie quand je t’ai reconnue, j’ai eu de la difficulté à garder le contact visuel, parce que j’ai eu des remords de conscience.

Parce que rendue à 31 ans, maintenant maman, j’ai peur qu’une moi-même s’acharne sur mon enfant, que quelqu’un lui fasse vivre de la peine gratuitement sans raison précise. J’ai beaucoup évolué en tant que personne, je ne pense pas comme je pensais à 12-13 ans, mais je tiens à ce que tu saches que j’ai mal agis, sans raison précise tu as subi des remarques que tu n’avais pas à entendre ou à vivre.

Avec le recul, je me demande si cela a eu des répercussions sur ta vie d’adulte, si tu as passé par-dessus, parce que parfois la peine et la méchanceté des autres laissent des cicatrices toujours un peu vives. Dans nos têtes de jeunes adolescents hormonés, on ignore ce que les autres peuvent ressentir face à nos commentaires ou nos gestes commis. On ignore aussi ce qu’il se passe au retour de l’école, dans les foyers, l’ambiance à la maison, cela peut être difficile quand s’ajoute l’intimidation à l’école.

En tant que société, je crois que cela est très important d’expliquer et de jaser avec nos enfants et ce, en bas âge. Nous devons éduquer nos enfants à être gentils et polis. Nous devons leur apprendre à se défendre, pour qu’ils ne vivent pas l’intimidation. Cela laisse des marques, l’ayant aussi vécu dans une nouvelle ville à 9 ans. J’en ai vécu un traumatisme. Cela ne m’a pas empêché de le reproduire des années plus tard. Mais j’en parlerai à mon enfant, pour qu’il ne devienne ni une victime ni un intimidateur. Nous devons être conscients que cela existe encore et nous devons continuer à en parler.

À toi Rachel, je tiens à te dire sincèrement que je m’excuse.

 

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Le poids mental qui reste

Veronique parle de la gestion de son poids

Nous avons tous un poids idéal ou appelons-le; le poids santé. Celui qui est supposé nous rendre confortable et en santé. Mais qu’en est-il de celui de surplus qui n’y est plus, mais qui reste encré en nous? Je m’explique…

Dans le passé, j’ai eu des expériences malsaines avec le réconfort que me procurait la nourriture. J’ai pesé jusque 225 livres. Je n’avais que 19 ans. Avec le temps, la gestion de moi-même, la volonté, la maturité et mon mode de vie, je n’ai acquis que du positif. Les bonnes habitudes d’entraînement, la nourriture saine et la constance ont fait disparaître ce que je n’arrivais plus à voir dans une glace. Mais voilà que 8 ans plus tard, je n’arrive pas à oublier la fille que j’étais.

Pourtant devenue celle que je voulais être, je n’arrive pas à effacer l’ancienne moi. Je réalise les efforts et les exploits qui m’ont mené à aujourd’hui mais l’autre ne me quitte pas l’esprit. Lorsque je me regarde dans le miroir, je n’arrive pas à me voir telle que je suis. Comme toutes les filles ou presque, j’ai des complexes, mais en ayant eu un excès de poids, je trouve difficile de faire la part des choses.

Il s’agit de prendre un peu de poids pour que la peur de grossir me ronge. Courir au gym pour surpasser celle que j’ai déjà été, une sorte de challenge personnel pour vaincre le passé. Suer le plus possible pour éliminer les traces psychologiques qui hantent mon cerveau, voilà comment je me sens. Beaucoup de gens sont épatés et fiers de la personne que je suis devenue, mais ils ne se doutent pas du bagage que je traîne.

Je ne me plains pas du tout, je suis fière de mes accomplissements, mais j’aimerais ne plus craindre de redevenir cette fille-là; sédentaire, malheureuse et pas bien dans sa peau. Je voudrais seulement apprécier celle qui est réellement là, arrêter d’observer ce qui pourrait être mieux, ce qui n’est pas assez ferme, ce qui n’est pas avantageux dans certains vêtements. Je ne suis pas un automobile que l’on peut modifier sur Photoshop, je suis une humaine qui peut améliorer sa silhouette mais le but premier se doit d’être sain et pour les bonnes raisons. D’être physiquement parfaite devient obsessionnel. Je veux être bien, belle et moi! Je veux surtout être belle mentalement car c’est l’une des beautés les plus uniques et sincères dans ce monde. Apprendre à s’accepter tel que l’on est ne s’acquiert pas avec une machine du conditionnement physique, tout part de notre machine à nous qui se nomme le cerveau.

Je veux juste ressentir le bien être de l’entraînement et réaliser les bienfaits que cela m’apporte. Réaliser que je travaille tellement fort que je ne peux retourner où j’ai déjà été enfoncée. Avoir l’esprit tranquille lorsque quelqu’un me fait un compliment, et être capable de l’accepter. C’est difficile d’accepter certains compliments puisque je ne vois pas la personne que l’autre voit. La vie qui avance, les projets qui évoluent, l’entourage qui est d’un bon soutien sont toutes des bonnes conditions pour arriver à voir que je ne suis plus la fille du passé!

J’ai été dans l’action de changer ce que je n’arrivais plus à accepter, j’ai évolué en tant que personne. Mon estime personnel et ma confiance ont bondi en flèche mais je voudrais juste voir ce qui en est et arrêter de vouloir fuir l’ancienne moi. Le poids d’une personne est un chiffre, mais aimer ce que l’on voit est un bien être qui ne se compte pas. La balance doit disparaître et la sérénité et l’accomplissement doivent se ressentir.

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