la fin

La fin

La pire partie d’une fin de relation, ce sont les petits bouts cassés qu’on trouve partout, même une fois qu’on pense avoir balayé le plancher des éclats.

Le prochain épisode qu’on ose pas regarder. La nouvelle qu’on doit arrêter de partager. La brosse à dents de trop qui hante le coin du lavabo…

C’est le sentiment de vide laissé par tous les potentiels. Les solutions aux arguments qui arrivent trop tard. Le manque de finition, le point en suspend qui devient final. C’est s’ennuyer du beau de l’autre, des sourires, des moments partagés et pleurer en se convainquant de ne pas replonger à l’aide du pire. Le pire est si facile à oublier une fois la tempête passée… 

C’est sentir le lien qui nous unissait se dissoudre vers l’inconnu. Ne plus savoir ce qui fait rire l’autre, perdre le contact des balises et victoires de sa vie, mais aussi des défaites. S’inquiéter pour l’autre sans se donner le droit de s’immiscer. Regarder la berge qui fut autrefois sa maison, son havre s’éloigner petit à petit… Réaliser qu’il est trop tard pour revenir. Rebrousser chemin quand même, juste un peu. Espérer un miracle, puis se détester de sombrer dans la nostalgie. Repenser aux chicanes et déchirures pour taire son cœur qui hurle de réparer tout ça. Focaliser sur soi, sa joie, son bonheur… Et l’avenir.

Ne pas regarder l’épisode, au cas où. S’empêcher de jeter la brosse à dents, car « trop final » pour l’instant. Garder l’onglet d’une nouvelle ouverte, en cas d’élan de naïveté.

C’est ne pas savoir comment on va guérir. Se gruger d’angoisse quant à une décision qui fait trop mal pour être pleinement assumée. C’est se demander quoi faire, comment en parler. C’est avoir tant besoin du réconfort de la personne qui n’est plus là.

C’est surtout se sentir seul. Se demander si l’autre ressent la même chose ou s’il nous a déjà oublié. Par manque d’amour ou surabondance de distractions, d’évitements.

C’est vouloir disparaître des cercles sociaux pour ne plus le croiser. Et espérer qu’il remarque son absence et s’en inquiète.

Le pire dans une fin de relation, c’est de sentir son cœur fendre et pleurer à la vue du moindre souvenir… Parce qu’on a perdu son âme sœur, son partenaire, son ami. C’est l’angoisse du vide, mais c’est l’espoir de retrouver le sourire sans l’autre qui fait, finalement, le plus mal.

Catherine Dupont-gagnon
Karelle Gauthier

One Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *