tu as été ma première peine d'amour

Tu as été ma première peine d’amour

J’aurais pu écrire comme titre que tu as été mon premier chum, mais j’avoue que malgré nos bons souvenirs, je n’arrive pas à laisser le beau remporter sur le laid. Mais ce texte sera beau, joyeux et cute. Parce que oui, on a été ça à nos débuts, presque comme dans un film d’amour. Mais ça s’est vraiment mal terminé.

On était en 2010. L’automne. Je travaillais à l’aréna où j’adorais être. Le dimanche était ma journée favorite puisque c’est là qu’il y avait le plus de matchs. J’arrivais à 14 h et je terminais à 1 h du matin. Tu jouais dans la ligue de garage du soir, juste avant la fermeture de l’aréna. Vous étiez ma nouvelle gang du soir. La première fois que vous êtes tous arrivés, j’avoue que j’ai eu beaucoup de frissons. Une gang de 16 gars, dont la plupart étaient pas mal mon genre de gars. Mais tu n’en faisais pas partie à ce moment-là. Je m’assoyais dans les estrades et vous regardais jouer. Je closais seule, alors je restais devant la porte pour vous dire au revoir après que vous ayez fini de prendre vos douches, de vous habiller et de quitter l’aréna.

Je me souviens comme si c’était hier. J’ai appelé mes amies pour leur dire à quel point je capotais tellement il y avait de beaux potentiels dans ton équipe. En y repensant, c’était un peu horrible, je vous regardais un peu comme un buffet. Désolée.

Au fil des dimanches, j’ai créé des liens avec certains, dont toi. J’ai commencé à vous accompagner à la bière d’après-match. Certains me cruisaient, mais sans obtenir ce qu’ils souhaitaient. J’avais mon top 3, je me croyais à Occupation Double, littéralement. Un soir, mes amies sont venues me rejoindre, on vous a accompagné à la bière et elles m’ont dit qu’il était temps que j’apprenne à connaître les 3 gars que je trouvais de mon goût. Malheureusement pour certains qui trouvaient mes amies de leurs goûts, j’étais la seule célibataire du trio. Bref. Tu ne faisais pas partie de mon top 3. Tu avais beau venir me parler, je ne me rendais compte de rien, trop aveuglée par ce que je croyais être « mes idéaux masculins » : grand, bâti, bien habillé, beaucoup d’ambitions, belle voiture, appartement, etc.

Ce soir-là, deux de mon top 3 étaient en couple. Et le 3e était juste bon à être le coup d’un soir. J’étais déçue, moi qui espérais faire LA rencontre qui me ferait oublier la dernière fois que j’ai failli tomber amoureuse.

Puis, un soir, mon top 1 m’a offert d’aller prendre une bière. Récemment célibataire, il était venu me parler sur Facebook. J’en revenais pas ! On s’est fréquenté quelques semaines, mais vraiment pas longtemps. J’ai été sa pause, puisqu’il a finalement décidé de retourner avec sa blonde. Il était parfait, mais ce n’était pas le mien tout simplement.

C’est là que tu rentres dans ma vie.

C’est là que l’histoire cute commence.

Tu arrivais toujours 2 heures avant ton heure. Je ne me posais pas de questions à ce moment-là. Tu arrivais avec un café, tu m’avais demandé ce que je mettais dedans : moitié café, moitié vanille française. Un soir, j’ai mis un statut sur Facebook, je voulais aller voir le dernier Harry Potter et je cherchais un +1. Tu m’as écrit en privé pour me dire que tu voulais m’accompagner. Tu n’avais pas de cellulaire. Tu m’as appelée de ton travail, pas trop loin d’où j’habitais. Je suis allée te chercher, on s’est rendu au cinéma. Tu as essayé de payer pour moi, mais je ne t’ai pas laissé le temps, c’est moi qui ai payé pour nous deux. Je t’ai raccompagné et je suis rentrée chez moi. À mes yeux, j’avais passé du bon temps avec un ami, toi tu avais passé la soirée avec la fille qui te plaisait depuis la première fois que tu l’avais vue en entrant dans l’aréna. Mais je ne le savais pas.

Quelques jours après le cinéma, tu m’as envoyé un message texte pour me donner ton numéro de téléphone. Tu t’étais acheté un cellulaire. J’ai su après que tu l’avais acheté pour pouvoir me parler. J’en reviens pas encore, c’était vraiment trop cute comme moove. J’étais tellement aveugle ! Tu m’écrivais de temps en temps et me demandais chaque dimanche si je voulais autre chose avec mon café. Et tu arrivais toujours deux heures avant pour rester avec moi pendant les deux matchs avant le tien.

À la fin du mois de novembre, c’était la fête d’une amie. Tu m’avais textée et je t’avais dit où j’allais et que si tu voulais, tu pouvais venir avec les gars. Chose que tu as faite. Tu es allé t’acheter une chemise, tu as demandé à un des gars de t’aider à te coiffer. Tu as mis le paquet. C’était la soirée où tu me disais que je te plaisais. Mais ce n’est pas arrivé. Mon top 3, celui qui était un coup d’un soir t’a accompagné. J’avais beaucoup bu. Et je le trouvais tellement beau. Et lui me trouvait de son goût. J’ai passé la nuit avec lui. Tu l’as su. Mais tu savais que ce n’était rien de sérieux. Effectivement, c’était le cas.

Le mois de décembre est arrivé. Tu continuais d’arriver tôt et de m’écrire. C’est là que j’ai commencé à te regarder autrement. Je me suis rendu compte à quel point c’était toi le plus beau finalement. Tu étais tellement attentionné avec moi. Pendant mon souper de Noël à mon ancien emploi, tu m’écrivais. Je t’ai invité à venir me rejoindre et tu as dit immédiatement oui. Et c’est lors de cette soirée, pendant qu’on dansait sur la chanson de Bon Jovi Bed of roses qu’on s’est embrassé. Dans mon ventre, il y a eu des feux d’artifice. On avait beaucoup bu tous les deux. Tu m’as raccompagnée chez moi et tu as pris un taxi. Quand je me suis réveillée le lendemain, dimanche, tu m’avais écrit un message texte : « Est-ce que je vais pouvoir t’embrasser ce soir quand je vais arriver à l’aréna ? » et j’ai répondu oui. Ça a confirmé que je n’avais pas rêvé.

J’ai eu les papillons dans le ventre toute la journée. J’attendais impatiemment que tu franchisses la porte. Je flottais.

J’étais de l’autre côté des gradins quand je t’ai vu. Tu m’as regardée, tes yeux, ton sourire, tout était lumineux. On s’est rapproché un de l’autre, comme dans un film. Et quand on est arrivé à proximité, tu as attrapé mon visage et on s’est donné le plus doux des baisés. On a même eu droit à quelques applaudissements de gens dans les estrades, faut croire qu’on était cute.

Tu étais si fier d’être avec moi. On a officialisé notre relation deux semaines plus tard et je suis tombée amoureuse de toi. Un mois plus tard, on partait en voyage, une semaine d’amour, de sexe et de bonheur. Mais ce fut éphémère. Après à peine 6 mois, la magie était disparue. Un an et demi plus tard, tu m’as laissée le jour de mes 25 ans pour une autre.

Mais notre histoire, nos débuts, notre amour, je vais toujours continuer de la raconter, parce que, malgré la peine que tu m’as faite, jamais je n’ai vécu de moments comme celui-ci. Jamais personne n’a autant voulu de moi que toi. Je ne crois pas avoir autant été désirée que ça. J’ai été chanceuse d’avoir vécu cette histoire avec toi, même si la fin est triste. Merci pour ces moments magiques et le premier « je t’aime » que j’ai entendu dans le creux de mon oreille.

Karine Caron
Karelle Gauthier

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