Mon fils au coeur tendre

Mon fils au coeur tendre

À ton retour de l’école, j’avais un mot de ta nouvelle enseignante qui me disait à quel point tu es rempli de bonté. Un nouvel élève est arrivé dans ta classe, le voyant seul, tu t’es empressé d’aller le retrouver pour lui souhaiter bienvenue et lui demander d’être dans le même casier que toi. Du haut de tes 9 ans, tu es déjà au-devant des autres.

Lorsque je te vois avec ta petite sœur, prendre soin d’elle, l’aider au quotidien, je ne peux que me dire que tu seras un père formidable quand tu seras un homme. Tu seras un amoureux attendrissant, qui sera aux petits oignons avec sa blonde… je le sais, car tu es comme ça avec moi. Le soir, quand on se colle et que nous écoutons la télé, tu vas chercher mon oreiller où tu me flattes les cheveux. Ta sensibilité m’émeut chaque fois. Tu penses aux besoins des autres et oublies les tiens. Tu me ressembles beaucoup au masculin, hihi. Je suis fière d’être ta maman.

Par contre, j’ai peur, j’ai peur que les gens profitent de ta bonté et de ta naïveté.

Tu vois tellement que le bon chez les gens, mais, malheureusement, avec le temps, tu réaliseras qu’il n’y a pas que des gens bien dans la vie. Tu l’apprendras à tes dépens, mais, moi, je ne veux pas que tu aies mal, que tu souffres. Je veux te protéger, car je me revois beaucoup en toi. On m’a trahie, trompée, ridiculisée juste parce que j’étais trop bonasse. Tu devras te faire une carapace. Par contre, garde ton grand cœur pour les gens qui le méritent.

Quand j’ai appris ta présence au creux de mon ventre, un énorme mélange d’émotions s’est installé en moi. L’angoisse de te perdre, car, entre ta grande sœur de cinq ans ton ainé et toi, j’ai perdu trois petits bébés. Trois fausses couches toutes aussi douloureuses les unes que les autres. J’étais certaine que je n’aurais plus aucun autre enfant. Depuis ma plus tendre enfance, je me voyais mère de deux enfants et je devais faire le deuil de tout ça, mais toi mon petit combattant, tu avais décidé que je serais ta maman. Je vivais une telle angoisse de te perdre toi aussi. Puis, lorsque j’ai su que tu étais un petit garçon, un sentiment d’incompétence, de ne pas savoir comment élever un petit homme. Puis, lorsque tu es né, wow, le lien qui a tout de suite fait son apparition entre nous, une fusion je dirais. Toi, mon bébé miracle, l’enfant que je ne pensais jamais avoir.

À ta sortie de mon bedon, ils t’ont déposé sur moi, tu as grimpé jusqu’à ma poitrine où tu t’es blotti. Habituellement, les bébés naissants ont les yeux fermés ou presque, mais toi, tu avais un de ces regards si impressionnants et magiques. Tu me fixais dans un état de calme absolu. De mes trois enfants, tu es mon seul garçon et tu es au centre de tes deux sœurs. Tu es à la fois un grand frère et un petit frère. Tu as déjà en tête que tu dois protéger tes sœurs et je trouve ça tellement beau. Partout où tu passes, tout le monde t’aime et je suis fière d’être celle qui t’a mis au monde, qui te donne de l’amour à profusion et qui t’enseigne les valeurs de la vie, car tu me le rends tellement bien.

Crédit photo : Mélanie Charbonneau

Tu es un rassembleur, tu n’aimes pas voir les gens malheureux, tristes ou inquiets. Tu souhaites la paix dans le monde. Dans une société où les mauvais garçons sont les chouchous des filles, j’espère que celles-ci verront la chance qu’elles ont de te côtoyer, d’être ton amie ou, encore plus, ta blonde. J’ai hâte de voir le genre d’homme que tu seras. Surtout, s’il te plait mon petit homme, soit un père aimant et attentionné et surtout présent au quotidien pour son enfant. Les pères sont tout aussi importants que les mères pour les enfants.

Donne-toi pour eux, aime-les d’un amour inconditionnel et, surtout, soit là pour eux. Dans un monde où les relations de couple ne sont plus toujours éternelles, malgré les tempêtes qui soient toujours présentes.

Sur ce, je ne remercierai jamais assez la vie d’être la chanceuse, d’être ta maman.

Mélanie Charbonneau
Karelle Gauthier

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