Je ne t'attendais plus

Je ne t’attendais plus

Il y a longtemps, j’ai mis mon cœur dans un coffre-fort et je l’ai barré à double tour. Je ne voulais plus ressentir cette déception continuelle après le passage de ce célèbre cupidon. J’ai donc jeté la clé au loin afin de me protéger. Je ne t’attendais plus puisque j’avais laissé de côté et derrière moi ces vieilles chimères du prince charmant et de l’amour, les reléguant à mes lointains rêves d’enfant. Je ne t’attendais plus, mais pourtant… Tu es arrivé par surprise, ne me laissant aucune chance de m’en tirer et tu m’as fait replonger dans les méandres de l’amour sans possibilité de retour.

Je n’en voulais plus de tout ça. J’avais cessé d’y croire, non pas parce que je pense qu’il n’existe pas, mais seulement parce que je trouvais que ce n’était pas fait pour moi. Mes désillusions de célibataire endurcie me tenaient loin des histoires d’amour à l’eau de rose, des frémissements naissants d’une relation fusionnelle ou des papillons virevoltants au fond du ventre.

Je n’en voulais plus de ce mirage de l’amour éternel et trop parfait pour être vrai. Je n’y croyais juste plus, car je ne cherchais pas à ne faire qu’un avec quelqu’un. Ce que je désirais à tout prix c’était de trouver le bonheur toute seule, comme une grande fille et que si le hasard faisait bien les choses, et bien… il y aurait une personne qui m’apporterait un élément de plus en apparaissant dans ma vie.

J’avais trop souffert… mes dernières expériences amoureuses se sont soldées par des échecs cuisants qui ne m’avaient apporté rien de bon au final. J’avais encore l’impression qu’il ne restait que des lambeaux épars de mon cœur, des morceaux encore en sang et qu’il était couvert de sillons et de cicatrices toujours aussi douloureuses après ces relations décevantes.

Elles ne m’avaient laissé qu’un goût amer dans la bouche et désabusée avec entre les mains un cœur agonisant, trop rongé par les déceptions et depuis bien longtemps desséché par les larmes qui l’avaient ravagé.

Ces relations, elles étaient presque toutes belles au début. Elles ont même été à certains moments aussi brûlantes qu’un feu ardent. Ce sont ce genre d’histoires qui nous consument de l’intérieur, plein de fougue et de passion, mais qui s’éteignent rapidement. Elles nous laissent seules devant un monticule de braises rougeoyantes à se demander ce qui s’était bien passé pour que nous en arrivions là.

Je pensais que mon cœur était protégé et assez endurci pour ne pas retomber dans le piège une autre fois. J’ai même repoussé des personnes bien intentionnées, charmantes et avec qui cela aurait pu fonctionner… mais il y avait comme un mur que j’étais incapable de franchir. Je m’étais dit que je devrais vivre probablement comme ça pour le restant de mes jours sans pour autant que j’en sois triste. Je m’étais même faite à cette idée.

Je ne t’attendais plus du tout, mais un jour alors que je ne voulais et que je ne cherchais rien de tout cela, tu es entré dans ma vie doucement, sans grand éclat. Je ne m’attendais pas à quelqu’un comme toi. Comme si tu avais toujours été là ou dû être là, prenant ta place naturellement à mes côtés.

Je ne pensais pas que mon cœur pouvait se remettre à battre, que j’entendrais à nouveau ce son tari pendant un moment. Il était enfermé dans un château fort depuis tellement longtemps, inconscient des tourments de l’amour et loin des batailles contre mes propres peurs.

J’ai voulu une fois de plus ériger ce mur, ce rempart entre toi et moi. Pleine de craintes, je ne pouvais pas m’imaginer que je pouvais en être capable, de pouvoir aimer à nouveau et de prendre le risque de le faire, mais tu es parti à ma conquête. Tu as déplacé chaque brique de cette façade, une à la fois.

J’avais encore l’impression que l’amour se devait d’être brulant de passion et de désirs pressants, mais tu m’as montré que l’amour pouvait être patient. Qu’il pouvait également être calme, mais tout aussi puissant qu’un sentiment dévorant ! Comme l’eau d’une rivière, il était tranquille en apparence, mais bouillonnant sous la surface et pouvait être plus dévastateur qu’une tempête.

Tu as fait fondre mes craintes. Tu as pris chacun des morceaux de mon cœur pour m’aider à les raccommoder à coup de rires et de tendresse. Aujourd’hui, je ne veux plus quitter ces bras qui me protègent du monde extérieur et j’ai peur de souffrir à nouveau. Que ces beaux jours s’effacent et que la chute soit une fois de plus inévitable tout comme le choc à l’arrivée. Je sais que je pourrais peut-être souffrir à nouveau, mais je crois aussi que tu étais tout ce dont j’avais besoin aujourd’hui et tout ce que je voudrai encore demain.

Julie Lambert
Catherine Duguay

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