Cette peur

Cette peur inattendue

Cet été, j’ai réalisé de plein fouet que la vie est fragile et qu’elle peut basculer d’un coup.

J’ai eu la peur de ma vie.

Je vous explique…

Mon fils de dix ans souffre de migraines depuis plus d’un an. En peu de temps, la fréquence a doublé. Mon fils est suivi par son médecin de famille pour cette condition médicale, je l’ai donc contacté pour lui faire part de cette augmentation frappante. Comme les migraines sont héréditaires dans notre famille (ma grand-mère, ma mère et moi-même en souffrons), sa médecin n’avait jusqu’ici pas été trop inquiétée par ces maux de tête violents qui survenaient surtout après de grandes journées d’écoles ou après un moment de stress.

Cependant, cette fois-ci, elle a semblé beaucoup plus attentive à mes propos. Quand je lui ai parlé de l’intensité et des vomissements, elle a décidé de faire passer un scan cérébral à mon fils. Le lendemain, je recevais déjà un appel de l’hôpital qui me donnait un rendez-vous la semaine suivante. Le stress s’est mis à monter, mais je tentais de garder la tête froide et de me dire que mon fils était probablement comme moi et ma famille : un migraineux. La journée de ce test, mon fils me posait beaucoup de questions. Cela le stressait énormément, surtout en ce temps de COVID où tout est si formel et compliqué. De nature raisonnable, il a fait ceci comme un champion. Le lendemain matin, je recevais un appel de son médecin me mentionnant une anomalie au niveau des vaisseaux où circule le liquide encéphalique.

Je n’entendais plus rien, tout comme dans les films. J’étais sous le choc. Elle m’a tout de suite mentionné qu’un neurochirurgien de Sainte-Justine allait entrer en contact avec moi pour évaluer la gravité de la situation et voir avec moi le chemin que nous allions devoir prendre. Deux semaines se sont écoulées. Deux semaines interminables où tous les scénarios se sont mis à jouer dans ma tête. Le pire de tout revenait sans cesse me hanter : l’opération au cerveau. Je pensais à ceci jour et nuit.

Le téléphone a enfin sonné. L’infirmière du département de neurochirurgie voulait me donner un rendez-vous le lendemain.

Aucune préparation mentale : une journée seulement avant de savoir ce qui se passait exactement dans la tête de celui que j’ai porté au creux de mon ventre il y a de cela dix ans

Je devais me raisonner pour ne pas laisser paraitre trop d’émotions devant mon fils. Il fallait que je lui explique que, le lendemain, nous allions enfin avoir des réponses à ses migraines. Jusqu’ici, je ne lui avais pas trop parlé de tous ces détails par peur de l’inquiéter. La nuit qui a suivi fut une des pires nuits de ma vie. J’étais debout à l’aube, mon corps et ma tête étaient épuisés. Nous nous sommes rendus main dans la main à l’hôpital. J’étais prête à me battre avec mon fils.

Lorsque le médecin de renom a nommé mon fils dans la salle d’attente, mon cœur s’est serré. J’avais envie de reculer, de faire marche arrière, mais je savais que je devais affronter cela. Nous nous sommes assis et le médecin à l’air sérieux, en regardant des images du cerveau de mon fils sur son ordinateur, m’a regardé et a dit « Votre fils a en effet un problème de circulation du liquide encéphalique, mais la situation n’est actuellement pas dangereuse et ne demande pas d’intervention chirurgicale. »

C’est comme si on venait de m’enlever un énorme sac de briques de sur le dos.

Il m’a mentionné qu’il allait devoir y avoir un suivi hyper rigoureux et des prises en charge et investigations régulières, mais la partie la plus stressante de tout cela était, pour moi, l’opération. Je me sentais donc un peu plus légère. En affrontant cette épreuve, j’ai réalisé que la vie est fragile et que nous ne devons rien tenir pour acquis, mais j’ai aussi réalisé que, parfois, anticiper le pire peut nous rendre très anxieux et malheureux. Pour la suite, il suffit d’espérer que tout continue sur la bonne voie.

Mélanie Charbonneau
Mathilda Hénocque_signature

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