L'amité après les tempêtes

L’amitié après les tempêtes de la vie

J’ai toujours été une fille de nature chaleureuse, qui aime la compagnie des gens. D’aussi loinque je me souvienne, les amies ont toujours été d’une grande importance pour moi.

Enfant unique, je cherchais et trouvais chez mes amies un réconfort ainsi que de l’activité que je n’avais pas chez moi. Je n’aimais pas me retrouver seule, j’avais l’ennui facile.

Pourtant aujourd’hui, j’aime mes moments de tranquillité seule à seule avec moi-même puisqu’ils sont peu nombreux, étant maman de trois enfants. À l’adolescence surtout, mes amies étaient d’une grande importance. L’effet de groupe, j’aimais donc ça. J’avais autant d’amis gars que filles. Bon, mes amies restaient mes principales confidentes mais, mes amis gars je les aimais beaucoupaussi. C’est donc ben moins compliqué avec des gars, moins de flafla et surtout moins de bisbille. Devenue jeune adulte, j’avais encore plein d’amis, venant de plein de groupes différents. Mon conjoint de l’époque, étant un gars de party et rassembleur lui aussi, nous étions constamment avec des amis. Puis la vie m’a fait vivre une dure épreuve, une séparation.

C’est à ce moment que j’ai réalisé pas mal de choses.

Premièrement, ceux que je croyais mes amis (pour la plupart) étaient plus des connaissances. En vivant des moments difficiles, ils sont disparus…

De plus, comme nous avions énormément d’amis communs, j’ai de mon propre chef pris la décision de céder ma place et de ne plus partager ces amitiés à part pour certaines qui m’étaient trop importantes. Quand on n’est plus un couple et qu’on refait notre vie, ce n’est pas l’idéal de partager les mêmes amis et de se faire rappeler ce que nous étions avant ou entendre des anecdotes devant notre nouveau conjoint. Cela crée des malaises, disons-le. Mon nouveau conjoint étant de nature plus casanier et solitaire, cela rend les choses plus difficiles pour des nouvelles amitiés mais j’ai tout de même, depuis cinq ans, fait la rencontre de personnes géniales qui font partie de ma vie. Je n’arrive plus à faire confiance aussi aveuglément que dans le passé, à me laisser aller pour me confier ou raconter mes problèmes.

Je suis devenue craintive et secrète.

On dirait que je n’ai plus envie de raconter mes tracas quotidiens ou même de véritables peines. Je mentirais si je te disais que cela ne me manque pas, car au plus profond de mon être, je suis une fille de groupe.

Rendue à la mi-trentaine, l’amitié ce n’est plus du tout la même paire de manches.

Quand on vient de rencontrer une personne autant en amitié qu’en amour, ça prend du temps pour arriver à se dire les vraies affaires. À nos âges, on a en plus des vies bien remplies et bien chargées, donc cela rend les choses d’autant plus difficiles. On a nos enfants, nos chums : faudrait que tout ce beau monde-là s’entende bien. J’ai mes amies proches et deux couples d’amis et je trouve ça bien correct ainsi car l’amitié c’est oui, avoir du fun, prendre un verre mais c’est surtout savoir qu’on peut compter l’un sur l’autre et ça ce n’est pas donné avec tout le monde.

Je préfère avoir moins d’amis mais être en confiance avec eux.

Cela ne m’empêche pas d’avoir des connaissances mais le mot ami je le réserve qu’à quelques personnes précieuses pour moi.

On donne le nom d’ami beaucoup trop facilement à mon goût. Quand on a été blessée en amitié tout comme en amour, on reste sur nos gardes, craintive et on se garde une gêne sur nos émotions et nos sentiments.

Malgré tout, l’amitié reste importante pour moi et je suis peut-être naïve, mais je continue de faire confiance et d’apprécier le petit cercle d’amis qui m’entoure. Mes amis que j’ai depuis mon adolescence, qui connaissent presque tout de moi ou ceux que j’ai soigneusement choisis et laissé entrer dans ma vie malgré les tempêtes que j’avais traversées. On ne se voit pas nécessairement souvent mais quand on le fait, c’est du temps de qualité que j’apprécie plus que tout au monde.

Nos enfants sont aussi amis, on pourrait presque dire cousins, cousines car ils se connaissent depuis leur naissance et ils sont rendus à l’adolescence et ça, ça vaut tout l’or du monde. Ma nouvelle amie depuis cinq ans, eh bien, je t’aime et j’aime nos moments tout simples à simplement prendre un verre et placoter.

Mélanie Charbonneau
Sophia Bédard

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