T'accompagner

T’accompagner dans cette maladie de l’âme

Depuis la fin de l’été, j’ai remarqué des changements dans les habitudes alimentaires et le comportement de mon adolescente de 14 ans. J’ai remarqué qu’elle avait perdu un peu de poids. Je me suis dit qu’elle était plus active, que l’été on mange plus léger, moins gras et qu’on bouge plus.

Puis la rentrée scolaire fit son arrivée.

Elle vivait beaucoup d’anxiété de performance  sur tous les plans, avec ses amies, dans ses performances scolaires et surtout au niveau de son image corporelle. L’image qu’elle avait auparavant d’elle-même se transformait de plus en plus. Elle ne s’aimait plus, voire même se détestait. J’ai contacté son médecin de famille qui la suit depuis sa naissance. Nous avons eu un premier rendez-vous. Lors de sa pesée, elle avait perdu 8 livres depuis le dernier rendez-vous qui datait de 2 mois. Gros signal d’alarme, des tests sanguins ont été demandés. Les résultats n’étaient pas très beaux. Une grosse chute de globules blancs, un manque de fer et de vitamines.

Nous avons revu le médecin qui nous a mentionné qu’elle devait transférer son dossier en pédiatrie pour évaluer la situation de fond en comble. Deux semaines plus tard, nous avons eu un premier rendez-vous. Tout plein de tests médicaux ont été demandés ainsi qu’une évaluation psychologique. Le diagnostic est tombé… anorexie. Ce mot qui fait peur, cette maladie que je craignais plus que tout. Ayant eu moi aussi un petit épisode à l’adolescence, j’espérais que tu n’en sois jamais atteinte. Surtout que la gravité de la situation était bien pire que la mienne.

À ce moment, elle était rendue à 20 livres en moins. Imaginez-vous toute cette perte de poids sur une personne qui n’en a aucunement à perdre. Nous avons frôlé l’hospitalisation de très peu. Depuis ce rendez-vous qui date d’un mois, elle a des suivis hyperserrés, des pesées pour analyser la perte de poids. Elle n’en a toujours pas repris mais au moins, depuis 3 semaines, elle n’en a pas perdu. Elle doit manger des petites quantités à la fois car son estomac ayant été privé est devenu beaucoup plus petit, il n’est pas capable de garder de grosses quantités de nourriture.

Elle débute à la fin février des suivis à l’hôpital Sainte-Justine, à la clinique des adolescents, avec un spécialiste de l’anorexie. Tout ce dont je vous parle, c’est le côté santé physique de la maladie mais il y a tellement plus que ça. La souffrance psychologique est encore pire. La voir se détester autant, calculer chaque calorie, avoir une image d’elle si laide.

Tout ceci est tellement difficile pour une mère.

Tenter de comprendre ce qui se passe dans sa tête, vivre ses énormes sautes d’humeur, ses crises d’angoisse. Tenter de l’accompagner au mieux de moi-même mais me sentir souvent à bout de ressources et de souffle. Je me sens impuissante de sa détresse psychologique, je voudrais prendre toutes ses  inquiétudes, ses peines mais je ne peux pas car elle doit cheminer à petits pas. En ce moment, l’objectif est de ne pas maigrir, ne pas perdre de poids et surtout de guérir mentalement.

Tout ceci se fera avec l’aide de spécialistes et aussi avec tout mon amour.

Mélanie Charbonneau
Sophia Bédard

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