c2 montréal et movin on

Mon retour sur C2 et Movin On

Il y a quelques semaines, se tenait à Montréal deux conférences majeures à l’ArsenalC2 Montréal et Movin On.  J’ai eu la chance extraordinaire d’y assister! Voici mes coups de coeur sur ces deux semaines pleines d’inspirations et de rencontres passionnantes et mes observations sur ce qui s’y passe!

C2 – de grandes conférences et un party de feu

«Transformative collision» était le thème cette année. Au menu, des activités, des conférences et des laboratoires nous sortant un peu de notre zone de confort pour nous «transformer» en tant qu’individu.

Un laboratoire sur l’inconscient

Pour ceux qui sont peu familiers avec le lexique C2 – un laboratoire est une activité en petit groupe où l’on vit une expérience qui place souvent de l’avant une technologie récente afin de stimuler une réflexion.  Il faut réserver sa place pour ce genre d’activités et elles partent très vite!

Cette année, un des laboratoires offrait une vue sur l’inconscient.  Celui-ci était présenté sous la forme de trois «huts» qui étaient chacune une mini-activité en elle-même.  Dans la première, il s’agissait de choisir une roche dans une pile et de poser à la roche une question.  En fixant celle-ci, il fallait laisser son inconscient trouver une signification aux lignes et crevasses afin d’y lire une réponse.

Naturellement, l’inconscient va imaginer une réponse selon ce qu’il désire réellement. Un peu de la même façon où la meilleure méthode pour choisir entre deux options difficiles est parfois de simplement tirer à pile ou face.  On sait au moment précis de regarder la pièce ce qu’on «espère», au fond, comme résultat.

La deuxième cabane vers laquelle nous devions nous diriger avec notre roche était, quant à elle, une salle de méditation un peu plus complexe.

Allongés sur un lit, nous devions couper nos sens avec des écouteurs et un masque pour le visage.  Un capteur neurologique était ensuite posé sur notre tête pour identifier nos vagues cérébrales durant la méditation.  J’avais déjà eu à me servir de ces mini «scanneur de cerveau» en agence pour tester les réactions neurologiques face à des publicités, mais c’était la première fois que je devais regarder mon data à moi!

Pour nous «transformer», nous devions ensuite passer quelques minutes à s’imaginer plonger dans le sol aux rythmes de vibrations (physiques et auditives).  Il y a un petit quelque chose d’anxieux à méditer ainsi, coupés de nos sens, dans une pièce remplie d’étrangers!


Finalement, la troisième pièce présentait nos résultats projetés sur la fameuse roche initiale.  Plus les lignes sont droites, plus notre focus y était. Des courbes signifiaient que nous étions brièvement sortis de notre état méditatif.

Puis, s’en est suivi une discussion sur une question dont personne ne s’attendait par la suite.  Sachant que nous avons la technologie de traquer les pensées des gens ainsi avec une technologie qui se fait de plus en plus discrète : à qui appartiennent les informations inconscientes produites par notre cerveau?

Un speakeasy secret sponsorisé par Car2Go

Le plaisir de C2, c’est de rencontrer des gens dans un contexte spectaculaire! Il peut parfois être difficile d’avoir le courage d’entamer une discussion avec quelqu’un d’une industrie un peu plus distante que la nôtre. Car2go avait, à cet effet, créer un speakeasy secret dans l’un des coins de C2.  Le mot de passe, obtenu de bouche à oreille, permettait d’accéder à la petite salle où ne se trouvait qu’une seule grande table.

L’ambiance y était alors tout à fait propice pour s’introduire à son voisin et faire de nouvelles connaissances. J’y suis restée quelques heures pour discuter avec une belle brochette de gens que je n’aurais jamais osé approcher autrement!

Ma petite face dans un des coins du speakeasy

(Plus de photos du speakeasy ICI)

Ne pas reproduire les biais – des conférences importantes

À travers la folie des activités, des braindates, des laboratoires, des tours de bateaux sur le canal et laboratoires, C2 est tout d’abord une conférence! Voici les trois conférences qui ont marqué ma présence à C2.

Tout d’abord, l’une des invités d’honneur, Chelsea Manning s’est prononcée sur l’Intelligenc Artificielle et les débordements qui l’ont amené à devenir l’une des plus célèbre “whistle blower” des États-Unis. Pour voir des photos, c’est ICI.

«Just because you can build a tool doesn’t mean you should» (Simplement parce qu’on peut construire un outil n’est pas une raison de le faire.)

Ensuite, l’un de mes coups de coeur en terme de conférence fut celle présentée par Timnit Gebru (@TIMNITGEBRU), une chercheure Postdoctorale chez Microsoft Research.

Elle présentait les dangers de reproduire dans les ensembles de données et à travers nos algorithmes, de graves biais à l’égard des femmes et des minorités visibles.  Il semblerait que nous faisions une grave erreur en pensant que les «machines» qui prendront les décisions financières, médicales, voire légales du futur seront justes et équitables : les fondations sur lesquelles leurs apprentissages seront faits reproduisent les mêmes biais que les gens qui les programment ou participent aux collectes de données.

Gebru énonce d’ailleurs qu’il s’agit d’un problème de représentativité surtout, d’où l’importance de faire place aux femmes et aux minorités visibles dans les grands laboratoires de machine learning de ce monde. Ces erreurs d’échantillonnages ont d’ailleurs déjà été vécu dans d’autres industries, entre autres dans le cas du domaine médical. Des erreurs qui ont impacté grandement les populations sous-représentées dans les recherches.

«AI has lots of opportunities but we should have safety measures in place.  We should take things like bias seriously. Let’s learn from other industries.» (L’intelligence artificielle offre beaucoup d’opportunités, mais il faut des mesures de sécurité en place. Nous devons prendre des choses telles que les biais au sérieux. Apprenons des autres industries.)

Finalement, nous ne serions parler du dernier C2 sans mentionner Snoop!

Une conférence un peu loufoque puisque l’animateur avait, de toute évidence, un peu trop profité du sujet de la conversation à venir : le pot!

Snoop, musicien et entrepreneur dans l’industrie de la marijuana, a discuté longuement et avec beaucoup d’humour, d’humilité et d’humanité de son monde, son entreprise et de ce que représentait la marijuana pour lui.

L’importance du produit, longtemps stigmatisé dans les soins médicaux contre les douleurs chroniques, était partie intégrante de son discours.

Pour le paraphraser, «Vous savez, ces drogues à la télé qui énumèrent une liste effrayante d’effets secondaires? Le weed pourrait être aussi efficace et n’avoir comme effet que de la relaxation et un appétit augmenté!»

Le public a eu l’occasion de poser plusieurs questions (puisque l’interviewer était «ailleurs») – on y a appris de sympathiques détails quant à son amitié avec Martha Steward qu’il décrit comme «sa tante favorite» et également sa position quant à l’incarcération des gens ayant fait le traffic de la marijuana pré-légalisation :

«I want to be their voice» (Je veux être leur voix.), de dire Snoop lorsqu’on lui demande ce qu’il pense que l’on devrait faire avec les gens qui ont déjà été condamné pour la revente. «I don’t want to be the one that profits off of [cannabis] while they’re being incarcerated. As a black man, I understand that we were profiled when we were put in jail in the first place because I went to jail many times because of marijuana. It’s documented. So now, I’m sitting back making money off of marijuana, but then you got some other black men that are being incarcerated still and not being looked at. If you really want to reform, you have to reform them first and foremost.»

(Je ne veux pas être celui qui profite de [cannabis] alors que d’autres sont incarcérés. En tant qu’homme noir, je comprends que nous avons tout d’abord été profilé lorsque nous avons été placé en prison puisque j’ai moi même été en prison à quelques reprises à cause de la marijuana. Il y a encore des hommes nous incarcérés et ignorés – si nous voulons une réforme, il faut les réformer eux en premier lieu.)

Cette entrevue fut ensuite suivie d’une soirée de festivités : je ne croyais pas que Snoop jouerait du Journey durant son DJ Set, mais ce fut une très fun surprise! Pour plus de photos, c’est ICI.

Movin On – la version un peu plus “corporate” du party qu’est C2

Finalement, la semaine d’après C2, le site était réutilisé pour la conférence Movin On par Michelin. Soit une version un peu plus «corpo» et orientée vers les transports de C2.

Dans mes coups de coeur, je devais absolument mentionner les funérailles du téléphone mort :

Un laboratoire sur les préjugés

J’ai aussi eu la chance d’assister à un laboratoire sur les préjugés.  Dans une salle remplie de miroir, nous devions nous confronter à nos propres biais via l’entremise du storytelling de gens stéréotypés via de petites cartes.

Les participants étaient tout d’abord invités à deviner le nom des gens qui participaient à l’atelier.

Selon la dame qui devait me présenter, j’étais une Isabelle présente pour présenter son start up en lien avec l’environnement.

Toujours intéressant de savoir que, dans un univers plus corporatif, je passe pour une grano idéaliste, ahah!

Mobilité, data, etc.

Les objets connectés et les voitures du futur – tels étaient les thèmes abordés durant les conférences! Les sujets étaient beaucoup plus techniques et avancés, mais il y a quelque chose d’ultra inspirant à regarder les gens penser le futur des villes et des méthodes de transports.

J’ai finalement eu la chance de participer au «test drive» de voitures ultra-perfomantes et écologiques lors de Movin On. J’ai choisi comme voiture la Karma Revero (je trouvais la Tesla un peu trop cliché comme choix, ahaha).

Je suis honnêtement convaincue que l’intérêt des marques ultra de luxe envers les technologies plus vertes est ce qui permettra de faire avancer le plus rapidement possible la technologie des voitures, plus vite via la création de batterie à performance élevée.

En attendant, quel ne fut pas mon stress de me promener dans les rues de Griffintown dans une voiture qui vaut plus chère que mon premier condo! Disons que je me sentais beaucoup plus à l’aise à conduire une Communauto mobile gracieusement offerte avec mon billet pour Movin On! (Et entre vous et moi, je n’y ai pas vu taaaaaant de différence en ce qui a trait de conduire dans le traffic à 10km/heure!)

Au final – C2 et Movin On auront été deux semaines chargées et inspirantes de contenu, de réflexions et de rencontres!

Y serez-vous l’an prochain?  Je compte bien y être dans mon cas!

Crédit pour les photos : Catherine Dupont-Gagnon.

 

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