Le masque

Le masque a glissé

Sans trop savoir pourquoi je la ressens, elle me suit. Parfois, elle est plus subtile, parfois, elle me donne des tics.

Je vis avec elle depuis que je suis enfant, seulement le stress de la vie n’était pas aussi présent à ce jeune âge. Bien étrangement, je n’ai su que récemment, en analysant certaines situations du passé, qu’elle m’habite depuis longtemps.

Il y a des jours ou j’arrive à la contrôler, d’autres où j’aimerais qu’elle soit inexistante. Des soirs où même la noirceur n’est pas aussi sombre que ce qu’elle me fait vivre intérieurement. Elle me gruge petit à petit, pour toujours démontrer sa présence. Elle apparaît sans avertir, me transperçant la poitrine, d’une violence tellement grande que même mon corps en subit physiquement les conséquences.

Les lèvres tremblantes, la langue asséchée, les tremblements, les mains moites ainsi que les pieds, les palpitations qui nous donne l’impression de revenir d’un marathon, le cerveau qui s’engourdit, les bruits sourds qui nous transpercent le tympan.

Chaque crise est différente, chaque individu la vit différemment, pourtant tout en vient au même résultat. Le cyclone angoissant, tu n’arrives pas à le dévier.

Elle n’est pas visible, elle n’est pas mortelle, mais elle me dérange. Sans savoir pourquoi elle m’a frappée, je ne veux pas pour autant la rejeter, elle fait partie de moi. J’ai appris à l’accepter et à faire avec.

Elle est encore très taboue, pourtant des milliers de personnes vivent à ses côtés. Elle est jugée, surtout par ceux à qui ce n’est jamais arrivé, puis, honnêtement, je ne le leur souhaite pas. Elle est aussi nocive que la cigarette, tu la consommes et tu détruis ta santé. Ce ne sont pas tes poumons qui sont affectés, mais la partie qui dirige tout ton corps, le cerveau.

En étant entouré par les bonnes personnes, en faisant beaucoup de travail sur soi-même, elle peut être là, mais elle est moins envahissante. Parfois, elle dort complètement. Même quand c’est calme, elle te fait douter que ça puisse aussi bien aller.

Une bonne journée, le masque glisse, nous sommes démasqués par les autres ou par nous-mêmes et ce qui se cache derrière se nomme l’anxiété.

Véronique Desrochers
Mathilda profil

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