On ne peut pas toujours voir la vie en rose

On ne peut pas toujours voir la vie en rose

« On ne peut pas toujours voir la vie en rose »

C’est la phrase qui se promène de plus en plus dans ma tête ces temps-ci. Oui je sais, c’est à la limite un peu déprimant. Mais c’est mon feeling depuis quelque temps, et malgré ma tendance à focusser sur le positif dans la vie, j’y arrive moyen en ce moment. Je passe mes journées à faire de mon mieux pour garder la tête haute et ne pas me laisser abattre par tout ce qui se passe. Des gens meurent chaque jour. De vrais humains, ce n’est pas une fiction lorsque notre premier ministre donne le bilan chaque jour. Il y a des personnes que je connaissais dans ses chiffres ! Des vrais humains décèdent de manière horrible, sous notre nez. J’ai du mal à être hop la vie en ayant conscience de tout le mal qui se passe autour. Je sais que je ne dois pas me laisser sombrer à cause de tout ce drame, mais j’ai du mal à faire fi de tout ça.

Je reste seule dans mon appartement à essayer de garder une certaine routine, travailler mes sept heures par jour pour m’aider à garder une normalité qui ne l’est pas vraiment. Mais j’essaye vraiment. Beaucoup. Ce qui n’est pas évident c’est de mettre les émotions de côté et tenter de m’occuper l’esprit. L’engourdir, en fait. Sais-tu le nombre de films et de séries que j’ai écoutés depuis deux mois ? Parce que oui, ma télé roule de 9h le matin à 23h le soir, sans arrêt. Le silence me donne la chienne. J’ai peur de ne pas arriver à continuer de me lever chaque matin et de faire comme si rien ne se passait dehors. Je ne vois plus mes proches, ma famille, mes amies, mes collègues. Je n’ai pas de contact physique. Je suis célibataire et même si je le voulais, je ne peux entamer de relation avec qui que ce soit.

Je me regarde dans le miroir chaque matin en observant mon visage vieillir d’une journée, et ce, chaque jour. Mon sourire est de moins en moins crédible et mes rêves de plus en plus sombres. J’ai peur que tout ce qui se passe m’affecte encore plus et me déprime au point d’entrer une fois de plus dans cette bulle qu’est la dépression.

Je recommence à voir noir, cette noirceur qui m’a longtemps habité, mais que j’avais réussi à chasser. J’ai le mal dans le ventre, une boule qui ne cesse d’augmenter plus les jours avancent. J’ai peur de mon ombre, mais j’ai encore plus peur de celle des autres.

La crise actuelle fait réfléchir, nous enferme dans nos têtes, dans nos souvenirs, nos émotions. On a le temps de se recentrer sur soi et d’y prêter attention. Chacun le vit différemment. Moi c’est la douleur qui remonte et qui goûte amer au fond de ma gorge. Je suis optimiste, positive et je sais que ce sera de passage, je suis une guerrière et je suis prête à me battre une deuxième fois.

La maladie mentale détruit d’innombrables personnes qui souffrent en silence, la dépression tue chaque jour. Mais chaque fois qu’une personne en parle ouvertement, très fort, ce sont des gens qui les écoutent et se sentent moins seuls et qui finissent par se relever. Je sais que je ne suis pas seule en ce moment, mais toi non plus tu ne l’es pas.

Lâche pas, accroche-toi.

La vie n’est pas toujours rose, mais on finit tous par trouver la couleur qui nous fait du bien et qui nous aidera à nous en sortir.

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