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Je n’écoute pas les nouvelles

Je n’écoute pas les nouvelles. Vous savez les émissions qui racontent tout ce qui se passe de laid en boucle chaque matin, chaque midi, chaque soir?

Je ne lis pas les journaux non plus. Les compilations de mauvaises nouvelles qui sont renouvelées presque chaque jour.

Quand j’habitais chez mes parents, c’était chaque soir, durant notre souper.

Souvent, on me dit « Hey t’as entendu parler de X incident? ». Je ne sais pas de quoi on me parle et je dois dire que j’aime ça. Je sais que je sonne un peu comme la fille qui se cache les yeux et les oreilles pour ne rien voir ni entendre de ce qui ne va pas bien dans notre monde. C’est peut-être du déni ou bien de la naïveté de vouloir voir que le beau. Je ne sais pas.

Je n’ai pas besoin de savoir qu’un homme a tué sa femme et ses deux enfants avant de s’enlever la vie.

Je n’ai pas besoin de savoir qu’il y a eu un énième meurtre sur le territoire de Montréal depuis le début de l’année, moins ou plus que l’année passée.

Non, je ne veux pas entendre ça. Je n’en ai pas besoin, je le sais que notre société n’est pas faite de licornes et d’arcs-en-ciel. Je suis au courant qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour l’aide psychologique, l’aide aux femmes violentées, le contrôle des armes à feux, etc. Je sais tout ça et je n’ai pas besoin ni envie de vivre chaque jour avec la peur au ventre ou les larmes aux yeux parce qu’une autre tragédie est survenue.

Trump, l’environnement, les incendies en Australie, la cruauté animale. C’est douloureux. J’aimerais claquer des doigts et pouvoir tout régler. Je suis consciente de tout ce qui se passe dans notre monde. Oh oui. Mais je m’autorise à ne pas lire tous les articles qui parlent de sujets qui me déchirent le cœur. Je sais que ça existe encore et je crois que c’est suffisant. Je fais de mon mieux pour faire une différence à ma façon; réduire mon empreinte écologique, encourager des organismes qui aident les gens ou des causes, etc. J’aide de mon mieux et aussi souvent que je le peux. Mais je me donne le droit de ne pas m’enfouir dans un tourbillon de mauvaises nouvelles en lisant chaque jour des articles qui sont laids, en écoutant les nouvelles à la télévision ou à la radio.

Je crois que ce n’est pas nécessaire de publier une pile de feuilles remplies de négatif chaque jour.

Je ne crois pas que c’est nécessaire de tout dire sur la place publique.

Je crois sincèrement qu’il y a des façons d’informer et d’éduquer les gens sans mettre l’emphase sur ce qui ne fonctionne pas. J’aimerais voir plus d’appels à la solidarité que de mauvaises nouvelles.

Mais oui, je suis consciente que certaines choses doivent être abordées, qu’il faut en parler pour changer les choses. Mais sommes-nous obligés d’en faire un show? Utiliser le malheur des autres pour créer du contenu? Je suis d’accord que les citoyens ont le droit d’être informés, mais parfois il y a des limites qui sont franchies. Je suis mal à l’aise lorsqu’un journaliste va pointer son micro sous le nez d’une personne venant de perdre un être cher ou lorsqu’un caméraman qui filme au loin une scène de crime. Raconte l’histoire, donne les informations que tu possèdes et qui t’ont été confirmées, mais tu n’as pas besoin de les montrer.

Bref. Je n’écoute pas les nouvelles et ça rend mon quotidien plus joyeux. Mais ça ne m’empêche pas de rester sensible à ce qui se déroule autour de moi.

Karine signature
Sofia Benzakour

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