J'ai peur pour les plus vulnérables

J’ai peur pour les plus vulnérables

Dans toute cette crise, je ne peux m’empêcher de penser aux plus vulnérables des vulnérables. 

Cette crise nous rend tous vulnérables.

Vulnérables face à la maladie. Face à l’isolement. Une période lourde sur le moral, honnêtement.

Je vis moi-même, par moments, beaucoup de détresse. J’ai peur, parce que je suis en arrêt de travail. J’ai peur de manquer d’argent. J’ai peur pour la santé de certain.e.s de mes proches.

Mais cette crise m’attriste et m’indigne puisqu’elle fait ressortir les inégalités qui existent déjà dans notre société.

Elle ébranle encore plus des personnes et les groupes déjà fragiles.

Un coup de pied à une personne déjà au sol.

Pour être sûr de l’achever.

//

Des femmes victimes de violence conjugale sont désormais en permanence avec leur agresseur. Isolement volontaire ou obligatoire, les choix ne sont pas réels pour toutes. Isolées de leur famille, de leurs ressources.

L’isolement volontaire peut être ennuyeux par moments, ou encore plaisant. Il peut aussi cependant augmenter le stress et installer un climat de tension. Isolement volontaire; liens sociaux effrités. 

Des personnes détenues sont encore plus vulnérables à la propagation du virus, au vu de leurs conditions de détention. Elles ne sont pas en position de s’isoler. Elles sont des personnes dont la sécurité et la santé sont mises à risque.

Des personnes en situation d’itinérance sont encore plus fragiles en ce moment. S’isoler, limiter ses contacts, mais où ? Les ressources qui accueillent et aident ces personnes doivent aussi mettre en place des mesures pour prévenir la propagation. Limiter l’accès, par exemple. La situation devient rapidement complexe.

Des enfants sont désormais à la maison. Des familles sont parfois heureuses d’avoir du temps tous.tes ensemble. D’autres fois, des enfants passent dorénavant leurs journées dans des contextes violents, négligents. Des enfants qu’on remarquera moins. L’éducateur.trice, l’enseignant.e, l’intervenant.e en loisir qui n’est plus là pour veiller sur eux, pour signaler si un doute s’installe sur le développement ou la sécurité de cet enfant.

De multiples personnes et familles craignent le prochain paiement de loyer. Pertes d’emplois, réduction des heures de travail. Beaucoup de ménages voient leurs revenus réduire considérablement. Les paiements continuent, pourtant. Ces personnes ne savent pas vers qui se tourner pour de l’aide.

//

Tellement de situations particulières, complexifiées par cette crise actuelle. Multiples autres que je n’ai pas nommées. De la souffrance, de la détresse. Des problèmes sociaux, des situations injustes, existantes à longueur d’année, qui ne se résorbent évidemment pas durant cette crise. Des difficultés qui s’empilent.

Aujourd’hui, j’ai mal pour eux.elles.

J’ai mal pour ceux.celles qui sont encore délaissé.e.s, mis.e.s au second plan.

Parce qu’aujourd’hui, on s’inquiète pour la majorité et c’est parfaitement légitime. J’ai cependant l’impression que notre empathie comme société est sursollicitée et qu’il n’en reste que des miettes pour ces situations plus complexes. On est indigné, on est empathique, mais on est aussi épuisé. On ne sait plus où donner de la tête.

Aujourd’hui, je veux souligner le travail de tous.tes ceux.celles qui travaillent pour la majorité. Ainsi que ceux.celles qui travaillent pour les personnes qu’on oublie. Qui continuent de répondre aux appels de détresse. Celles en maison d’hébergement. Dans les refuges pour personnes en situation d’itinérance.

Aujourd’hui, j’ai mal pour toutes ces situations si injustes, si inégales. Aujourd’hui, je suis révoltée et épuisée.

//

Si vous voulez vous informer davantage sur ces situations, voici quelques liens qui en parlent déjà.

Violence conjugale , clique ICI

Itinérance, clique ICI

Détention, clique ICI

Anonyme
Mathilda profil

One Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *