Ce n'est pas mourir

Ce n’est pas mourir qui va m’arrêter de vivre!

Tout a commencé au mois d’août 2018… J’avais un grand besoin de vacances, et comme mon copain de l’époque n’était jamais allé dans le Sud, j’avais booké une superbe suite à Punta Cana dans un hôtel 5 étoiles, question d’avoir une expérience hors de l’ordinaire. Quand je disais aux gens que j’allais à Punta Cana, je disais : « Je m’en vais là pour m’écraser et ne rien faire », parce que j’étais fatiguée et voulais me ressourcer.

Eh bien, c’est pas mal ça qui s’est passé : je me suis écrasée et je n’ai rien fait de mes vacances. Moins de 48 heures après notre arrivée, je suis tombée sur le plancher de marbre de l’hôtel et me suis déchirée les ligaments des deux genoux. Ne pouvant plus marcher et devant me mouvoir avec une chaise roulante, les vacances sont pas mal tombées à plat. En revenant à Montréal, sous les conseils du médecin de la République Dominicaine, je suis directement allée aux urgences en ambulance. Un beau 18 heures à attendre, pour me faire dire qu’aucun orthopédiste n’est disponible à l’hôpital. Avec une prescription pour une résonnance magnétique, on me renvoie chez moi. Treize jours plus tard, toujours en attente d’un rendez-vous avec un orthopédiste, je m’effondre dans la salle de bain : embolie pulmonaire massive, mes poumons sont obstrués et je fais un arrêt cardiaque. Résultat : près de deux mois à l’hôpital. En sortant, après une longue réhabilitation, plusieurs choses changent en moi. D’abord, je suis diagnostiquée avec un syndrome de stress post-traumatique. Je pleure beaucoup, j’ai peur souvent, j’ai de la difficulté à dormir et je stresse en me faisant des scénarios de catastrophe.

Mais là, ça fait plus d’un an que ça m’est arrivé… Comment ai-je fait pour traverser tout ça sans que ça laisse des marques?

C’est ça le problème…

Il y aura toujours des marques, j’en ai bien peur. Au début, je pensais qu’il y aurait un « après », une guérison définitive de tout ça, une fin de conte de fées, genre. Mais non. Des cicatrices, il en restera.

Bon, je ne fais plus de crises de larmes en allant me coucher le soir… Je ne cours plus aux urgences quand j’ai mal quelque part… Je n’angoisse pas plusieurs fois par jour… Je ne change plus le poste quand je vois une ambulance ou un massage cardiaque à la télé… J’ai fait beaucoup de chemin, surmonté beaucoup d’obstacles. Mais, des marques, il y en a.

Cette dernière année a été marquée par les changements : je me suis séparée de mon conjoint, j’ai déménagé, j’ai quitté mon emploi, j’ai fait le ménage dans mes relations… Je ne suis plus la même personne que j’étais le 7 septembre avant-midi. J’avais l’impression de me réveiller après des années de sommeil, un peu comme la Belle au bois dormant.

C’est comme si je traversais une crise de la quarantaine en avance. J’ai une urgence de vivre, de mordre dans la vie. J’ai besoin de me sentir vivante, et de faire des choses qui me font du bien. J’ai appris à dire non et à penser à moi. Surtout, j’ai appris à me dire oui. À laisser tomber mon esprit parfois trop analytique et suivre mon cœur. Ce n’est pas toujours facile, mais j’essaie de le faire, pour moi, pour mon bonheur.

Là, maintenant, je me suis accordée le droit de souffler. Courir un marathon sans arrêt, c’est fatiguant. J’avais peur, comme honteuse, car je pensais que c’était un signe de faiblesse. Lâcher prise, ça n’est pas abandonner, je m’en suis rendu compte. Je mise sur moi, c’est ce qu’il y a de mieux à faire, non?

C’est drôle, c’est un peu comme si je sautais dans le vide, sans filet. C’est épeurant, je dois l’avouer, mais je crois que je mérite de penser à moi. L’idée n’est pas de devenir égoïste, de tout laisser tomber et de ne faire qu’à ma tête… Il faut juste trouver l’équilibre, je pense.

L’équilibre…

Comment la trouver?

Ça, c’est une toute autre question…

J’y répondrai peut-être un jour.

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Sophia Bédard

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