Je ne t'aime plus

Je ne t’aime plus

Cette phrase si simple de quatre mots est peut-être à la fois la pire à entendre et la plus navrante à dire. Je ne t’aime plus… Je ne t’aime plus… Je ne t’aime plus… Cette phrase qui se répète sans cesse à l’esprit tellement la révélation est presque surréaliste.

Pourtant, la phrase est bien réelle et elle est difficile à accepter, surtout lorsque nous sommes directement impliqués dans la démarche.

Affronter un tel constat force à revenir à un point de départ que nous ne souhaitons pas visiter trop souvent. Et je ne parle pas ici du point de départ d’une prochaine relation, mais bien de la reconstruction de soi. Se faire dire «je ne t’aime plus» ébranle, même si les mots employés sont différents, mais que le message de fond est identique chez une grande majorité de femmes, mais aussi dans une grande proportion d’hommes. Je ne connais personne qui prend plaisir à être rejeté. Se faire dire ce genre de truc est assez puissant pour démolir la plus grande forteresse intérieure de tout individu.

On me l’a déjà dit, à quelques occasions. Chaque fois, j’étais un homme détruit qui perdait une bonne partie de ses repères. Je perdais confiance en moi, je m’estimais peu et j’avais tendance à me blâmer pour l’échec auquel je faisais face. En fait, je faisais tout pour me détruire et être le SEUL responsable de mon malheur et de l’échec de mon couple. Ça me prenait des mois, voire des années avant d’être capable de me reconstruire et de reprendre du gallon.

Je doute que chez la femme, la situation soit différente. En fait, je pense même que les femmes ont plus de difficulté à surmonter un tel constat, contrairement à ce que nous, les hommes, pouvons faire. Je peux donc comprendre pourquoi aujourd’hui bon nombre d’entre elles ont de plus en plus de difficulté à s’engager dans une relation et ne se gênent pas pour rester sur leurs gardes, même après plusieurs mois ou années de fréquentation.

Le plus grand défi n’est pas de recevoir plein la gueule une telle révélation, mais plutôt d’être capable de rester debout, la tête haute, une fois qu’elle est dite.

Un jour, j’ai compris que pour être capable de dire «je ne t’aime plus» à quelqu’un, il faut camper longtemps à la croisée des chemins, à se questionner, à revoir nos priorités et nos engagements, etc. Parce qu’on ne peut pas dire ce genre de truc à froid, sans prendre un minimum de conscience, au pied de la porte avant de la refermer définitivement. Le problème est que la personne qui prononce ces mots n’accompagne jamais l’autre dans la démarche. La personne larguée se retrouve bien souvent devant le fait accompli une fois que tout est dit.

Avec le recul, je ne peux pas en vouloir aux femmes qui ont décidé de me tourner le dos. Elles ont été franches avec moi, même si elles savaient que, sur le coup, la blessure allait être vive et profonde. Elles avaient juste envie de tourner une page de leur vie sans qu’il y ait de post-scriptum à la fin du dernier chapitre, parce qu’elles avaient envie de recommencer une nouvelle histoire la tête libre de toute pensée négative. Elles ont fait ce qu’elles devaient faire et j’ai dû faire les démarches pour avancer et me repositionner dans ma propre vie.

Avec le temps, il faut comprendre qu’une personne qui ne nous aime plus en tant que partenaire de vie peut quand même nous aimer en tant qu’individu. Car, après tout, elle a quand même connu de l’intérêt à notre égard lors des premiers contacts et elle a reconnu certaines qualités qui lui plaisaient et la séduisaient.

Perdre quelqu’un ne fait pas de nous une personne moins intéressante, même si l’on peut avoir l’impression que c’est le cas. Nous évoluons comme l’autre évolue et c’est possible que les atomes crochus qui existaient au départ se soient envolés en cours de route.

On peut perdre un partenaire. Mais nous ne pouvons pas oublier qui nous sommes.

Fred signature

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