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6 histoires qui ont terrorisé notre enfance… et leur véritable origine

Qui n’a jamais regardé sous son lit ou dans sa garde-robe après avoir entendu une histoire d’horreur? Avant les creepypastas, TikTok et les vidéos YouTube, les enfants se transmettaient déjà des récits capables de nous empêcher de fermer l’œil. Une babysitter reçoit des appels inquiétants, une main vient lui lécher les doigts sous le lit, un homme au crochet rôde près des voitures… Certaines de ces histoires circulent depuis des décennies, tandis que d’autres sont beaucoup plus anciennes. Mais lorsqu’on remonte leur piste, leur véritable origine est parfois bien différente de ce qu’on nous racontait.

1. La babysitter et l’homme à l’étage

C’est probablement l’une des histoires les plus efficaces pour traumatiser quelqu’un qui doit garder des enfants pour la première fois.

Une adolescente est seule dans une maison avec les enfants qu’elle garde. Après les avoir couchés, elle reçoit un appel d’un inconnu qui lui demande d’aller vérifier s’ils vont bien. Les appels recommencent et deviennent de plus en plus inquiétants. Elle finit par contacter la police, qui lui demande de garder l’homme en ligne afin de retracer l’appel. Lorsqu’elle obtient finalement des nouvelles des policiers, ils lui ordonnent de quitter immédiatement la maison : les appels proviennent de l’intérieur.

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Cette histoire, connue en anglais sous le nom The Babysitter and the Man Upstairs, circule aux États-Unis depuis au moins les années 1960. Son auteur original n’a jamais été identifié et son inspiration exacte demeure incertaine.

Un véritable meurtre est toutefois régulièrement associé à la légende : celui de Janett Christman, une adolescente de 13 ans qui faisait du gardiennage à Columbia, au Missouri, en 1950. Christman a été agressée et étranglée pendant qu’elle gardait un enfant. Son meurtre n’a jamais été résolu. La ressemblance avec la légende a alimenté l’idée que cette affaire aurait inspiré l’histoire de la babysitter, mais aucune preuve ne permet d’affirmer qu’elle en est directement à l’origine.

Ce qui est certain, c’est que la légende s’est ensuite imposée dans la culture populaire, notamment avec Black Christmas en 1974 et When a Stranger Calls en 1979.

2. La main qui nous léchait sous le lit

Celle-là nous a probablement fait regretter d’avoir laissé dépasser notre main de sous les couvertures.

Dans la version la plus connue, une jeune fille est seule à la maison avec son chien alors qu’un meurtrier serait en liberté dans les environs. Terrifiée, elle verrouille les portes et les fenêtres avant d’aller se coucher. Pendant la nuit, elle laisse tomber une main sur le côté du lit. Son chien vient régulièrement lui lécher les doigts, ce qui la rassure. Au matin, elle découvre que son chien est mort. Selon les versions, son corps est retrouvé dans la salle de bain, accompagné d’un message particulièrement inquiétant : « Humans can lick too ».

Cette histoire est connue sous plusieurs noms, notamment The Licked Hand, The Doggy Lick et Humans Can Lick Too. Et contrairement à certaines légendes dont on ne retrouve aucune trace ancienne, les folkloristes ont pu remonter assez loin.

Une version a été recueillie en Indiana dans les années 1960. Elle a notamment été publiée dans Hoosier Folk Legends, le recueil de Ronald L. Baker paru en 1982, où The Licked Hand apparaît parmi les légendes racontées par des adolescents. Le folkloriste Jan Harold Brunvand l’a ensuite étudiée dans ses travaux sur les légendes urbaines.

Il n’existe cependant aucune personne identifiée comme étant à l’origine de l’histoire. Ce que les sources permettent d’établir, c’est qu’elle circulait déjà oralement avant sa publication et qu’elle existait sous différentes formes selon les régions et les époques.

Autrement dit, la version avec le chien sous le lit n’est pas l’histoire d’un meurtre précis : c’est une légende qui s’est transformée en se transmettant.

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3. Bloody Mary

Éteindre la lumière de la salle de bain, regarder son reflet et répéter « Bloody Mary » trois fois. Même ceux qui affirmaient ne pas croire aux fantômes hésitaient généralement avant de tenter l’expérience. Selon les versions, une femme apparaît alors dans le miroir. Son apparence et ses intentions changent énormément d’une histoire à l’autre : elle peut être ensanglantée, défigurée ou simplement terrifiante.

Mais l’une des choses les plus intéressantes concernant Bloody Mary est que la version que nous connaissons aujourd’hui n’a pas une origine aussi claire qu’on pourrait le croire. Une des premières traces importantes du rituel dans le folklore enfantin américain se trouve dans le livre One Potato, Two Potato, publié en 1976 par les folkloristes Mary et Herbert Knapp. Ils y décrivent des enfants qui invoquent une figure appelée Mary Worth, alias Bloody Mary, alias Mary Jane, dans une salle de bain plongée dans le noir, en répétant son nom devant un miroir. Dans la version recueillie par les Knapp, le nom devait même être répété 47 fois, et non trois.

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Cette précision est importante parce qu’elle démonte l’une des explications les plus populaires sur Internet : Bloody Mary ne serait pas nécessairement Marie Ire d’Angleterre, connue sous le surnom de « Bloody Mary ».

Marie Tudor a bel et bien reçu ce surnom en raison des persécutions religieuses de son règne, mais les folkloristes n’ont pas établi de chaîne historique démontrant que la reine est à l’origine du rituel du miroir. Le lien entre les deux est donc une association populaire, pas une origine démontrée.

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Le rituel, lui, est bel et bien documenté dans le folklore des enfants américains au moins depuis les années 1970.

4. L’homme au crochet

Une voiture stationnée dans un endroit isolé. Un jeune couple. Une radio qui annonce qu’un dangereux criminel vient de s’échapper. Et un détail qui suffit à nous faire regarder toutes les poignées de portières : le meurtrier possède un crochet à la place d’une main.

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Dans la version classique, le couple entend l’avertissement à la radio et décide de quitter les lieux. Lorsqu’ils arrivent finalement à destination, le jeune homme remarque quelque chose accroché à la portière : le crochet du meurtrier.

Cette histoire, connue sous le nom de The Hook ou The Hookman, circulait déjà parmi les adolescents américains dans les années 1950. Le folkloriste Jan Harold Brunvand rapporte qu’elle était largement répandue chez les adolescents dès 1959.

La première publication connue remonte au 8 novembre 1960, lorsqu’une lectrice l’a envoyée à la célèbre chronique de conseils Dear Abby. La lettre précisait d’ailleurs que l’histoire n’était peut-être pas vraie, mais qu’elle avait servi à décourager les adolescents de se stationner seuls dans des endroits isolés.

Et c’est justement là que la légende devient intéressante : son origine exacte demeure inconnue, mais elle fonctionne comme une histoire d’avertissement destinée notamment aux adolescents.

Certains ont proposé des liens avec de véritables crimes commis dans des endroits fréquentés par de jeunes couples, notamment les meurtres de Texarkana en 1946. Toutefois, cette connexion demeure une hypothèse et ne constitue pas une origine documentée de la légende.

5. Dracula

Contrairement aux légendes urbaines précédentes, Dracula possède une date de naissance beaucoup plus facile à identifier.

Le comte Dracula apparaît pour la première fois dans le roman Dracula de Bram Stoker, publié en 1897. Le personnage est devenu l’un des principaux modèles du vampire moderne et a profondément influencé la littérature, le cinéma et la culture populaire.

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Mais Stoker n’a évidemment pas inventé les vampires.

Les croyances concernant les morts revenant s’attaquer aux vivants sont beaucoup plus anciennes et existaient dans différentes régions d’Europe avant la publication du roman. Stoker s’est intéressé au folklore d’Europe de l’Est et a effectué des recherches documentaires avant d’écrire son histoire. Des travaux universitaires soulignent notamment l’importance de sources consacrées aux croyances sur les morts-vivants et au folklore roumain.

Le nom de Dracula est également lié à Vlad III, le prince de Valachie du XVe siècle surnommé Vlad l’Empaleur. Stoker a effectué des recherches sur ce personnage historique et a repris le nom « Dracula ».

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Mais attention à une idée très répandue : le comte Dracula n’est pas simplement Vlad l’Empaleur transformé en vampire. Des chercheurs ont souligné que le lien entre les deux personnages est beaucoup plus limité et complexe que ne le laisse croire la culture populaire. Une publication récente de Cambridge University Press rappelle d’ailleurs que l’étendue de cette influence historique demeure fortement débattue dans les études consacrées au roman.

Le véritable « ancêtre » de Dracula est donc plutôt un mélange de folklore vampirique, de recherches littéraires et de références historiques, auquel Stoker a donné une forme devenue emblématique.

6. Les alligators dans les égouts

Celle-ci est peut-être la plus amusante de la liste, parce qu’elle contient une part de vérité.

La légende veut que de gigantesques alligators vivent sous les rues de New York, dans les égouts. Une version populaire raconte que des familles auraient acheté de petits alligators comme animaux de compagnie avant de les jeter dans les toilettes lorsqu’ils devenaient trop gros.

L’idée d’un véritable monde souterrain rempli de reptiles est évidemment devenue une légende urbaine. Mais en février 1935, un véritable alligator a été retrouvé dans un égout d’East Harlem.

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Le New York Times rapportait alors qu’un groupe de jeunes qui déneigeaient près d’une bouche d’égout sur la 123e Rue avait découvert un alligator dans les eaux glacées. Le reptile mesurait environ huit pieds et pesait 125 livres. Les jeunes ont réussi à le sortir du conduit, puis l’animal a été tué après être devenu agressif.

L’origine exacte de cet alligator demeure inconnue. Une théorie avancée par l’historien de Manhattan Michael Miscione veut qu’il ait pu être un ancien animal de compagnie abandonné après avoir grandi. À l’époque, il était effectivement possible de commander de petits alligators par la poste, et des journaux rapportaient des histoires d’alligators gardés comme animaux domestiques. Mais là encore, il s’agit d’une hypothèse et non d’un fait établi. L’histoire réelle de 1935 a toutefois contribué à donner une base particulièrement crédible à la légende des « alligators des égouts ».

Et c’est peut-être ce qui la rend encore plus inquiétante : pour une fois, l’histoire racontée aux enfants n’était pas complètement impossible.

Alexe