dis-moi comment tu dates, je te dirai qui tu es célibataire

Dis-moi comment tu dates, je te dirai qui tu es

Je suis célibataire, vous m’avez sûrement entendu le dire plus d’une fois. L’éternelle optimiste que je suis est toutefois assez téméraire pour donner sa chance à une personne qui viendrait me parler tous les jours et pour qui je développerais un intérêt global. Je ne serai jamais assez tannée ou découragée pour abandonner l’idée du potentiel amour avant même de lui avoir donné sa chance.

Ce que j’en comprends, c’est que je suis une espèce devenue plutôt rare, qui ne collectionne pas les conquêtes en prétendant être en quête d’amour. L’immense buffet que représente les réseaux de rencontre de nos jours, ne me fait pas saliver au point de penser plus grand que ma panse. Je me contente, je dirais même me régale, de ce que j’ai devant les yeux ayant choisi avec assez de confiance ce que je désire pour ne pas baver sur le plat des autres.

Je constate que c’est maintenant difficile pour la plupart des gens de fonctionner de la sorte. On me l’a exprimé à plusieurs reprises; de la part de ces hommes qui ne savent pu où donner de la tête devant la possibilité de swiper facilement la prochaine sur la liste, et de ces femmes qui, dévastées, me racontent qu’elles se sont fait avoir par un autre “fuckboi“! (Je sais, je sais, des fois c’est le contraire, pardonne-moi cette généralisation basée sur mon expérience personnelle).

J’ai même la naïveté de croire, chanceuse jusqu’à ce jour, qu’on va me rappeler le lendemain car on l’a toujours fait, sans vouloir paraître prétentieuse puisque je ne sais pourquoi et je ne me sens pas plus douée ou fantastique qu’une autre. En toute honnêteté, je crois surtout qu’il est question de statistique: vu mon accumulation restreinte de dates, probablement que si je datais beaucoup plus, j’me ferais “avoir” davantage. C’est une bien triste réalité.

Sincèrement, mes relations ont beaucoup plus de valeur pour moi qu’une pseudo intimité effrayante, quelques coups de bassins et des becs affectueux sur la tête. Naïve ou pas, j’essaie d’entretenir ce que je construis. Les connections que je fais avec les gens, je les estime réelles.

Je tiens tout de même à dire qu’elle est effrayante pour tout le monde, cette plaie ouverte qu’est de donner la chance à quelqu’un de nous aimer et de nous découvrir tel qu’on est.

J’essaie donc de comprendre le phénomène qu’est de vouloir le gâteau et aussi d’le manger. C’est-à-dire la difficulté d’être honnête dans nos relations avec autrui, de donner une réelle chance à une personne d’être celle que l’on recherche et notre facilité à dire ‘’wham-bam-thank-you-ma’am’’. J’essaie de comprendre ce qui fait qu’une personne va réaliser et s’insurger contre cette pratique qu’il consomme lui-même, sans lui apporter des solutions ou une note d’espoir, si ce n’est d’un «je suis sincèrement désolé, je suis conscient du problème et j’essaie d’y changer quelque chose». Si bien sûr, on est réellement désolé et on trouve réellement que c’est problématique.

Reconnaître le problème n’est que la première étape, et non pas la seule, vers une piste de solution.

Je remarque que l’idée de finir ses jours seuls est une idée qui fait peur à la plupart, mais pas au point d’essayer de passer par-dessus le fait qu’une personne n’aie pas les nipples de notre teinte préférée. Ou quelconque excuse qu’on essaie de se trouver mais qu’on va rarement prendre la peine d’expliquer à l’autre avant de mettre fin à un début de relation qui semblait plutôt prometteuse. On devrait se soucier assez de l’autre et de la relation à laquelle on a consacré du temps pour éclaircir les choses et mettre fin à la relation de la bonne méthode. Parce que si on ne peut pas le justifier, c’est sûrement pas une bonne raison.

La plupart préfère attendre que l’autre décante, que l’autre réussisse à passer à autre chose lorsque cette personne n’a pu assez de larmes pour pleurer anyway. Avoir un semblant d’importance, avoir de bons échanges et passer de tout à rien du jour au lendemain, ça ne fait pas grand sens. On ne sait pas dealer avec la situation dans laquelle on a laissé tomber l’autre, lorsqu’on y a creusé sa tombe. Toute action a sa conséquence et plusieurs ne sont pas capable de prendre les décisions qui auront le moins d’impact néfaste possible.

Je constate que le “because i care” est devenu un slogan fréquent, comme si c’était le nouveau «Sésame ouvre-toi» pour les cuisses. Et bien sûr, ça marche souvent. Mais ce qui fonctionne bien aussi, c’est de trouver quelqu’un qui recherche dans une relation la même chose que toi, de la partie de jambe en l’air à la maison en banlieue. La différence se situe plutôt dans le respect que tu as pour cette personne ou si tu préfères; à quel point t’as envie de devoir te justifier à la fin, quand elle croyait que tu “carais” alors que toi, tu voulais dire “bandais” (c’était probablement un problème d’auto-correct).

Je te jure que ces femmes qui ont la capacité de t’apprécier pour ton physique et ton doigté magique sans malgré tout s’attacher, elles existent. Il parait même que le sourire qu’elles te font après l’acte est dû à leur plaisir et non pas à l’amour qu’elles sont en train de développer!

Quand les intentions sont claires, tout est possible, c’t’un peu le même principe que le consentement. Le sexe sans signification, c’est ok, tant et aussi longtemps que les deux parties soient au courant et en accord avec les intentions. J’ai l’impression que puisque nous sommes rendus dans une société individualiste, nous sommes devenus des gens égoïstes qui ne se préoccupent que de leur propre plaisir. Nous ne nous préoccupons pas des réels sentiments de l’autre et nous devons tous les essayer comme si l’on entrait dans un concessionnaire pour faire des test drive à des voitures qu’on a aucunement l’intention d’acheter, just for the sake of it. Le Fear Of Missing Out, ça doit être ça.

On préfère laisser l’autre sans grande explication sensée, la laisser faire sa propre liste de défauts et s’interroger sur lequel a bien pu faire fuir l’autre. Préférant plutôt semer le doute dans sa tête, défaillir son estime que de l’amener plus forte et sûre d’elle vers un homme qui saura l’accueillir, la respecter et la garder. Elle deviendra sûrement alors, une de ces filles/femmes qui s’auto flagellent lorsqu’elles ont “no chill“, sachant que plus tard elles pourront s’en culpabiliser pour justifier le fait qu’on ne la rappelle pas.

Parce que parfois, l’idée de perdre une personne qui commençait à compter pour nous est plus triste que l’idée de ne pu l’entendre ronfler. Le sentiment de s’être trompé sur une personne et de s’être fait avoir est vraiment un sentiment horrible et surtout, il s’évite facilement. Donc, on considère qu’une personne qui n’a pas pris la peine d’être honnête afin d’éviter les dommages collatéraux, efface toute la douceur de ces moments d’avant et que cette personne n’avait tout simplement pas de respect pour nous. Et à ce moment-là, on ne peut pas utiliser le terme friendzone (même si tu ne devrais jamais l’utiliser, pour être honnête) pour décrire la situation qui ressemble visiblement à celle d’une personne qui n’est pas capable de prendre responsabilité de ses actes.

Bien qu’être mystérieux et incompris, ça peut être cute à 20 ans, ce l’est un peu moins à 30 ans et nos actions sont ce qui, en réalité, font de nous ce que nous sommes.

 Folie Urbaine reviseur sofia

 

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