Si je te disais

si je te disais

Mon enfant, je le sais que c’est difficile à comprendre pour toi, mais ton papa c’est mon amoureux.

C’est vrai que je vous trouve beaux et complices quand je pose les yeux sur vous. Tes petites mains autour de son cou me charment et lui aussi, ça le fait craquer. De le voir aussi amoureux de toi, ça me rend heureuse et épanouie, parce que sincèrement je n’aurais pas pu choisir meilleur père que lui. Mais ton papa, mon chum, il me manque…

Les premiers temps où les après-midi étaient nos matins, cette période où les vêtements n’étaient pas obligatoires dans la maison. Les moments où l’heure n’était qu’un chiffre et que l’importance de dormir n’était pas si nécessaire. Celles où les câlins n’étaient pas interrompus par de petites mains qui nous séparent l’un de l’autre. Les grosses buveries qui s’accompagnaient d’un lendemain de poutine comme déjeuner.

Les matins calmes avec un bon café CHAUD! Les ébats amoureux, n’importe où, n’importe quand! Les sorties qui étaient toujours acceptées puisque nous n’avions pas besoin de se questionner à savoir si quelqu’un peut garder. Écouter cinq à six épisodes d’une série sans peser sur pause au moins trois fois.

Manger un bon repas chaud, avec une bonne bouteille de vin en discutant de tout et de rien sans se faire interrompre par un mini individu qui a besoin d’attention majeure!

si je te disais

Mon amour, on vieillit, on travaille, on change. Je m’ennuie de toi, de nous. J’ai mille et un projets avec toi, mais le temps file à une vitesse folle et cela me fait peur. Je réalise à quel point notre amour est solide puisqu’après huit années, je suis toujours à la recherche de ton regard qui fait toujours le même effet à mon cœur. Surtout que depuis que tu es papa, tu as ce côté sexy qui me rend complètement gaga de toi!

Nous sommes un beau trio, mais nous avons commencé en duo et en vieillissant, je constate à quel point il est important de le conserver et de le pimenter, mon bel amoureux. J’ai envie qu’on continue de se charmer et surtout qu’on prenne du temps pour nous, car être un couple amoureux, c’est un bel exemple à montrer à notre enfant.

Se retrouver, savourer et s’aimer, voilà 3 choses importantes à mes yeux.

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Elle

Je te regarde vieillir, je te trouve belle, j’espère qu’à ton âge je serai aussi magnifique.

Tu es tellement unique et j’en suis reconnaissante envers Dieu, parce que qui voudrait partager une femme comme toi.

Tu as des valeurs qui sont profondes et sincères. Ta patience est un exploit à mes yeux. Ton positivisme est à jeter par terre, ta manière d’apprivoiser les problèmes se transforme toujours en solution. Tes bras sont si réconfortants et confortables. L’odeur de ton parfum reste imprégnée sur nos vêtements et parfois même sur les cheveux de mon enfant. Cela nous rappelle que l’on t’a rendu visite.

Ton ouverture d’esprit est si agréable, les conversations sont si faciles à tes côtés. Nos silences ne sont jamais malaisants, ils sont tout simplement purs et apaisants. Nos fous-rires sont parfois gênant lorsqu’on se retrouve en public, mais tellement libérateurs. Même lorsque je ne suis pas avec toi j’arrive à entendre ton rire communicateur.

Quelle grande femme tu es, être aussi généreuse envers nous, sacrifier ta vie, trois fois plutôt qu’une et ne jamais t’en plaindre. Être exceptionnelle pour mon fils. Te regarder le serrer dans tes bras avec autant d’amour et d’intensité me rend émue. Lui faire la lecture, lui faire des surprises, nous accueillir peu importe les heures de la journée, se sentir toujours la bienvenue.

De m’encourager, écouter mes joies et mes peines, me conseiller sans me juger, me réconforter, calmer mes tempêtes qui sont parfois que dans ma tête, m’accompagner dans des moments gris, et d’autres fois très roses. Beau temps mauvais temps, tu es là. Parfois j’arrive à entendre la compassion muette au bout du fil, je te déchiffre même par ton non-verbal. Nous sommes si fusionnelles.

Je te ressemble, physiquement et intérieurement, c’est probablement l’une de mes plus grandes fiertés, je marche parfois dans tes pas, ce n’est pas volontaire. Je crois plutôt que la vie me mène vers des situations que tu as déjà vécue et qu’avec ta grande sagesse tu réussis à me guider vers d’autres chemins.

Je te vois grande et forte, capable de tout surmonter.

Tu es une personne qui sème le bonheur partout où elle passe. Je te remercie de tous les petits gestes que tu fais pour moi, je t’en suis tellement reconnaissante. Je suis aujourd’hui moi-même maman et le plus beau compliment que mon garçon pourrait me dire serait : tu me fais penser à mamie.

Maman je t’aime xxx

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Devenir son premier choix

Une nuit, trois jours avant mes 31 ans, ma cape de “superwoman ” a fendu en plein vol. L’atterrissage a été violent pour mon orgueil, mais nécessaire pour la partie la plus importante du corps, mon cerveau.

Une nuit, prise de panique, dans l’inconscience la plus profonde, démunie, je n’arrivais pas à comprendre ce qui m’arrivait. J’étais exténuée, incapable d’arrêter de penser à toute la liste générale du quotidien. J’ai téléphoné au travail, j’avais besoin de ma journée puisque durant la nuit je n’avais eu aucun répit de sommeil, j’avais passé une nuit blanche. Pensant qu’avec une journée j’allais être reposée et fraîche comme une rose, qu’elle fut ma déception de voir que je n’étais qu’une boule d’anxiété sur deux pattes, se questionnant à savoir pourquoi ça m’arrivait à moi? Je ne suis pas mieux qu’une autre mais j’ai toujours eu ce côté guerrière, qui affronte la vie avec un bouclier gigantesque et incassable.

La vérité est que l’on peut faire à croire à notre corps qu’on est capable de tout, de tout vouloir gérer, dans toutes les sphères de notre vie, sans demander d’aide, mettre tout sur ses épaules, en demander plus que l’on en est capable et continuer jour après jour. Jusqu’à ce fameux jour où notre cerveau n’en peut plus, où l’on ressent la fatigue traverser notre chair, pleurer pour sortir le trop plein qui remplissait la boule d’orgueil que l’on traîne tel un boulet, le cerveau qui surchauffe et qui ne laisse plus entrer aucune information puisqu’il doit nous faire comprendre que l’on s’est oublié.

Se regarder dans la glace en se demandant pourquoi nous avons aidé tous les gens autour de nous, sauf nous-même. Se culpabiliser juste à penser que nous devons apprendre à le faire. Se replonger dans le passé, pour se redécouvrir et s’obliger à être notre priorité. Oui, je suis une maman, une blonde, une sœur, une amie, une préposée aux bénéficiaires, mais j’ai compris que je ne peux pas prendre soin des autres si je ne le fais pas avant tout avec moi-même.

On ne choisit pas quand cela surgit. Le jour de mes 31 ans, j’étais fatiguée, je me demandais pourquoi je m’étais mise dans l’ombre aussi longtemps. Mais je découvre que je me suis offert le plus beau des cadeaux. Je me suis mise en arrêt de travail, j’ai pris soin de moi, je me suis écoutée avant de m’effondrer de tout mon long. Bizarrement dans cette histoire, j’ai ressenti le besoin de me sauver, le départ était déjà enclenché, je pensais à moi sans le savoir.

Vous vous connaissez mieux que quiconque, mieux qu’un médecin, la famille, le conjoint, etc. Écoutez-vous, ce que vous ressentez n’est pas une illusion. C’est votre corps qui vous lance un message. Moi je l’ai entendu et j’en suis plus qu’heureuse. N’hésitez pas à demander de l’aide, à dire quand ça ne va pas et débarrassez-vous de ce poids qui pèse lourd sur les épaules. Vous allez en ressortir plus fort et le temps pour le réaliser sera moins long que lorsqu’on veut ignorer les signes.

Se choisir, devenir notre priorité n’est pas égocentrique mais nécessaire. Nous devons être bien pour pouvoir semer le bien alentour de nous et pour pouvoir prendre soin de ceux qui nous entourent. Savourez les petites choses qui nous rendent heureux, trouvez le bonheur dans les petites choses que la vie nous offre. Ne rien prendre pour acquis. Cette pause m’a été d’une aide énorme dans ma vie. Le faire sans se sentir jugée, entourée des gens que j’ai choisis pour affronter cette épreuve qui s’est transformée en leçon de vie.

À force de vouloir toujours rester forte, on se rend compte que l’on s’épuise sans s’en rendre compte et qu’au fond, nous sommes un être humain et non un super-héros!

Être performant à tous les niveaux, constamment, ça apporte quoi finalement? Vous ne gagnerez pas de prix malheureusement. Demander de l’aide n’est pas signe de faiblesse mais plutôt signe de sagesse de se prendre en main. Un jour à la fois, une chose à la fois et qui sait si vous allez être là demain? La vie est précieuse et nous devons nous traiter tel un bijou.

 

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Le travail, ma deuxième maison

le travail ma deuxième maison

Il y a douze ans, je suis entrée dans ce centre d’hébergement, du haut de mes dix-huit ans, sans me douter que j’y trouverais le père de mon enfant, en plus de très bons amis.

Le travail à temps plein, c’est 50 heures par semaine passées avec nos collègues. Au début, il y a la gêne, la méfiance, l’inconnu et la réserve. Mais, avec le temps, on apprend à connaître les gens, on sort à l’extérieur du travail pour découvrir les vraies facettes qui se trouvent derrière le ou la travailleur.euse, parce que, soyons honnêtes, on ne peut pas autant lâcher notre lousse côté professionnel versus à notre naturel dans un bar.

Avec les années viennent le confort et la complicité qui se développent en présence de nos collègues. Sans parler des gestes qui se coordonnent l’un après l’autre et le travail qui s’enchaîne naturellement. La confiance s’installe, les moments plus difficiles, côté personnel, sont compris et acceptés par ces derniers et, parfois, le travail semble plus léger.

Soyons honnêtes, je vois mes collègues plus que ma propre famille. Les moments partagés avec eux se doivent d’être agréables et drôles. Parfois, les journées sont plus calmes, quelques fois, on sent la vague d’optimisme d’une personne, la petite tape qui manquait pour continuer le quart de travail avec le sourire. Il y a des jours gris où seule une oreille attentive et sans jugement nous fait du bien. Avoir une confiance aveugle envers une personne est une rareté et est quelque chose de précieux que la vie nous offre. C’est s’abandonner face à l’autre et être prêt.e à entendre la franchise de cette personne.

Le but premier de travailler, c’est de faire un métier que j’aime, que j’ai choisi. Agrémenté de gens merveilleux, cela semble encore plus facile. Entrer le matin sans avoir l’impression d’aller travailler, c’est vraiment un sentiment inexplicable. Se sentir dans ses vieilles pantoufles le matin, entourée d’une gang extraordinaire, ça n’a pas de prix!

Certaines sont comme des mères, d’autres, plus âgées, deviennent les meilleures conseillères avec leurs multiples expériences de vie. Les plus jeunes viennent ajouter des touches éclatantes. Celles qui vivent les nuits difficiles, les otites des enfants, les nouvelles attitudes de ton 3 ans et demi. Il y a celles qui sont devenues de l’or en barre, celles qui, jour et nuit, seraient là pour toi. Celles que tu ne peux même plus appeler tes collègues, parce qu’elles sont devenues beaucoup plus.

Je remercie la vie d’avoir mis sur mon chemin, non seulement un travail que j’aime, mais des personnes exceptionnelles avec qui je continue d’évoluer en tant que personne, parce que depuis douze ans j’ai beaucoup appris. Et il y a toi, mon amour, le beau gars aux tatouages avec les cheveux noirs. Celui qui a changé ma perception de l’amour. Celui avec qui j’ai fondé ma famille.

Rares sont ceux qui peuvent se vanter d’avoir trouvé l’amour, l’amitié et la passion d’un métier dans une seule bâtisse.

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Le jour où tu seras grand

le jour où tu seras grand

J’étais assise dans la salle d’attente chez le dentiste, j’écoutais la conversation d’un adolescent avec sa mère, assis à deux bancs de moi. Cela m’a soudainement plongé dans la réalité du jour où tu seras plus vieux.

Parce qu’un jour, ça me manquera que tu cours vers moi à la garderie, que tu me sautes au cou comme si cela faisait une semaine que tu ne m’avaiss pas vu. Que lorsque je te raconte une blague, tu es mon meilleur public et que tu cries « encore, juste une fois, encore ». De te voir t’émerveiller, parce que je saupoudre des paillettes en bonbons sur ta rôtie, lors d’un matin spécial. De t’entendre me dire à quel point tu me trouves belle quand je suis prête pour sortir.

Que lorsque je te borde au moment et où je quitte le seuil de la porte, une petite voix me réclame encore un bizou et une caresse. D’enrouler une couette de mes cheveux, entre tes petits doigts. De te foutre complètement d’être en public, comme si on était seuls au monde et chanter et raconter des histoires comme toi seul sais le faire. D’entendre des petits pas courir vers ma chambre pour venir me réveiller.

Parce qu’un jour, tu seras assez grand pour vouloir ton indépendance. Un jour, tu seras probablement gêné d’être à mes côtés, parce que selon toi tu seras assez vieux pour faire tes trucs toi-même. Tu voudras aller te coucher sans me donner de câlin ou de bizou. Tu me présenteras la personne qui fait battre ton cœur et qui moi, en voulant te protéger, la surveillera du coin de l’œil.

Tu me feras vivre des craintes et des tourbillons lorsque l’heure convenue du retour sera dépassée. Tu me cacheras la vérité et quelques sorties. Tu seras plus mielleux quand viendra le temps des demandes et moi je craquerai sûrement, puisque tu es un si bon garçon. Tu auras ton permis de conduire et une voiture, de mauvaises et bonnes influences. Le sentiment d’être invincible et penser que tu connais tout de la vie.

Tu seras timide de me présenter à tes amis, tu voudras ton intimité, tu vas vouloir faire tes choses comme un grand, tu vas me dire que tu es capable seul, que c’est en tombant qu’on apprend à se relever, tout comme pour tes premiers pas! Mais sache que je serai toujours là!

Mon fils, sache que ce processus est tout à fait normal, mais aussi difficile pour une maman. Parce que je veux seulement ta sécurité, je voudrais t’éviter de souffrir. En même temps, c’est comme ça que tu apprendras la vie. Mais mon rôle de maman est de te voir grandir tout en étant épanoui. Je ne veux que ton bonheur. Tu es ce que j’ai de plus précieux.

On s’est côtoyé intimement pendant 9 mois, je donnerai tout pour toi et même si tu grandis, tu resteras toujours mon petit Lohann! Ce n’est pas que je veux que tu restes petit, je ne veux juste pas que tu t’éloignes trop de mon coeur de mère. Malgré ton âge et ta grandeur, je resterai toujours ta maman.

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Vouloir fuir le quotidien

En tourbillonnant sur moi-même, entre deux brassées de lavage, je dois trouver du temps et ma concentration pour écrire ce texte. Ceci m’amène à parler des moments où on fuit notre quotidien ou ceux où on a envie de le fuir.

Que ce soit après une journée de travail où seul le silence vous réclame, mais qu’au lieu de ceci vous entendez cette petite voix vous criant qu’il meurt de faim. Parfois l’instant d’un bain, lorsque j’ai la chance de le prendre seule (rires), je rêvasse à des moments de solitude profonde ou à des endroits où je pourrais être seule avec mon homme, question d’être juste nous deux, pour retrouver le couple que l’on était avant, avant d’accueillir notre enfant tant désiré. C’est presque coupable que je m’imagine la vie sans lui.

On se fait des bonnes bouffes, étant donné notre passion pour la nourriture. On essaie de bons restos pour vivre l’aventure et l’expérience culinaire, mais aussi pour être ensemble le temps d’une soirée en dehors de notre nid familial. On se paye 2-3 jours à Québec, parce que le temps d’un week-end on oublie tout et on fait juste vivre, on fait juste s’aimer, loin des comptes à payer et des responsabilités.

Pas besoin de s’éloigner si loin pour apprécier les petits trucs simples. Cela peut être quelques heures chez la coiffeuse où l’on se sent fraîche et belle à notre sortie. Ou encore une journée de magasinage, une journée au spa, une soirée accompagnée d’un verre de vin, vêtue de notre plus beau pyjama pour regarder son classique préféré. Je trouve que la routine nous donne un bon équilibre, mais parfois ça fait du bien d’être débalancé et perdre pied un peu.

Parfois, il m’arrive d’imaginer un plan B de vie, un métier différent où je pourrais avoir plus de temps pour moi. Ou imaginer avoir plus d’argent pour pouvoir disperser les tâches et organiser mon temps différemment. Parfois mes soirées sont interminables, je pense que je n’arriverai jamais à aller me coucher. Le moment de l’entraînement au gym est mon préféré : le méchant sort et la forme me redonne l’énergie dont j’ai tant besoin.

Au travers de tout cela, la charge mentale : le souper, le bain, les histoires avant le dodo, etc. Je me demande souvent ce qui me ferait plaisir même si celui-ci est petit. Parfois un bon David’s Tea, ça ramène un bon état d’esprit, (ben oui, de l’eau chaude pis des petites miettes de fruits avec du thé, ahah)! On ne se cachera pas qu’une bonne soirée « entre filles » replace souvent les petits tracas qui nous habitent.

Et vous, qu’est-ce qui vous fait sortir de votre routine?

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Le passage des gens

Le passage des gens dans nos vies

Avez-vous déjà eu un sentiment de déjà-vu ou l’impression de connaître la personne après quelques rencontres seulement? Avez-vous pensé que le destin avait placé une personne sur votre route?

Il y a certaines personnes qui marque notre vie : un voisin, une collègue, un professeur, un patient, une amie. Aller à l’épicerie et voir une personne qui nous fait penser à quelqu’un ou simplement se dire qu’étrangement on connaît cette personne, peut-être dans une autre vie. Rencontrer des gens pour la première fois et savoir que vous serez ensemble pour un bon bout de chemin. Avoir un lien fusionnel, que ce soit en amour ou en amitié.

Qu’à certains moments, on fasse la rencontre d’une personne qui changera nos pensées ou qui nous amènera à nous questionner ou réfléchir plus calmement sur une situation précise, nous apprendre des leçons de vies. Que l’écart d’âge dans une amitié apporte autant à l’une qu’à l’autre. De vieilles expériences mélangées à celles d’une jeunesse, cela fait un beau mélange. Des couleurs plus campagnardes dans un décor plus moderne.

Je crois que rien n’est signe de coïncidence. Les rencontres sont tracées à des moments précis de nos vies. Ce qui explique les personnes desquelles on s’éloigne et celles dont on se rapproche. Il y a celles qui restent à tout jamais précieuses. Les gens avec qui c’est facile, cela coule, pas de reproche sur l’écart du temps durant lequel on ne s’est vus. Celles qu’on reprend là où l’on s’est laissé la dernière fois. Il y a les souvenirs nostalgiques avec certaines. Sans le voir comme du passé, je préfère dire que ce sont de bons souvenirs.

Connaître quelqu’un visuellement depuis un moment, avoir une boule de feu à l’intérieur et sans savoir pourquoi se dire que c’est l’homme ou la femme de votre vie. Serrer la main d’une personne lors des présentations et ressentir l’importance de cette  personne, être impressionnée. Personnellement, dans le métier que j’exerce, j’ai connu des personnes âgées avec beaucoup de vécu et d’histoires qui m’ont beaucoup marqués. Des photos et des souvenirs révélés, des conseils remplis de chaleur et d’amour.

Je pense même que nos enfants nous ont été destinés, choisis pour nous. Ils sont là pour que nous apprenions à travailler sur nous-mêmes. Ils nous ressemblent physiquement et côté caractère, ce qui nous force à travailler continuellement sur l’effet miroir que cela reflète.

Sans trop savoir pourquoi se confier à une connaissance en qui nous avons une confiance aveugle. Se lier d’amitié avec des collègues, parce qu’elles deviennent vos meilleures alliées. Jour après jour, ces personnes apprennent à vous connaître, connaissent vos forces et vos faiblesses. Elles deviennent de bonnes juges pour vous, puisqu’elles savent qui vous êtes véritablement. Pourtant au départ de votre métier, elles n’étaient que de pures étrangères.

Je crois qu’il faut avoir confiance en la vie. Elle met des gens sur notre chemin pour créer des souvenirs, vivre du bonheur, réfléchir, comprendre, pardonner, aimer, être plus méfiant sur certaines situations. Je crois au destin et j’analyse beaucoup ce que chaque personne m’apporte. Merci la vie!

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Monsieur le ministre de la santé

ministre de la santé

À vous, monsieur le Ministre de la santé, possédant de gros pouvoirs, je vous écris ceci en espérant sincèrement que cela se rende à vous.

Nous avons reçu l’horaire des deuxièmes bains, une décision qui vient de vous. Probablement que votre but premier était de satisfaire et plaire aux résidents, mais j’ai quelque chose à vous mentionner à ce sujet. Avec vos années d’expérience et de pratique, je vous pose cette question : comment peut-on augmenter la charge de travail, et ce sans y ajouter de personnel? Je fais ce métier depuis 11 ans, il me reste 25 ans de service. À ce rythme-là, je dois l’avouer, c’est fort décourageant. Je sens qu’on abuse de notre gentillesse et de notre grand cœur. Nous devons penser que derrière le mot vocation, il y a un humain.

À force d’ajouter des tâches, mais pas le personnel qui vient avec, on ne se cachera pas qu’il y aura des impacts. Mes collègues sont épuisés, mais remplis d’espoir et de volonté. Je mise sur le fait qu’un employé heureux donne un bon rendement auprès de ses patients. Nous devons être considérés, nous avons le premier rôle envers les résidents. Plus il y aura de tâches sans aucune heure en surplus, plus le personnel sera affaibli. C’est une réalité, le peuple vieillit. Nous sommes présents pour eux, pour l’instant. Mais avec cette cadence, j’ai peur pour mes collègues et moi.

Il y a une raison compréhensible dans le fait que les nouveaux employés ne restent pas. Sur papier et sur le terrain, c’est deux choses. Ce n’est pas encourageant de s’engager dans un métier aussi démuni que le secteur de la santé. Nous continuons parce que la passion y est encore, mais sachez que les conditions sont inacceptables.

Pour le moment, vous êtes au pouvoir, mais un jour vous allez vieillir comme tout le monde et subir les décisions que vous avez prises. Vous verrez à quel point il est important que les gens qui prennent soin de vous doivent eux-mêmes être souriants et en santé pour vous offrir des soins de qualité. Je ne comprends pas pourquoi on mise sur la performance plutôt que sur la qualité. Nos résidents méritent le meilleur, mais nous, employés de la santé, ne devons pas être oubliés! Je regarde cela de l’extérieur avec mes yeux de pab[i] et je trouve que c’est d’une tristesse inconsolable. J’aimerais avoir du temps et des moments de calme auprès de ma clientèle.

J’éprouve un grand sentiment de tristesse pour nos personnes âgées, qui ont travaillées toute leur vie pour arriver à un tel résultat. Le cas est alarmant. Je vous rappelle qu’on parle ici d’humains, qui doivent mériter des soins qui vont avec leur rythme personnel. Je défie quiconque de venir passer une journée dans nos souliers de course, qui bientôt seront remplacés par des patins! N’essayez pas de faire de nous des robots, car ce qu’il y a de plus beau et fort dans ce domaine, c’est qu’il est exercé par des gens qui ont le cœur gros comme le monde. À l’âge qu’ils sont rendus, nous nous devons de respecter les personnes âgées et d’appliquer ce que vous avez nommé le milieu de vie.

Une ambiance normale et saine serait de mise pour améliorer nos conditions de travail. Diminuer le stress qui se trame lors de nos journées sans fin. Je n’ai rien contre le fait de donner un deuxième bain, mais donnez-nous les heures et le personnel de plus pour pouvoir y arriver! Si votre profession mise sur la santé, vous devez être équitable autant envers la clientèle vieillissante que ceux qui en prennent soin : nous, personnel de la santé. Mon travail, j’aimerais l’accomplir dans une cadence normale et non un marathon.

Bien à vous…

Véronique Desrochers préposée aux bénéficiaires depuis 11 ans.

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[i] Pab : préposé.e au bénéficiaire

21 pouces de bonheur

Après 8 longues semaines, à stresser, à penser au pire, à caresser mon ventre, j’ai entendu ton petit cœur. Le bruit d’un grand cheval fort au galop. Dès ce moment, j’ai su que tu t’étais accroché à moi et que nous allions continuer ton évolution, ensemble. L’angoisse était désormais un mot du passé. Déjà si petit mais si rassurant.

À cinq mois, ton père et moi étions tout excités à l’idée d’apprendre quel sexe se cachait là-dedans. Quand on a su que tu étais un petit garçon en santé, nous étions les parents les plus chanceux et reconnaissants du monde. Fille ou garçon n’avait aucune importance, mais enfin nous étions fixés pour te trouver un prénom. Je pouvais également commencer à acheter du bleu et des camions.

Nous ne voulions pas que ton nom soit commun, nous avons décidé de t’appeler Lohann. Cela sonnait doux et fort à la fois dans nos oreilles. Nous savions que tu serais un petit gars très spécial. Nous progressions toi et moi et les mois avançaient peu à peu. Je t’ai imaginé, je t’ai fait écouter de la musique, j’ai  pris des marches en te parlant, ton chien se couchait la tête sur mon ventre le soir et sursautait lorsque tu bougeais. Déjà, sans s’être vus, nous étions complices et partagions beaucoup de bonheurs ensemble, juste toi et moi.

Je t’ai tant attendu mon petit homme, un soir très tard tu m’as fait ressentir que c’était le grand jour, celui où enfin j’allais être maman. Un coup arrivés à l’hôpital on a encore marché, en compagnie de ton père, qui de son air blagueur essayait à tout prix de me faire rire lors de mes contractions. Mes émotions étaient partagées entre la souffrance physique et l’excitation énorme de ta venue.

Après la péridurale, le grand moment de notre rencontre, après neuf longs mois, était enfin arrivé. Des heures interminables à t’attendre, les efforts afin que tu puisses enfin voir la lumière et connaître enfin mon visage, moi celle qui te parlais depuis tout ce temps.

C’est alors que 21 pouces de pur bonheur ont fini par se pointer le bout du nez. Tu étais si beau, si calme, si parfait. Le peau-à-peau me permettait déjà de ressentir l’immense bonheur de te sentir contre moi, mon rôle de mère prenait tout son sens à ce moment précis. Ta petite tête blottie dans mon cou, tes petits pleurs qui me réclamaient déjà, tes petites mains glissantes sur ma poitrine gorgée de lait prête à te nourrir. Tes yeux qui me fixaient comme si j’étais la plus belle merveille du monde. Mon cœur battait la chamade rien que de t’avoir contre moi. Tu es un souhait devenu réalité, mon plus bel accomplissement. Tu es la réussite d’une formule amoureuse soudée.

J’ai compté tes doigts, tes orteils, j’ai observé ta petite tache de naissance, tes longs cils, tes cheveux foncés, je respirais ta peau qui sentait la pureté et l’innocence. Je te regardais comme on observe un tableau d’art. J’étais la créatrice de ce pur chef-d’œuvre. Plus on observe une toile, plus on y découvre les couleurs, les points forts et nos propres opinons artistiques. C’est un peu comme cela que je me suis sentie face à toi.

Cette journée-là, où ton regard a croisé le mien, j’ai su ce que voulais dire l’amour inconditionnel. J’ai réalisé ce que ton père et moi avions créé : le meilleur de nous deux. Nous formons un trio parfait, tu embellis notre vie, tu es un magnifique être humain, c’est une chance immense que de pouvoir entendre le mot maman sortir de ta bouche.

Je t’aime mon garçon.

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Je ne suis pas née envieuse

L’envie, on naît avec ou cela se développe avec les épreuves de la vie? Quand je regarde un étranger avec une belle voiture, je la trouve belle, mais je ne l’envie pas. Lorsque j’aperçois un quartier avec des maisons à faire rêver, elles sont magnifiques, mais je n’ai pas envie d’y habiter. Si je vois une belle fille avec un beau physique, je vais lui rendre un sourire, mais sans plus.

Cela m’amène à me poser la question : pourquoi je n’envie pas les autres? La réponse que j’ai trouvé est la suivante : je suis épanouie dans ma vie!

Quand je rentre chez moi, je me sens bien. J’ai choisi d’être en condo pour ne pas m’occuper de rien et profiter de la vie le plus possible. Je m’y suis rendue à bord de ma petite voiture bien économe, qui me rend du point à au point b, qui me coûte un prix ridicule pour l’essence et qui me permet d’être autonome.

Je me demande pourquoi on envie les autres, pourquoi on n’arrive juste pas à être heureux ou rêveur plutôt que ce mot illuminant de jalousie. Parce qu’être envieux, c’est de vouloir obtenir ce qu’a le voisin, le frère ou l’ami. Pourquoi on ne baisse pas les yeux sur notre petit nombril et qu’on ne contemple pas le bonheur de réaliser tout ce qu’on a.

Matériel, sentimental, physique, personnalité, ce sont des mots qui nous sont propres à chacun. Le voisin ne pourra jamais être nous et vive-versa. Je crois que d’être heureux pour la communauté apporte beaucoup de paix dans nos âmes. Pourquoi ne pas le dire à la personne quand on trouve qu’il a une belle voiture?

Quelle belle façon d’aborder une inconnue pour lui dire que sa robe, ses cheveux ou sa bourse sont magnifiques? Imaginez dans quel monde plus serein on serait si on se complimentait au lieu de se dénigrer les uns envers les autres.

Moi je suis heureuse pour ceux qui le sont et je n’envie qu’une personne, moi! Je me surpasse pour découvrir la quête de mon bonheur et laissez ma trace dans ce monde pour être heureuse et non envieuse envers les gens. 🙂

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