Lettre au monsieur qui veut envoyer ton enfant à la maternelle à 4 ans.

Lettre au monsieur qui veut envoyer ton enfant

François,

J’ai laissé tomber le « monsieur » sitôt après avoir pondu le titre.

Tu m’excuseras de ne pas m’attarder aux formules de politesses en te tutoyant, mais je n’ai pas vraiment envie de faire preuve de courtoisie envers quelqu’un qui en manque à mon égard.

Je suis éducatrice depuis bientôt 17 ans. Et fière de l’être.

Même si c’est difficile, de s’occuper des enfants des autres.

C’est loin d’être un travail qui se fait les deux doigts dans le nez.

Parce que j’attrape les microbes encore plus vite que je ne m’enfonce dans les nids de poule des rues de Montréal et que mon esprit travaille fort tous les jours pour veiller à ce que ces enfants ne manquent de rien.

Parce que je change des centaines de couches par année, je cours, je fais des culbutes sur le gazon ou dans la neige pour les faire rire ou afin qu’ils dépensent leur énergie. Je m’accroupis 20 fois par jour auprès des enfants qui décident de faire le bacon par terre en attendant de les prendre dans mes bras pour leur offrir du réconfort.

C’est dur sur le corps, ça, François.

Et sur la tête aussi.

Ma tête qui fourmille d’idées d’activités, d’interventions et de projets pour transcender le simple statut de gardienne d’enfants. Dieu sait combien je me bats pour la reconnaissance de ma profession qui rime davantage avec « vocation » que « technicienne ».

Parce que c’est ce que tu dis qu’on est. Des techniciennes de garde.

J’ai beau le relire ou le dire à haute voix, je me sens diminuée en entendant ce terme que tu emploies à la Chambre des communes ou dans les médias.

Je ne suis pas une simple technicienne de garde. Je suis une éducatrice.

Qui éduque.

Les enfants des autres, les électeurs de demain.

Ceux que tu emploieras peut-être à titre d’avocat, de garagiste, de médecin ou de comptable. Ceux qui prendront peut-être soin de toi pendant tes vieux jours dans un CHSLD.

Tu comprendras que l’éducation, c’est quelque chose qui me tient à cœur.

En tant qu’éducatrice, surtout, mais aussi, en tant que maman.

C’est important pour moi que mon fils poursuive ses études dans le but de se trouver une passion, des intérêts et un travail qui lui permettra de s’épanouir et de devenir un bon citoyen.

Il est entré à la maternelle à 5 ans, comme tous les autres avant lui, après cinq années passées dans une garderie, où il a acquis bon nombre d’outils indispensables avant d’intégrer le système scolaire.

Cinq années à jouer, tout simplement.

À s’habituer à vivre en petits groupes, avant d’intégrer les grands. À profiter des gentilles fées qui vont respecter son rythme de vie et sa routine pas encore réglée au quart de tour.

À ce jour, il s’agit probablement encore des cinq plus belles années de sa vie.

C’est d’ailleurs ce que je répète toujours à mes cocos, justement âgés de 3 ou 4 ans. De profiter de leur passage à la garderie. Même s’ils ont hâte de grandir et de grimper dans l’autobus qui les attire tant.

Intégrer les enfants à la maternelle à 4 ans, ça ne fait pas de sens pour moi, François.

Les écoles roulent déjà au maximum de leur capacité. Dans des locaux parfois abîmés ou pas encore terminés, dans des écoles où les murs s’effritent ou dont la peinture n’est pas encore sèche. Tu veux que les élèves se rassemblent sous un arbre quand le temps le permet pour qu’on leur enseigne les matières?

Les étudiants en enseignement désertent de plus en plus les bancs de l’université, le mot se passant que les professeurs remettent en question leur vocation de plus en plus tôt dans leur carrière. Tu veux que la profession soit associée à un milieu où il est difficile de s’épanouir?

Dans les écoles, les spécialistes croulent déjà sous les dossiers d’enfants aux prises avec des besoins particuliers. Ils jonglent avec des cas lourds, des cas qui nécessitent bien plus qu’un simple plan bien rédigé rangé dans un cartable de couleur. Tu veux que les congés de maladie se multiplient et que nos hôpitaux, aussi pleins à craquer, continuent de s’engorger?

Tu veux que les éducatrices se sentent encore plus dévalorisées qu’elles ne le sont au moment où j’écris ces lignes? Déjà que ton gouvernement ne nous place pas dans sa liste de priorités côté subventions salariales, si tu dois nous enlever notre fierté d’être plus que de simples techniciennes de garde, c’est rien pour aider notre cause. Qui aura le goût de venir travailler à nos côtés dans les prochaines années?

Je pense que tu ne réalises pas, François, tout ce que ça implique.

J’espère juste que tu es conscient de ce que tu fais. Parce que moi, et probablement une grande partie des personnes impliquées, on n’est pas ben chaudes à l’idée.

J’ai lu qu’au cours de ta campagne électorale, tu avais affirmé que « tu démissionnerais si tu n’étais pas en mesure de mettre des maternelles à 4 ans, partout au Québec ».

T’es pas obligé de tenir ta parole sur celle-là.

On a l’habitude des politiciens qui tiennent pas leurs promesses.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

L’équipe te parle de sa routine matinale

L'équipe te parle de sa routine matinale

On doit tous se lever le matin, c’est malheureusement une réalité qui revient chaque jour. Qu’une personne soit matinale ou non, on a pas mal tous une petite routine ou des habitudes acquises au fil du temps. Une partie de l’équipe de Folie Urbaine a eu envie de te partager le déroulement de son début de journée et te donner la chance d’en apprendre plus sur les petits matins de chacun.

« Il n’y a rien que je déteste plus que la routine, mais c’est impossible de s’y soustraire alors je me lève à 6 h 30 et je m’habille. Je réveille ma fille, ensuite je vide mon lave-vaisselle et si j’ai du lavage, je plie mes vêtements. Ensuite, je regarde les nouvelles, les enfants de la garderie arrivent et la journée commence. Mes matins ressemblent pas mal à ça sauf le samedi lorsque je n’ai rien à l’horaire, je dors jusqu’à 10 h et c’est mon matin préféré de la semaine ! » – Mélanie D, auteure

« En fait, j’aimerais en avoir une ! J’aimerais me lever tôt, me réveiller tranquillement en scrollant mes réseaux sociaux, me faire un bon café chaud et prendre une bonne douche, me nettoyer et crémer mon visage en profondeur. Par la suite, prendre le temps de choisir mes vêtements, me coiffer et me maquiller quand ça me tente. Finir mon café en préparant mon sac et en donnant des gros câlins à mon chat. Puis, partir au travail, un peu d’avance, question de ne pas être stressée. La réalité : je snooze environ huit fois. Je me lève, m’habille en vitesse avec ce que je trouve, arrange mes cheveux le mieux que je peux, me brosse les dents, ramasse mon sac en oubliant mon lunch dans le frigo et je pars à la course ! J’ai juste 31 ans, peut-être qu’un jour je trouverai le moyen d’avoir une meilleure routine matinale… à suivre ! » — Karine, fondatrice

« Moi, j’en ai deux puisque j’ai ma fille une semaine sur deux. Celle avec ma fille : on se lève à 6 h 15, je lui fais son déjeuner, je sors le chien et je vais me préparer dans la salle de bain pour le boulot. Dans ces 30 minutes, je me lave le visage, je m’habille, je me maquille et je fais mes cheveux. Lorsque je suis prête, je vais rejoindre ma fille à la table, je déjeune et je la prépare pour l’école. On fait ensuite nos lunchs, on se brosse les dents et on part vers 7 h 30. La semaine sans ma fille : je me lève à 5 h 15, je déjeune et je vais au gym pour 6 h où je me prépare (douche, maquillage et cheveux, habillement aussi) pour ensuite aller au boulot vers 7 h 45. » – Julie, auteure

« Je snooze collée avec mon chien. Puis on se lève et on fait une très petite marche à l’extérieur. Café en regardant les nouvelles, les courriels et Twitch ou une série télé légère. Je m’habille, m’arrange un peu et hop au travail. » – Catherine Dupont-Gagnon, auteure

« Ma routine ? À 5 h, mon réveil sonne. 5 h 15 je me lève et m’habille. 5 h 25 je suis déjà en route pour le travail. Mon déjeuner attendra plus tard ! »Fred, auteur

« Je me lève à 6 h 30, grâce au cadran, parfois grâce à mes filles qui se réveillent autour de cette heure-là. On descend à la cuisine, je leur prépare un petit déjeuner, je prépare les lunchs, elles mangent, je bois du café, on s’habille. Après avoir brossé les dents/cheveux, on s’habille pour aller dehors, on marche jusqu’au coin de la rue, elles prennent le bus, je redescends la rue jusque chez moi, j’attrape mon lunch et un petit quelque chose à manger et je pars travailler. Voilà ! À noter que mon chum est déjà parti au travail quand je me lève. Il me prépare le café tous les jours. » – Catherine Duguay, réviseure et auteure

« Je suis une lève tôt (même la fin de semaine… va te coucher, maudite folle !), donc je me lève la semaine entre 5 h et 5 h 30, je me fais un bon café, je sors dehors prendre une bonne bouffée d’air frais en même temps qu’une ou deux cigarettes (shame on me) tout en regardant les réseaux sociaux ou en jouant à un de ces jeux de bonbons explosifs auxquels je suis rendue pas mal bonne et ensuite, je vais prendre ma douche, car sans elle ma journée serait un désastre ! J’me fais un 2e café, parfois je déjeune, j’écoute les nouvelles à la télé et hop, ensuite la journée de travail commence ! J’aime me lever tôt, j’aime avoir le temps de prendre mon temps et en me levant aussi tôt le matin, il m’est possible de le faire ! » – Phoenix, auteure

« Au réveil, 10-15 minutes sur mon iPad. En semaine, depuis janvier, 30 minutes d’entraînement, avec des séances variées tous les jours. Ensuite, douche, déjeuner, maquillage léger, habillement, puis hop, au boulot pour 8 h 30. » – Sophia, réviseure

« J’ai une routine pas routinière. Le matin avant 6 h 30/7 h (selon la nuit que j’ai eue), j’allaite mon plus jeune ou je dors d’un œil avant d’aller le porter à son papa. Ensuite, je peux dormir minimum 30 minutes consécutives sans me faire déranger ! C’est mon moment préféré du matin ! Ensuite, ma fille vient me réveiller. Le reste dépend des jours : cellulaire en me réveillant, je m’habille ou pas, je plie du linge, une douche, etc. La seule chose qui ne change pas dans ma routine, c’est que mes déjeuners ont l’air beaucoup trop bons parce que chaque matin, je dois les partager avec mes deux enfants. » – Catherine Héroux, auteure

« Je suis une fille du matin ! Je suis tellement productive avant midi que même la fin de semaine je me lève rarement après 7 h 30. En semaine, c’est toute la famille qui se réveille entre 5 h 45 et 6 h. Je regarde vite mon cellulaire, question de savoir ce que j’ai manqué dans le monde virtuel pendant mon sommeil, et après 5 minutes, je me lève pour aller aux toilettes m’asperger le visage d’eau froide. Ça finit de me réveiller instantanément. Ensuite, crème de jour, et un peu de fond de teint avant d’aller réveiller mon fils et lui préparer son lunch. Pendant qu’il déjeune, je termine mon maquillage, mes cheveux et je m’habille avec les vêtements choisis la veille. À 6 h 40, nous quittons la maison, environ 10 minutes après mon chum et je laisse mon fils à son arrêt d’autobus pour ensuite filer au travail puisque je commence à 7 h. Notre routine est réglée au quart de tour et ça m’insécurise toujours un peu quand je dois en déroger. » – Jennifer, fondatrice.

Et toi, quelle est ta routine du matin ?

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : me réapproprier mon corps

Me réapprorier mon corps

Pour lire les précédentes chroniques, c’est ICI.

Il y a 9 ans, j’ai effectué un virage dans mon alimentation et mon régime de vie. Je me suis mise à l’exercice intense, je suis devenue instructrice de Zumba, j’ai perdu environ 30 livres. Je suis devenue un peu obsédée par la mise en forme et la nutrition. Je calculais mes portions, j’avais coupé presque toutes les sucreries et j’allais au gym 4 à 5 fois par semaine.

Est-ce que j’étais fière de moi ? Bien sûr. J’ai vraiment travaillé fort et fait des sacrifices pour atteindre mon objectif.

J’ai maintenu ce rythme pendant près de 5 ans, sans jamais fléchir ou presque.

Il y a 4 ans, j’ai commencé à écrire.

C’est devenu une drogue plus puissante que l’entraînement. Et c’est un peu moins forçant aussi, on va se le dire.

Ma passion s’est développée encore plus lorsque j’ai fondé Folie Urbaine. J’ai tranquillement commencé à espacer les entraînements pour faire plus de places aux événements et aux articles où je pouvais m’exprimer librement avec des mots.

Depuis un an, je n’ai conservé qu’un cours de Zumba par semaine et la marche et le vélo à l’occasion.

J’ai laissé mon corps reprendre du poids, plus que la moitié de ce que j’avais chèrement perdu. J’ai délaissé les exercices du corps, pour faire des exercices avec mon esprit.

J’ai perdu ma motivation de bien manger et de bouger tous les jours quelque part entre un 5 à 7 avec bouchées à volonté et un article sur les choses que j’aime faire l’été.

Quand je suis tombée sur la glace et que ma cheville s’est fracturée, ce fut le coup de grâce.

Condamnée à l’inactivité pour plusieurs semaines, après un mois où j’ai dû faire face à la douleur, aux médicaments et à un appétit en dent de scie, j’ai commencé à manger mes émotions pour passer le temps.

J’ai pu recommencer à m’entraîner après 11 semaines de repos, mais le mal était fait. Je n’ai pas repris les 30 livres que j’ai perdus il y a 9 ans, mais je suis loin d’être bien dans ma peau. J’ai perdu mes muscles, mon ventre est plus mou, mes fesses également, et mes capacités cardiovasculaires ont sacré le camp.

Je suis triste de constater que mes efforts ont été anéantis par plusieurs facteurs et le pire, c’est que je ne peux blâmer personne d’autre que moi. Je peux bien me voiler la face en me disant que la plaque de glace est responsable de mes malheurs, mais ce serait déloyal de tout lui mettre sur le dos.

Le processus de laisser-aller date de beaucoup plus longtemps avant ma chute. Celle-ci n’a été que le clou dans le cercueil. C’est la mort dans l’âme que je dois me rendre à l’évidence.

Je dois recommencer à zéro.

9 ans plus tard, avec un métabolisme plus lent à 36 ans qu’à 27.

Je ne veux pas nécessairement redevenir intense comme je l’étais à l’époque. Je veux continuer à me promener d’un événement à l’autre, et surtout écrire.

Mais je veux trouver l’équilibre.

Retrouver mon énergie et surtout mon dynamisme d’avant. Faire en sorte de me réapproprier mon corps afin de devenir celle que je veux vraiment être.

Pas celle qui compte ses calories, mais celle qui sait quand arrêter de piger dans les plats pour combler un besoin affectif.

Pas celle qui se défonce 4 ou 5 jours semaine en espérant porter une taille 6, mais celle qui bouge pour le bien-être que cela procure et être heureuse de porter du 7-8 et même du 9. Et qui comprends que les standards n’existent que dans sa tête.

Je veux seulement être à la hauteur de mes ambitions. Être bien dans mon corps, dans ma tête, dans mon cœur et dans ma vie en général.

Et profiter de cette chute pour recommencer à zéro.

Parce que je me dis que si je l’ai fait une fois, je peux très bien le refaire.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Mon bébé, les souvenirs commencent à s’estomper

Mon bébé, les souvenirs s'estompent

Devenir ta maman, c’est la plus belle chose que j’ai accomplie.

C’est vrai que c’est de l’amour inconditionnel.

Les sentiments qu’on ressent envers un être humain qui a besoin de nous, il n’y a rien qui se compare à ça.

J’essaie de créer des traditions, des moments privilégiés, je savoure l’instant présent en me disant que ça passe vite, on emmagasine les souvenirs, je remplie des albums photos, je pose un regard différent sur la vie, on fait le plein de câlins, je m’émerveille de tes progrès et de ta personnalité.

Je suis la plus chanceuse du monde d’avoir un enfant en santé, qui me rend fière tous les jours et me donne une raison d’exister.

Je tente d’apprécier au maximum le lien qui nous unit, mais je dois t’avouer quelque chose…

Mon bébé, les souvenirs commencent à s’estomper.

Heureusement, les meilleurs semblent gravés dans mon cœur et là pour y rester. Mais comment savoir s’ils y resteront pour le restant de ma vie?

Déjà, je ne me rappelle plus combien d’onces tu pouvais boire quand tu étais dans une poussée de croissance, de l’odeur de ta peau lors de ta naissance et de la plupart des jouets que tu possédais. Je ne me rappelle plus combien c’était minuscule un bébé de 4 livres et 15 onces, puisque tu es arrivé 6 semaines avant la date prévue.

J’ai bien un vague souvenir de ton pyjama qui embaumait un mélange de l’odeur de ta peau, de savon et d’eau de parfum pour bébé. Ce sera mon odeur préférée pour le reste de ma vie, même si je ne pourrai plus jamais la sentir.

Je me souviens de tes éclats de rire, de tes petits pieds qui s’agitaient dans ton pyjama, des milliers de bisous dont je pouvais recouvrir tes joues rondes à croquer. Pour moi, les 4 livres et 15 onces de chair de ta naissance se sont vites estompées pour faire place au souvenir d’un beau bébé potelé avec plein de plis dans les cuisses et les bras.  Mais ces souvenirs s’estompent pour faire place à d’autres plus récents, comme ton bal de finissants de 6ème année, ton entrée au secondaire ou encore la première fois que tu m’as répondu avec impolitesse.

Mon cerveau est composé de milliers de cases où j’entrepose les souvenirs et les moments magiques. Je tente de les classer précieusement dans ces petites cases, de manière à pouvoir les ressortir à tout moment. Mais c’est difficile de les faire toutes cohabiter, parce que plus le temps passe, moins j’ai de place pour toutes les garder intactes. Moins de temps aussi pour leur donner l’attention qu’elles méritent et faire en sorte qu’elles restent bien présentes dans mon esprit.

J’ai parfois oublié d’en profiter, la fatigue m’aveuglait, l’inquiétude serrait mon cœur quand tu étais malade, j’avais parfois l’impression que le temps m’échappait. C’est malheureusement trop tard qu’on le réalise. J’ai voulu être présente, mais je sais que j’aurais pu faire plus. J’aurais sûrement pu faire moins aussi, alors je me pardonne un peu quand même.

Mais j’oublie mon bébé, j’oublie des choses tous les jours.

Ce qu’on a fait pour ton 4ème anniversaire, le 6ème, le 7ème aussi… j’ai le souvenir de ta joie de recevoir des cadeaux et de manger du gâteau, entouré d’amis et de membres de nos familles, mais ne me demande pas exactement ce qu’on a fait, je ne m’en rappelle plus.

J’ai oublié certains temps des Fêtes aussi, même si je me rappelle que tu as cessé de croire au Père Noël à l’âge de 9 ans et le plaisir que j’ai eu à faire faire des mauvais coups à ton lutin. J’ai souvenir de certains cadeaux, mais pas tous. Je n’ai retenu que l’amour qui nous unit et nous rend toujours un peu émotifs à chaque 25 décembre.

Heureusement que ma mémoire ne fait pas défaut pour me rappeler nos voyages, nos moments importants, nos vacances, les grands bouleversements qu’on a pu vivre ou les émotions que j’ai pu ressentir avec toi à mes côtés.

J’aimerais dont ça que les petites cases dans ma tête restent bien alignées les unes à côté des autres et qu’elles ne se mélangent pas trop au fil du temps.

Une chose est certaine mon bébé, jamais je ne vais oublier combien je t’aime.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Chocolats Favoris, on t’aime d’amour!

Chocolats Favoris on t'aime d'amour

On va se le dire, pas besoin que ce soit la Saint-Valentin ou Pâques pour manger du chocolat. D’autant plus que celui signé Chocolats Favoris est bon 365 jours par année. Avec la variété offerte, tout le monde y trouve son compte, même une fille comme moi qui ne raffole pas du chocolat à la base.

Mais, j’ai donné mon cœur à Chocolats Favoris il y a 4 ans et il me le rend bien depuis.

C’est donc avec bonheur que nous nous sommes rendues à la succursale située dans le quartier des spectacles, pour goûter aux nouveautés offertes pour la Saint-Valentin et confirmer mon amour à tous leurs produits.

Lorsque Karine, Ariane et moi sommes arrivées, la table était déjà mise pour nous faire redécouvrir, une fois de plus, à quel point les fruits sont bien meilleurs lorsque nappés de chocolat au lait ou de chocolat noir.

Chocolats Favoris on t'aime d'amour

C’est en jasant avec le toujours très sympathique Gino Chouinard, que nous avons fait notre choix parmi la sélection de desserts chauds offerts. Les nouveaux cœurs fondants sont définitivement à essayer, puisque ceux-ci sont offerts depuis peu et l’on peut les déguster à la saveur de son choix. Composé d’un brownie chocolaté avec fondant au milieu, c’est un must pour tout amateur de douceurs sucrées.

Chocolats Favoris on t'aime d'amour
Crédit photo Élodie Cloutier

Si nous avons opté pour la version éclatée caramel fleur de sel, nous aurions tout aussi bien pu craquer pour les autres tellement elles semblent toutes décadentes.

Chocolats Favoris on t'aime d'amour

Rouge Velours effectuant son retour en même temps que le mois de l’amour, c’est cette saveur que nous avons sélectionnée pour déguster notre poutine. Composé de frites desserts de style churros, de mini guimauves et de crème glacée molle enrobée de chocolat coloré d’un beau rouge foncé, ce classique québécois est tout simplement délicieux et parfait pour être partagé à deux.

Chocolats Favoris on t'aime d'amour

Plusieurs choix s’offrent également du côté des gâteries à offrir à la personne de son choix. Que ce soit pour célébrer l’amour, l’amitié ou tout simplement pour faire plaisir à quelqu’un, une grande sélection de chocolats en forme de cœur est offerte et ceux de couleur rose à saveur de Cheesecake aux fraises sont totalement de circonstance.

Chocolats Favoris on t'aime d'amour

On retrouve aussi, parmi les nombreux produits offerts, des assortiments de chocolats fins, des coffrets contenant des fondues éclatées et même des biscuits de fortune qui contiennent tous un mot personnalisé rédigé par l’équipe. De quoi réjouir n’importe quel amateur de chocolat !

Chocolats Favoris on t'aime d'amour
Chocolats Favoris on t'aime d'amour

Chocolats Favoris est décidément un incontournable pour les becs sucrés et c’est avec plaisir qu’on apprend que de nouvelles saveurs seront bientôt offertes et que la compagnie n’a pas fini de nous étonner.

C’est le ventre rempli d’amour et de chocolat que nous avons terminé notre visite et c’est résolument une longue histoire d’amour qui se poursuit pour nous avec Chocolat Favoris.

Dépêchez-vous de vous rendre dans une des nombreuses succursales pour y trouver le bonheur en bouche.

Pour trouver la succursale la plus près, c’est ICI.

Merci à Chocolats Favoris pour l’invitation média.

Crédit photos : Ariane Martineau

Crédit photo couverture : Jennifer Martin

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Dans la sacoche…des fondatrices

Dans la sacoche...des fondatrices

On vous propose une nouvelle thématique d’articles mensuels pour l’année 2019. Chaque mois, les fondatrices vous invitent à en découvrir un peu plus sur elles et vous donneront accès à certains aspects de leur vie.

C’est avec bonheur qu’elles partagent avec vous, pour le plaisir, le contenu de leur sac à main.

Je n’ai jamais été le genre de fille qui traîne 1001 choses dans sa sacoche, je dirais même que je suis loin d’être celle qui a toujours tout sous la main. Je ne traîne pas de Kleenex, de Tylenol ou de trucs du genre. Si, pendant un certain temps, j’avais de grands sacs à mains que je portais sur l’épaule, maintenant je privilégie les petits sacs qu’on peut porter en bandoulière afin d’avoir les mains libres. Je ne possède que très peu de sacoches et je choisis presque toujours les teintes neutres. Bref, je ne considère pas le sac à main comme un accessoire mode, mais plutôt comme un objet pratique qui me permet de transporter mes essentiels. Dans celui-ci, on retrouve principalement mon porte-feuilles, mes clés, mon cellulaire, mon iPod, un ou deux baumes à lèvres (il m’en faut en tout temps à portée de main) et un trop grand nombre de rouges à lèvres. J’ai aussi une lime pour les ongles, de la crème pour les mains, un fil pour recharger mon téléphone, un paquet de gomme et, parfois, quelques coupons-rabais ou factures qui traînent. C’est impossible pour moi de ne pas traîner ma sacoche partout où je vais, à part à l’époque où je sortais dans les bars et que je rangeais ma clé de voiture et mon argent dans le décolleté de ma camisole! Ah le bon vieux temps! – Jennifer


Dans la sacoche des fondatrices

J’ai plusieurs sacoches. Mais, je n’aime pas ça en traîner une. Je sais, c’est bizzare quand même! Je suis plus du genre à tout mettre dans mes poches ou demander à mes amies de mettre quelques trucs dans leur sac à elles. À la base, j’ai toujours mes clés, mon cellulaire, un baume à lèvre et de l’argent ou ma carte de débit. Parce que oui, j’ai un porte-feuilles, mais je ne le traîne jamais. C’est d’ailleurs une des raisons qui fait en sorte que je doive aller à la banque refaire une carte de débit assez souvent, puisque je la perds régulièrement! Bref. Il m’arrive tout de même d’opter pour une sacoche et la remplir, tsé tant qu’à l’avoir! Sinon, j’ai toujours mon sac à dos pour me rendre au travail. Alors c’est ce que je vais vous décrire. Donc, ce que j’ai toujours avec moi, c’est : idéalement, mon porte-feuilles (quand j’y pense), mon cellulaire, mes clés, mon agenda, un petit carnet de note, un crayon, un baume pour les lèvres, des écouteurs, un roman, un élastique à cheveux, de la crème pour les mains, des lunettes de soleil, des Tylenol, ma tasse de café (quand j’y pense), une barre-tendre (souvent écrasée). Mais c’est sûr que lorsque je pars faire mon épicerie, j’ai mon cellulaire, mes clés et ma carte de débit dans ma poche de jeans arrière, je n’ai pas besoin de plus! – Karine

J’ai 1000 et un sac à main. J’aime en avoir un pour presque toutes les occasions, pour mes différents looks. Pour faciliter le transfert d’un sac à l’autre, j’utilise des pochettes pour classer mes effets personnels. En plus de l’essentiel, mon porte-monnaie et mes clées, j’ai de multiples objets utiles comme une lime à ongles, des médicaments pour les maux de tête, des lingettes sèches qui expand avec de l’eau, des papiers mouchoirs, mon petit pot de crème Belif que j’adore, des menthes, mes écouteurs Sony avec noise cancelling, mon baume à lèvres Yves-Saint-Laurent, mes Pixel Buds pour dépanner, ainsi que beaucoup trop de rouges à lèvres. Dernièrement, je sors avec un petit sac à dos jaune moutard et il contient surprennement beaucoup! En plus, ça libère tes mains et j’ai moins mal au dos en ayant un sac balancé sur mes deux épaules. Yes! J’ai 30 ans, mais je retourne en arrière avec des accessoires du genre. -Ariane


Dans la sacoche...des fondatrices

Et toi, que contient ton sac à main?

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Révision par Ariane Martineau

Et si je partais comme dans 3 filles et un sac à dos ?

3 filles en sac à dos

Si l’année 2018 a été riche en littérature féminine, 2019 semble également bien partie pour faire plaisir à ce lectorat. Déjà conquise par la plume de Nadia Lakhdari King et celle de Mélanie Leblanc, dont j’ai lu tous les livres, ce n’était qu’une formalité de tomber sous le charme de la plume de Marie-Julie Gagnon qui signe la troisième histoire de ce collectif paru chez les éditions Goélette.

Comme je me suis lancé le défi de lire un minimum de 100 livres cette année, je suis heureuse que celui-ci soit mon premier. C’est donc avec bonheur que je me suis plongée dans 3 filles en sac à dos qui promettait de me faire voyager et d’oublier la température glaciale de ce mois de février qui n’en finit plus.

D’abord, sache qu’en achetant ce livre, non seulement tu encourages trois auteures d’ici, mais aussi une bonne cause puisque pour chaque exemplaire vendu, 1 $ sera remis à la Fondation du cancer du sein du Québec. Voilà une occasion en or de garnir ta bibliothèque d’un bon roman et de contribuer de manière positive à la cause.

Voici d’abord un résumé des trois histoires.

Je ne sais pas comment tu fais • Nadia Lakhdari King

Professionnelle ambitieuse, maman et épouse attentionnée, Esther est une véritable superwoman… au bout du rouleau ! Quand sa grande amie Jeanne lui propose que leurs familles se rejoignent à l’autre bout du monde, elle accepte sans hésiter. Mais Esther se rend vite compte que si l’herbe semble parfois plus verte chez le voisin, la réalité est souvent tout autre. Et si le bonheur, c’était d’avoir la vie qui nous ressemble ?

Comme tout le monde • Marie-Julie Gagnon

Maude-Emmanuelle, vingt-sept ans, s’apprête à réaliser l’un de ses plus grands rêves : devenir propriétaire d’une maison de banlieue avec Charles-Étienne, son amoureux des sept dernières années. Elle a tout prévu… sauf se faire larguer le jour de leur rendez-vous à la banque, parce qu’elle est trop prévisible. Piquée au vif, elle part en Thaïlande pour prouver à Charles-Étienne et à la planète entière qu’elle peut, elle aussi, être wild comme tout le monde.

On est où ? • Mélanie Leblanc

Floralie est une influenceuse. Grâce à ses réseaux sociaux et à ses nombreux fans aussi inconnus que cosmopolites, elle profite d’articles promotionnels, parcourt la planète et est invitée aux soirées les plus glam. La vie rêvée, quoi ! Pourtant, une seule question posée lors d’un séjour inoubliable au Mexique bouscule ses certitudes : « Tu vas faire quoi quand tu vas être grande ? » Incapable de répondre, Floralie s’embarque alors pour le voyage le plus inspirant, cocasse et enrichissant de sa vie.

L’histoire de Nadia est touchante et c’est à son personnage principal que je me suis le plus identifiée dans le livre. Comme toujours, l’auteure réussit à me faire plonger rapidement dans son univers et surtout à me captiver de la première à la dernière page.

Pour ce qui est du récit de Mélanie, j’ai eu les meilleurs fous rires pendant la lecture de certains passages et je dois dire que sa plume est vraiment divertissante. Et que dire de Floralie, l’influenceuse dépeinte dans l’histoire ? Je pourrais facilement m’identifier à quelques traits de sa personnalité.

À mon étonnement, c’est l’histoire de Marie-Julie qui a trouvé le plus grand écho en moi, alors qu’elle était la seule auteure dont je ne connaissais pas le style. J’ai adoré le périple vécu par son personnage, les rebondissements que je n’ai pas vus venir et surtout sa façon de raconter les choses. Une belle découverte littéraire et j’ai l’intention de suivre son travail attentivement.

Bref, l’année commence en force côté lecture et c’est avec empressement que je te conseille de te procurer ce roman qui donne envie de faire ses valises et de partir à l’aventure… au moins le temps de quelques pages !

Merci aux éditions Goélette et à Catch Communications pour la copie de presse.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

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Plonge avec moi : un roman lumineux et porteur d’espoir

Plonge avec moi

En 2018, j’ai lu beaucoup de livres de « chicklit ». Je ne le cache pas, c’est mon genre littéraire préféré. En 2019, j’ai décidé de sortir un peu de ma zone de confort et d’essayer de varier mes lectures. C’est pourquoi j’étais heureuse de recevoir des éditions Goélette (que j’adore) le roman Plonge avec moi de Claire Cooke.

Premièrement, je ne connaissais pas cette auteure québécoise, ce fut donc l’occasion parfaite de la découvrir. On ne se le cachera pas, ce ne sont pas les talents qui manquent au Québec côté littérature.

Deuxièmement, la description du livre laissait présager un style différent duquel je suis habituée et ce n’était pas pour me déplaire. J’ai donc décidé d’en faire ma lecture du moment.

C’est par ces mots que je me suis laissé tenter :

Je m’appelle Soleine.

L’été de mes quinze ans, le 16 août 1998, j’ai pris une décision. Trop pressée. Trop instinctive. Une décision qui a complètement bouleversé mon existence.

Je devrais sans doute la regretter, mais lorsque j’y pense, je me rends compte que ça permit à une autre vie de faire sa place. La mienne.

Intrigant, non ?

Je me suis donc plongée (je n’ai pas de mérite pour ce jeu de mots, c’était trop facile) dans Plonge avec moi sans vraiment savoir à quoi m’attendre, mais tout de même très curieuse d’en apprendre plus.

Récit véridique écrit au « Je », l’histoire raconte la chute de Soleine dans la piscine d’une amie, lors d’un party auquel elle assiste sans en avoir averti ses parents. Elle se brise la nuque et se retrouve partiellement paralysée. S’ensuit alors un combat des plus inspirant pour retrouver son autonomie, sa dignité et se construire une vie différente de celle qu’elle s’était imaginée, mais qui saura faire d’elle une femme heureuse malgré les nombreuses embûches.

C’est sa tante Claire, l’auteure du roman, qui raconte l’histoire du point de vue de Soleine. Celle-ci a d’ailleurs participé à chaque étape d’écriture de ce livre tout simplement captivant. On est aussi témoins au fil des pages de leur grande complicité.

Ce que j’ai aimé du livre, c’est l’impression de vivre toutes les étapes de sa chute, de ses nombreux séjours à l’hôpital, des mois où elle doit se battre pour sa vie et sa liberté et des progrès qu’elle fait, sans jamais trouver ça déprimant ou triste. J’ai souvent été happé par sa résilience et ses réflexions face à sa condition. J’ai même ri à certains passages, alors que son histoire est loin d’être drôle. C’est un grand talent de la part de l’auteure d’arriver à me faire sourire en lisant une histoire aussi tragique.

Et surtout, j’adore l’attitude de Soleine qui ne s’est jamais découragée face à sa situation. Elle a abattu les obstacles sur son chemin, un à un, et c’est grandement inspirant de lire qu’elle a su puiser la force dont elle avait besoin pour passer à travers cette épreuve.

Étant moi-même en convalescence depuis 2 mois à la suite d’une fracture de la cheville, j’ai eu envie d’effacer de mon esprit tous les moments de désespoir et de découragements que j’ai vécus dans les derniers jours puisqu’ils ne sont rien comparés à l’histoire de Soleine. Comme quoi la vie nous envoie parfois des signes et s’efforce toujours de remettre les choses en perspective.

Encore à ce jour, 20 ans après les événements, Soleine est convaincue qu’elle finira par remarcher un jour. J’espère de tout cœur qu’elle y arrivera avec les progrès de la science, et surtout, la joie de vivre et la détermination de cette heureuse maman de deux magnifiques filles issues de son mariage avec le beau Stéphane.

Bravo à Claire et Soleine qui signent ici un livre rempli d’espoir. Ce livre devrait être offert à toute personne ayant vécu quelque chose de similaire et qui a besoin de se sentir comprise. Mais surtout, à toute personne qui a envie de passer un bon moment et de se poser les bonnes questions après une lecture des plus inspirantes.

Merci aux éditions Goélette et à Catch Communications pour la copie de presse.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Mon amie, si seulement je pouvais comprendre comment t’es

Mon amie, si je seulement je pouvais comprendre

Ma belle amie, si tu savais comme je rush parfois à tes côtés.

Je t’apprécie, ta présence est essentielle à mon bonheur, ta personnalité se rapproche de la mienne à plusieurs niveaux et j’ai envie qu’on soit amies pour la vie. Autant j’ai du fun avec toi, autant je trouve ça dur parfois de comprendre tes réactions et tes émotions.

Comprendre ce qui se passe dans ta tête, qui fonctionne si différemment de la mienne un peu trop souvent pour que je sache comment dealer avec. Comprendre comment je peux être une bonne amie et ne pas te blesser. Comprendre comment je peux accepter que tu ne réagiras pas comme moi je le ferais.

J’aimerais ça arrêter de m’en faire chaque fois que je dis quelque chose de peur que tu puisses mal l’interpréter. Au début de notre amitié, je disais les choses comme elles venaient sans me soucier de leur effet. Nous n’avions pas de passé ensemble alors je ne me préoccupais pas de ce que ça pouvait te faire; ça sortait et ça passait. Pas de gants blancs, pas l’impression de marcher sur des œufs, pas de contraintes à savoir si tu allais être fâchée ou déçue de moi.

À ce moment-là, tu n’avais pas encore traversé et vaincu les tempêtes qui sont passées dans ta vie. Je ne savais pas que ton diagnostic et toutes les étapes de ta guérison allaient être aussi chaotiques qu’enrichissantes pour notre amitié. Je ne savais pas que je réagirais aussi intensément à ton processus de bien-être et que je devrais moi aussi composer avec une partie de toi que je tente encore de comprendre aujourd’hui.

Parfois, je te sens extrêmement fragile et ça me rends ben tout croche. J’essaie de ne pas m’inquiéter parce que c’est ce que tu me dis de faire, mais c’est souvent plus fort que moi. J’aurais le goût de te serrer dans mes bras et/ou te brasser pour que tu te ressaisisses et cesses de mal feeler. Je crois toujours trop naïvement que ce serait suffisant. Mais je sais que la plupart du temps, soit que je suis loin, soit que tu préfères me dire que tout va se replacer (je te connais, tu préfères ne pas m’inquiéter et t’arranger toute seule). Pis je me rappelle que tu as les outils pour affronter ça comme une grande, et que ça finit toujours par aller mieux.  On passe alors à autre chose… jusqu’à la prochaine fois.

Je sais que moi aussi j’ai mes périodes sombres, que t’es là pour me prêter ton parapluie en cas d’orage au risque de te mouiller toi aussi. Que parfois, c’est moi qui suis lourde avec mon attitude négative et mes pensées noires. Heureusement qu’elles se produisent rarement en même temps que les tiennes parce que ça serait déprimant un peu notre affaire.

Mais je sais que certaines choses n’ont tout simplement pas d’explications concrètes, l’important c’est d’être capable de vivre avec les bons et moins bons côtés d’une personne, sachant combien ça vaut la peine de l’avoir dans sa vie pour 1001 autres raisons. C’est parce que je t’aime mon amie que je tente de t’accepter telle que tu es et d’arriver à faire la paix avec mon incompréhension face à tes réactions. Celles-ci sont propres à toi et c’est ben correct comme ça. Il ne faut juste pas que tu m’en veuilles de m’y perdre en conjectures parfois. Comme tu peux, à l’occasion, hurler en silence face à mes réactions de marde qui parfois, ne t’aident pas pantoute. Je sais que tu ne me le dis pas quand ça arrive, mais je sais que t’essaies aussi de m’accepter telle que je suis.

Pis c’est ça la beauté de notre amitié. On rage parfois chacune de notre bord, mais on se prête des parapluies, on marche en silence en attendant que ça passe, pis on sourit en se disant qu’on a survécu à une autre tempête.

Photo de signature pour Jennifer Martin.
Sophia réviseure signature

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : retrouver la liberté une étape à la fois

Retrouver la liberté

Pour lire les précédentes chroniques, c’est ICI.

Après un accident où le corps est soumis à plusieurs épreuves qui le ralentissent, chaque petite victoire est significative.

Lors de la chute qui m’a brisé la cheville, mon corps au complet a subi des dommages parce qu’il a dû compenser pour ma jambe qui était soudainement devenue inutilisable.

Au début, juste arriver à prendre ma douche était un défi particulièrement difficile à relever. J’avais besoin d’aide en tout temps pour ne pas tomber, et je ne devais laver ma jambe droite qu’avec une débarbouillette pour ne pas mouiller mon plâtre. Quel bonheur lorsque j’ai pu enlever celui-ci et tremper dans un bon bain chaud !

Lorsque j’ai commencé la physiothérapie, j’étais plus qu’impatiente et motivée à célébrer les prochaines victoires. Ce fut donc un grand moment de bonheur lorsque j’ai enfin pu dire adieu à mes béquilles et ma botte orthopédique pour recommencer à marcher.

Les pieds un peu croches, le poids réparti majoritairement sur le talon, la jambe raide comme une barre et la démarche digne d’une dame de 97 ans.

MAIS JE POUVAIS MARCHER !

C’est tout ce qui comptait pour moi à ce moment-là.

Plus besoin de calculer mes déplacements pour éviter de me fatiguer inutilement, plus besoin de m’empêtrer dans mes béquilles ni de peser sur les boutons réservés aux personnes présentant un handicap pour ouvrir les portes. J’avançais à pas de tortue, mais j’avançais toute seule. On sous-estime tellement ce que ça représente d’avoir un corps en santé et fonctionnel.

Je retrouvais ma liberté après des jours interminables à être à la merci des autres.

J’ai pu retrouver le plaisir de conduire ma voiture le lendemain de mes premiers pas sans aide. J’avais le droit de faire de petites distances, tant que je restais prudente.  

Me retrouver à nouveau derrière le volant avec de la musique et le sourire pour aller à mon rendez-vous de physiothérapie le jour suivant fut tout simplement magique. C’est à peine à 7 minutes de la maison, mais le trajet a duré plus longtemps parce que je savourais le moment.

Lorsque j’ai fait ma première sortie « officielle » quelques jours plus tard, tu n’as jamais vu une fille aussi heureuse d’aller faire son épicerie toute seule. Ça m’a pris le double du temps habituel, j’attirais les regards parce que ma façon de marcher semblait bizarre, mais je m’en foutais.

J’étais libre.

Ok, j’exagère peut-être un peu. Je n’étais pas en prison depuis 2 mois ni dans le coma.

Mais j’appréciais ce que j’avais et mon regard brillait à l’idée de reprendre une vie normale. Habituellement, je déteste faire l’épicerie, mais ce jour-là, ça m’a semblé une activité des plus agréable et surtout, j’étais fière de mes progrès.

Ma convalescence est loin d’être terminée.

J’ai mis deux jours à me remettre de mes exercices et de mes sorties. Ma cheville devenait enflée le soir et le sac magique était mon meilleur ami. Par contre, j’étais loin d’éprouver la même douleur que les semaines précédentes.

Le vrai test sera de reprendre le travail et ma routine quotidienne complète.

Je sais cependant que je suis sur le bon chemin et que chaque victoire mérite d’être soulignée.

Dans un avenir rapproché, je pourrai enfin clore ce chapitre de ma vie.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.