J'aimerais arrêter de me comparer

J’aimerais arrêter de me comparer avec ce dont j’avais l’air avant…

J’ai l’air de la femme forte qui accepte son corps comme il est. Qui dénonce la grossophobie et qui montre son corps tel quel. Je suis grosse et je m’aime comme je suis. Mais ce serait mentir de dire que je suis 100% en accord avec mon aspect physique actuel. En général oui, mais j’ai des moments de faiblesse, comme tout le monde. On est tous quelques fois un peu critiques envers ce dont on a l’air, que ça dure 10 secondes ou 3 jours, l’important c’est de se rappeler que notre physique, c’est notre enveloppe unique et qu’on doit apprécier ce qui nous transporte chaque seconde de notre vie.

La vérité, c’est qu’il m’arrive souvent de me comparer à ce dont j’avais l’air avant. Il y a 4-5 ans. Avant que mon corps change. Quand je portais du médium, du 36 C et que je n’avais aucune idée de l’immense privilège que j’avais. Ce serait aussi faux de dire que si j’avais la chance de retrouver cette apparence, je refuserais. Oui c’est contradictoire et grossophobe ce que je viens de dire, mais c’est la vérité. Je revois chaque jour des photos de moi. Des cheveux très long et plein d’épaisseur, une belle peau lisse, aucune pilosité sur le visage, des dents droites grâce à l’orthodontie, une taille fine et un sex appeal que j’envie beaucoup aujourd’hui.

J’étais cette personne. Je ne suis plus cette personne. J’ai changé et mon corps aussi. La dépression, le stress, l’anxiété, la peur, la dépression, la médication. Tout ça a fait basculer ma vie. Mais je ne changerais rien, à part de demander de l’aide beaucoup plus tôt. Je perds mes cheveux, je porte du 2XL, du 38DD, j’ai des poils au visage, une libido à zéro. Mais je suis en vie. C’est probablement pour ça que je laisse ces petits moments de comparaison habiter mon esprit le temps que ça dure. Parce que malgré l’envie de redevenir cette fille rayonnante, sexy qui avait plein d’amants, je sais que je ne pourrais jamais être aussi bien qu’aujourd’hui. Mon corps ne définit pas qui je suis, mais fait partie de moi. Comme ma maladie mentale ne définit pas la personne que je suis. J’ai changé en 5 ans, physiquement oui, mais mentalement, encore plus, et je suis fière du chemin que j’ai accompli.

Donc quand je regarde mes souvenirs Facebook, des photos de moi en mini-short, grandes jambes bronzées et top de bikini triangle, j’essaie très fort de ne pas me comparer, de ne pas regretter, mais surtout d’être fière de qui je suis aujourd’hui. De regarder plus loin que l’apparence, au travers la photo. Je me répète qu’hier est passé, qu’aujourd’hui est présent et que demain est l’avenir.

J’aimerais arrêter de me comparer à ce dont j’avais l’air avant… ça viendra, demain peut-être.

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