Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : les premiers jours

chroniques d'une hyperactive

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Après l’opération, dont je ne garde qu’un vague souvenir, heureusement, j’ai vite compris que je n’allais pas pouvoir remarcher normalement de sitôt. La douleur est vite apparue après la disparition des derniers bienfaits de l’anesthésie.

Une douleur vive, pas agréable du tout.

Le genre de douleur où tu dois te parler en maudit pour ne pas hurler et te mettre en petite boule pour pleurer. Je faisais ma tough, encore une fois, sachant que j’étais loin d’être la patiente la plus éclopée de l’hôpital, mais j’avais hâte que les antidouleurs fassent effet et surtout, de retrouver le confort de ma maison pour y dormir pendant 12 heures d’affilée.

Aussitôt le congé signé, je mettais le pied hors de l’hôpital, chancelante, affaiblie par les émotions de la journée et mon jeûne des 24 dernières heures. Avec des nausées accompagnant mon retour à la réalité après un voyage dans les vapes, je me concentrais ben fort à ne pas vomir sur la banquette de la voiture.

Je prenais le chemin de la maison.

L’endroit où j’allais passer les 6 prochaines semaines minimum.

J’avais beau aimer ma maison, elle devenait la cage dorée où j’allais être enfermée contre mon gré pour les prochains jours.

Certains diront que j’exagère. Que c’est plaisant d’être au repos et que je devrais en profiter.

On me l’a beaucoup dit dans les heures qui ont suivi. Et d’autres sages paroles du même genre.

« Profites-en pour te reposer, Jen. »

« Tu vas pouvoir relaxer, prendre du temps pour toi. »

« Ça tombe bien, tu n’arrêtes jamais, la vie t’envoie peut-être un signe que t’en faisais trop. »

« Ce n’est pas la fin du monde, prends-le comme des vacances. »

« Au moins, tu es sur la CNESST, tu vas être payée pour rester chez toi et tu vas pouvoir prendre le temps de guérir. »

Toutes des phrases censées me réconforter.

Oui, on rêve tous de pouvoir prendre du temps pour soi, de marquer un temps d’arrêt pour se ressourcer et reprendre des forces.

Certes, c’est l’fun de ne pas avoir à s’inquiéter de ses factures et de ses paiements, sachant que mon salaire continuera à être déposé toutes les deux semaines. Si j’étais tombée chez moi, ça ferait beaucoup plus mal au portefeuille, surtout à 6 semaines de Noël.

J’ai acquiescé à tous ces sages conseils censés me réconforter.

Oui, ils sont véridiques.

Mais à ce moment-là, je ne voulais pas les entendre.

Je devais être inactive pour un minimum de 2 mois !

Est-ce que quelqu’un pouvait comprendre quelle catastrophe ça représentait pour moi ?

Tu parles d’une fille qui n’arrête jamais.

Qui a toujours 1001 projets, des événements, des sorties, des endroits à visiter, des choses à faire. D’une fille qui a toujours eu beaucoup d’indépendance et de liberté et qui n’aime pas dépendre des autres.

Tu lui demandes de mettre une grosse partie de sa vie sur pause et de l’accepter sans broncher et sans chialer sous prétexte que ce n’est pas la fin du monde ?

Les premiers jours, c’était encore plus difficile.

La douleur, la fatigue constante après le moindre effort. Le fait de dépendre de mon chum ou de mon fils pour me laver, pour me nourrir. Apprivoiser les béquilles, le poids du bandage sur mon pied. Le reste de mon corps qui croule sous la douleur de devoir supporter ma silhouette sur une seule jambe.

Les larmes qui vont et viennent, celles causées par la douleur, les autres causées par la colère que ce soit arrivé à moi.

Les effets secondaires des antidouleurs sur une fille qui n’a jamais pris de drogue, fumé de cigarette et qui ne boit ni alcool ni café. Un beau mélange de tremblements, de confusion, de maux de cœur. De la morphine dure pour une fille qui accepte difficilement de prendre des Tylenols quand la situation l’exige, c’est rough sur le corps et l’esprit.

Après trois jours, j’ai déjà commencé à agir bizarrement.

J’étais seule à la maison, j’étais en sueur juste après avoir trouvé l’énergie nécessaire pour me faire un smoothie pour déjeuner et réussi à laver mon comptoir.

Ces deux simples gestes avaient réussi à me vider de mon énergie. Je me suis assise, dans le silence de ma maison vide et j’ai fixé le mur devant moi pendant de longues minutes.

Je me suis mise à fixer les ustensiles dans le rack à vaisselle et j’ai pensé à Tom Hanks.

Oui, oui, Tom Hanks dans le film Seul au monde.

J’ai commencé à me dire que j’allais devenir amie avec mes fourchettes, que je leur donnerais des noms, que j’allais leur parler et commencer à leur imaginer des scénarios.

Ça y est, je suis folle.

La morphine ne contrôle pas juste la douleur, elle contrôle aussi le côté rationnel de mon cerveau.

J’ai chassé ces pensées aussi bizarres qu’inattendues de mon esprit et je suis retournée me reposer.

Dans les jours suivants, j’ai dû faire le deuil de mon agenda chargé des prochaines semaines. J’ai dû renoncer à ces petites cases remplies sur mon calendrier du mois de décembre, moi qui attendais ce moment avec impatience. C’est probablement ce qui m’a fait le plus mal dans le constat des effets à long terme de ma condition.

Moi qui adore lire et écrire, j’ai mis plus de 7 jours avant d’ouvrir un livre ou écrire quelques lignes. Les idées pour faire ces chroniques se bousculaient dans ma tête, mais j’étais incapable de les coucher sur papier. Je n’arrivais même pas à terminer la lecture d’un article de blogue alors la perspective de me plonger dans les nombreux romans que j’avais à lire ne m’enchantait pas non plus.

Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.

Mon esprit paranoïaque se disait même qu’il y aurait la Jennifer avant l’accident et la Jennifer après. Est-ce que c’est possible de ne plus être la même personne à la suite d’une chute, et ce, même si je ne me suis pas cogné la tête ?

Mon esprit partait dans toutes les directions.

T’sais le genre de chose que fait ton cerveau quand t’as le temps de trop penser justement ?

Ça promet pour les semaines à venir…

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Noël, qu’est-ce que ça veut dire aujourd’hui?

Mélanie parle de Noel

Quand j’étais petite, j’adorais cette période des Fêtes de Noël. Ma mère décorait toute la maison dès le début novembre, avec la musique, la bouffe des Fêtes, ma grand-mère et ses beignes si délicieux. Les marches le soir dans le domaine, quand il neige de gros flocons. J’ai la tête pleine de beaux souvenirs de ses Noël passés. Les tonnes de cadeaux pour les enfants, les jeux pour déballer les cadeaux (on travaillait fort), la musique et la danse jusqu’aux petites heures. C’était magique.

Puis j’ai grandi et soudain tout a changé pour moi .Cette période de l’année a perdu de sa magie, je ne sais pas pourquoi…. C’est étrange, je voyais beaucoup plus le côté commercial de la chose, où on doit toujours acheter plus de cadeaux, aller à plus de party. Puis un jour, j’ai eu mes enfants et les choses ont changé à nouveau. J’ai voulu recréer la magie de Noël pour eux, pour voir l’émerveillement dans leurs yeux.

Mon père a joué les Père Noël à plusieurs reprises pour mes enfants. Mon fils de trois ans s’est fait réveillé le soir vers 11h par le Père Noël qui lui a offert un cadeau. Et mon fils lui a dit : «maman a dit non». Il a finalement ouvert son cadeau, est venu me réveiller et ensemble, nous avons regardé le Père Noël s’en aller sous la neige dans la nuit. C’était vraiment magique, il en a parlé à tout le monde les jours suivants.

Chaque année au bureau de mon mari, il y avait un méga gros dépouillement d’arbre de Noël pour tous les enfants de la compagnie et mon père leur a offert de les dépanner pour être le Père Noël. Tout allait bien lorsque mon fils me dit : «C’est drôle maman, le Père Noël a les mêmes chaussures que papi!!!!»Oh my God! Je lui ai dit: «Chut!!! Ta soeur ne doit pas le remarquer!» J’imaginais le scénario où elle tire sur la barbe et surprise! Tous les enfants en pleurs.

Puis mes enfants aussi ont grandi. Le Père Noël a perdu sa magie, les cadeaux sont aussi transformés et ont augmenté de prix!!! Je ne savais plus quoi leur offrir. Ils me demandent surtout de l’argent pour acheter ce qui leur tente.Alors, on est rendu là, plus de cadeaux, plus d’excitation devant le sapin le 24 décembre au matin.

Aujourd’hui, je me dis : «Noël, c’est quoi maintenant?» Est-on vraiment obligés d’offrir quelque chose? N’est-ce pas plus important d’être ensemble avec les gens que l’on aime et partager de beaux moments à rire, s’amuser et créer de beaux souvenirs?

Cette année pourtant, j’aurais bien envie de passer une commande spéciale pour mon cadeau de Noël. Donc, voici ma demande pour toi cher Père Noël : Je souhaite que mes parents soient heureux dans leur nouvelle maison, que mon frère soit lui aussi heureux avec sa blonde,dans leur nouvelle maison, que ma soeur trouve la personne qui la rendra heureuse enfin, avec ses deux enfants. Je souhaite amour, bonheur et santé pour toute ma famille. Une belle année pour ma grande fille de 13 ans et une belle dernière année de secondaire à mon grand de 16 ans et enfin, une belle année pour mon mari d’amour qui partage ma vie depuis les vingt dernières années.

Je vous aime tous.

Folie Melanie logo auteur

Mon premier temps des Fêtes en solo

temps des fêtes en solo

On est présentement le 2 novembre, déjà. J’en reviens pas à quel point le temps passe vite depuis quelques temps. Je vois la magie des Fêtes opérer déjà. Le Starbuck a sorti ses boissons spéciales et on commence à voir les décorations s’installer peu à peu. Les magasins sortent leurs choses du temps des Fêtes et la parade du Père Noël est déjà sur toutes les lèvres des enfants. J’avoue, cette année j’ai un peu le moton. C’est la première fois que je suis seule. En fait, que j’habite seule. J’ai toujours vécu la frénésie du temps des Fêtes avec mes parents, mes colocs et mes conjoints. Là,  je m’apprête à vivre tout cela seule. Je suis une fan de Noël, j’ai des traditions depuis toujours : décorer mon sapin avec de la musique de Noël et un gros chocolat chaud, mettre des lumières sur mon perron, mettre des décorations partout dans la maison, faire des cadeaux, des biscuits de Noël, etc.

Plus les jours avancent, plus la boule dans mon ventre fait mal. J’ai envie de faire comme les 31 dernières années et penser à moi, profiter de ce moment de l’année que j’aime tant, même si je suis seule dans mon bel appartement dans lequel j’ai mis tant d’amour. Je crois que j’ai peur en fait. Peur de souffrir de solitude en regardant mon entourage préparer ce moment de l’année entouré. Ce n’est pas de l’envie ou de la jalousie, mais plus une adaptation que je ne pensais pas devoir faire.

Noël et mes petites habitudes ont toujours été importants pour moi. Encore plus les 3 derniers Noël que j’ai passés avec mon beau-fils. Je sais que c’est un gros morceau qui pèse lourd dans mon cœur de ne pas tout faire avec lui, ses petits yeux brillants de partager mon bonheur des Fêtes et apprendre un peu de moi. Je serai nostalgique c’est certain, mais nos souvenirs resteront et nous en créerons de nouveaux.

Je compte bien profiter de cette nouvelle vie en solo pour me créer de nouvelles traditions tout en conservant mon amour pour ce moment de l’année.Ce sera en silence, un matin d’un week-end aléatoire que je sortirai mon sapin de sa boîte et que je mettrai un peu d’amour pour le décorer, accompagné d’une grosse tasse de café avec du lait de poule et probablement un bon croissant. Je m’installerai par la suite confortablement sur mon divan et j’écouterai mon film de Noël préféré de tout les temps :Home Alone.

Première Moisson : une bûche signature pour l’Accueil Bonneau

Le 4 décembre dernier, Première Moisson nous a invités à son événement annuel des Fêtes. Cette année, la bûche signature se nomme L’audacieuse. Pour chaque bûche vendue, un montant de 20 $ sera remis à l’Accueil Bonneau qui est un organisme qui vient en aide aux personnes itinérantes, ainsi qu’aux gens à risque de le devenir. L’objectif de la boulangerie est de 20 000 $. C’est Josée Fiset, cofondatrice de Première Moisson, et le pâtissier Patrick Montreuil qui sont derrière la création de cette bûche. Celle-ci est décrite ainsi :

« Véritable prouesse de goût, ce dessert associe un biscuit Joconde et un dacquois aux pistaches, mariés à une onctueuse mousse au chocolat noir Manjari 64 % de Valrhona, fabriquée sans ajout de crème ni d’autres produits laitiers, et à un coulis de griottes. Le tout est rehaussé d’un glaçage à la griotte décoré de chocolat noir.».

Le format de la bûche a été pensé pour évoquer un canapé douillet, ce qui est un clin d’œil à une des missions de l’organisme qui offre des lits aux personnes itinérantes. La bûche est vendue au coût de 59,95 $ pour 12 à 15 personnes ou à 48,95 $ pour 8 à 10 personnes et même en format individuel pour 5,95 $. Lors de l’événement médiatique, nous avons eu la chance de mettre notre grain de sel à la vague de générosité que Première Moisson avait organisée pour l’Accueil Bonneau. Ce sont 300 sachets de biscuits que tous ensemble, nous avons emballés. Il y avait 3 stations : le remplissage de sachets de biscuits, la création des étiquettes avec de petits messages et l’attache du ruban avec les étiquettes. C’est remplis de fierté que nous avons tous terminé en applaudissant chaleureusement . C’était tellement le fun de voir tout le monde mettre la main à la pâte, s’encourager et travailler ensemble, pour la cause. Accompagné de vin chaud et de verres de bulles, l’énergie était vraiment positive. C’était vraiment beau de voir la générosité collective qui régnait sur place, le simple fait de donner au suivant, c’était immense comme sentiment. Première Moisson a vraiment le cœur sur la main et c’est contagieux.

 

On a souvent l’habitude, en tant que blogueuse, de recevoir plein de cadeaux lors de ce type d’événements, mais c’était vraiment beau de revenir à la source et prendre conscience que de petits gestes peuvent vraiment faire la différence dans la vie de beaucoup de gens qui sont dans le besoin.

Pourquoi 300 sacs de biscuits? Parce que Première Moisson, en plus de vouloir remettre 20 000 $ ou plus suite à la vente de la bûche signature, a décidé d’offrir 300 repas qui ont été servis le 5 décembre dernier à l’Accueil Bonneau. Un geste généreux et tellement réconfortant. De plus, dans l’invitation médias, on nous demandait d’apporter un jeans pour homme pour en faire don à l’organisme. En vue de l’hiver qui s’installe, ce petit geste change des vies. C’était vraiment une soirée sous le signe du partage.

Après le travail, nous avons mangé et discuté entre nous. Charcuterie, fromages, salades, pains variés, tout était délicieux. D’ailleurs, nous avons pu déguster le carré brioché aux fruits et amandes, délicieux! Celui-ci est fait d’une pâte viennoise, crème d’amande et fruits macérés dans le rhum. À essayer!

Si vous aussi, vous voulez donner au suivant, on vous invite à vous procurer la bûche Signature l’Audacieuse qui est disponible dès maintenant dans tous les Première Moisson. C’est une belle manière de mélanger générosité et plaisir. Pour l’avoir goûtée, celle-ci est absolument décadente!

 alix marcoux

La fois où… je me suis mise au défi de ne pas m’acheter de vêtements pendant 3 mois.

La fois où je me suis mise au défi

Je sais, je sais.

C’est peut-être un défi futile aux yeux de certains.

Mais pas pour moi.

J’A-D0-RE magasiner des vêtements, j’adore la mode et l’un de mes rêves serait de ne pas reporter deux fois le même ensemble dans une même année.

Je suis totalement accro aux vêtements. Je dois avoir vu trop souvent Clueless, ce film culte de mon adolescence où Cher possède une garde-robe interactive connecté à son ordinateur à qui elle demande de lui choisir ses tenues pour aller en classe. Le rêve !

Pour ma défense, je dois dire que j’achète la plupart de mes vêtements dans les friperies comme le Village des Valeurs où je fais toujours des trouvailles extraordinaires pour une fraction du prix et lorsque je vais en boutiques, je me contente du rayon des soldes. J’essaie d’acheter intelligemment, même si je dois avouer que ma garde-robe déborde (mon chum a dû s’acheter sa propre commode) et que je proclame un peu trop souvent que je n’ai rien à me mettre.

La meilleure journée de l’année pour moi, après Noël évidemment ? Le Black Friday, ce vendredi de novembre où les soldes atteignent des sommets inégalés et où je m’offre une virée magasinage digne de la plus grande accro du shopping.

Cette année encore, j’allais profiter d’une journée de congé pour prendre d’assaut le centre commercial pour effectuer mes achats des Fêtes et me gâter. Par contre, cette année, j’ai eu envie de me lancer un défi avant de le faire.

Étant de plus en plus consciente que l’industrie du vêtement est la deuxième plus grande source de pollution au monde, j’ai voulu me pencher un peu plus sur la question cette année.

Je me suis donc lancé le défi de ne pas m’acheter de vêtements pendant 3 mois. Aucun vêtement, pas même des sous-vêtements.

Si le premier mois a été facile, puisque je venais de faire le plein de vêtements d’automne grâce à mon mandat d’ambassadrice des boutiques Pentagone, les choses se sont corsées à partir du deuxième mois. Étant abonnée à toutes les infolettres de mes boutiques préférées, j’ai dû effacer les courriels rapidement tous les jours pour ne pas me laisser tenter. Et, c’est souvent en période de restriction, qu’on réalise à quel point certaines chaînes de magasins peuvent être excessifs ou disons-le, carrément agressantes dans leur approche marketing. Ardene remporte la palme avec ses courriels quasi quotidiens.

Instagram est aussi devenu une source de tentation puisque la plupart des personnes que je suis sur le célèbre réseau social sont des blogueuses mode qui m’inspirent avec leurs outfits. Rien pour aider ma cause, je l’avoue.

Je tiens bon pendant le 2e mois et je n’achète rien. Je ne dépense qu’à la pharmacie pour du maquillage et chez Ardene (tiens dont !) pour des boucles d’oreilles (mais je considère que ça ne compte pas comme des vêtements, alors mon défi est intact).

Au début novembre, je commence à trouver le temps vraiment long. Mes amies s’achètent de nouveaux vêtements, elles. Les infolettres reviennent en force avec leurs soldes avant le Black Friday, je suis certaine que c’est une conspiration pour me faire craquer.

Une soirée au Shwap Club, le 6 novembre, m’aide à tenir le coup. Si tu ne sais pas encore ce que c’est, je te conseille de lire CECI. C’est le meilleur moyen pour m’aider à tenir le coup jusqu’à la fin de mon défi qui est prévu pour le 23 novembre.

Le moment le plus difficile survient quelques jours plus tard lorsque Geneviève, une collègue de travail, m’envoie la photo d’un coton ouaté de la compagnie locale Boutique au carré. Gros coup de cœur mutuel pour sa couleur vert forêt et son inscription minimaliste qui dit coffee and Christmas music. En plein notre style à toutes les deux.

S’ensuit un véritable débat dans ma tête.

Ou plutôt une seule question : Je l’achète-tu ?

Est-ce que je me laisse tenter par un achat qui encourage au moins le commerce local et je perds mon défi ? Est-ce que je me raccroche au fait que le chandail est quand même cher pour mon budget et que je ne bois même pas de café alors l’inscription sur le chandail ne s’applique même pas à moi ?

Mon cœur et ma raison ont débattu furieusement.

J’ai failli flancher en me disant : « Ah pis tant pis, je travaille fort, je le mérite, je me gâte et c’est un défi qui n’implique que moi alors je serai la seule déçue de ne pas le réussir. »

Je me suis ressaisi en me disant : « Le chandail ne va pas disparaître, je pourrai toujours l’acheter à la fin de mon défi, t’es pas le genre de fille à renoncer à un défi, t’as juste à ne plus y penser. »

Geneviève a finalement acheté le chandail, seule. Et j’aurai certainement un pincement au cœur chaque fois qu’elle le portera au travail.

Le 19 novembre au matin, j’entame ma semaine comme d’habitude. À 4 jours du Black Friday, je suis prête à affronter ma dernière semaine de défi, avant de me lancer dans mon marathon de magasinage.

La vie en a décidé autrement. Il m’est arrivé CECI.

Mais l’important, c’est que j’ai réussi mon défi.

Et que je me suis quand même acheté des vêtements au Black Friday.

Et tu sais quoi ?

Je compte bien relever le défi à nouveau.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Maman en quête de temps

maman en quête de temps

Salut!

Moi, c’est Catherine. Je suis maman à la maison depuis presque 4 ans pis des fois je trouve le temps long. Très long. Pourtant, je n’ai pas à me plaindre; ce ne sont ni les tâches, ni les corvées, ni même les besoins de mes enfants qui manquent pour remplir mes journées. Malgré tout, la plupart du temps, j’ai l’impression que mes journées passent à la vitesse tortue. Pourtant, mes enfants grandissent beaucoup trop vite. Belle ironie!

En fait, de quoi je me plains? De manquer de temps. De temps pour moi. Entre le lavage, le pliage, les repas, le nettoyage de la maison, les siestes (mes enfants ne sont pas du tout des champions du dodo), encore et toujours des repas, j’ai le sentiment d’être débordée mais de n’avoir rien fait. Rien fait pour moi. Je sais que, pour certains, être à la maison c’est facile, simple et fluide. Les enfants coopèrent, jouent seuls par moment ou s’endorment et dorment sans interruption (mon rêve!!). Chez moi, ce n’est pas comme ça. 85 % du temps, j’ai mon plus petit dans les bras (sachez que j’ai commencé avec un 100 % bras alors c’est une belle diminution!), je dois toujours l’avoir à l’œil parce qu’il est plus rapide que son ombre et que c’est un vrai aventurier dans l’âme, alors que ma grande apprend doucement à jouer seule et boude les siestes. Ces temps-ci, je rêve d’avoir 1 h seule l’après-midi. Un petit 60 minutes où ma fille dort (ou se repose) et où je ne suis pas obligée d’être couchée avec mon garçon pour ne pas qu’il se réveille au moindre de mes mouvements. Un petit 60 minutes à faire quelque chose qui m’allume. Pas de la vaisselle ou du ménage. Juste quelque chose pour moi.

L’automne me donne toujours le goût de me plonger tête première dans un projet. De me réinventer. J’ai songé travailler à temps partiel, seulement pour m’occuper, mais ça ne cadrait pas avec mes besoins et désirs du moment. Je me suis donc inscrite à une majeure. J’étais très excitée par mon nouveau projet de m’accomplir autrement qu’au travers de mes enfants. Finalement, après avoir payé les frais de scolarité avec mon « non salaire » de maman à la maison pis d’avoir reçu mes livres, l’angoisse s’est installée dans le creux de mon ventre, accompagné d’un immense poids sur mes épaules. Pendant plusieurs jours, je me questionnée à savoir si j’avais vraiment envie de me replonger dans des études. Peut-être un jour, mais après introspection, j’ai compris que ce n’était pas ce besoin que je cherchais à combler.

Finalement, avec ma trentaine , j’ai envie de me laisser envahir par mon côté créatif. J’ai donc choisi de m’inscrire à des cours de danse avec ma maman (oui, oui ma maman!), je vais dessiner davantage, lire, lire et lire. Mais surtout, je vais me permettre de sortir de la maison davantage quand je vais en ressentir le besoin. D’aller écrire dans des cafés ou simplement flâner à ma bibliothèque que j’adore. Juste prendre du temps pour moi. Sans pression. Sans besoin de performance.

Catherine Héroux Audrey photo de signature

Une deuxième succursale pour la Pâtisserie Petit Lapin

petit lapin

Connaissez-vous Pâtisserie Petit Lapin? Il s’agit de la seconde boutique de la propriétaire Viviane Nguyen. Après le succès de la pâtisserie située au l’Avenue Victoria à Westmount, qui a ouvert ses portes en 2014, elle a décidé de répéter l’expérience, mais sur l’Avenue Bernard cette fois-ci. Ce qui démarque Pâtisserie Petit Lapin, c’est que les produits offerts sur place sont véganes, sans gluten et exempts des 10 principaux allergènes, ce qui permet à une clientèle plus vaste de se gâter avec de délicieuses douceurs.

petit lapin

petit lapin

petit lapin

Le nouveau local est plus espacé que la première succursale, créant ainsi un design épuré et pouvant accueillir une plus grande clientèle. Une vingtaine de places, avec une longue banquette couvrant la totalité d’un mur, permet d’y déguster un bon thé tout en mangeant ou en décorant une pâtisserie. Petits et grands y trouveront leur plaisir à coup sûr. Le forfait de décoration comprend 6 cupcakes ou un gâteau de 5 pouces et vous pouvez choisir un choix de glaçage, des boules de fondant et bonbons décoratifs. Par la suite, des emporte-pièces et outils sont mis à votre disposition pour créer le gâteau selon vos goûts. Il est même possible de réserver cette activité créative pour un anniversaire sans avoir aucun soucis au niveau des allergies!

En plus des gâteaux et pâtisseries, Petit Lapin offre un menu lunch et un service de thé, toujours dans l’optique où tout est végane et sans allergènes. Le menu est constitué de soupe et salade du jour, d’un plat chaud de la semaine, sandwiches classiques, ainsi qu’un grilled cheese. Pour les enfants, un croque-licorne beaucoup trop cute, fait avec du fromage à la crème végétalien, du colorant naturel et des confettis, saura leur plaire sans doute. Pour le service de thé, qui sera offert prochainement de 14h à 16h, vous attendra un plateau de 3 étages garni de scones, sandwiches fins et de thé végétalien. J’ai déjà hâte d’essayer!

Je ne connaissais pas Pâtisserie Petit Lapin avant cette soirée et j’ai été agréablement surprise. En plus d’offrir une variété de pâtisseries pour tous et toutes, il y a plusieurs ateliers disponibles. Pour le temps des Fêtes, tout est magnifique et assurément délicieux! Le local en soi, coloré, pastel, tout en douceur, agrémenté par le  judicieux choix de décorations, attire l’oeil et ne peut que vous mettre le sourire aux lèvres. J’ai particulièrement apprécié que l’on puisse décorer notre propre bûche, c’est le genre d’activité qu’on fait rarement. Le temps des Fêtes, c’est souvent une période où on court de gauche à droite, mais le fait de s’arrêter un instant, s’asseoir, déguster un bon thé et décorer une bûche, un gâteau, des cupcakes pour ses partys, c’est juste plaisant et ça crée de beaux moments. En plus de la bûche que j’ai très hâte de goûter lors de notre brunch de Noël prochainement (on va clairement vous en reparler), j’ai a-d-o-r-é le petit biscuit au pain d’épices! Je n’ai pu m’empêcher de m’acheter des macarons. J’adore cette petite sucrerie, j’ai donc opté pour toutes les saveurs disponibles : matcha, fraise, vanille et lime. MIAM! Un vrai délice!

D’ailleurs, c’est le moment de passer vos commandes pour la collection des Fêtes et il y a du choix pour tout le monde. Les saveurs de bûches disponibles sont vanille, chocolat et framboise qui sont des gâteaux pour 8 à 10 personnes au coût de 64.95$. Il est également possible de venir en boutique pour décorer sa propre bûche de Noël comme nous avons eu la chance de faire. En plus des gâteaux, Petit Lapin offre des biscuits en pain d’épice et des biscuits Colore-Moi, des cupcakes aux saveurs festives et une boîte de douceurs variées. Bonnes douceurs!

Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

Crédit photos : Ariane Martineau

 ariane reviseure

Féminisme 101

On parle de féminisme

Qu’on mette les choses au clair tout de suite…le féminisme ne veut pas dire détester les hommes, ni vouloir leur nuire, voir les rabaisser pour dominer le monde, comme le croient quelques antiféministes. Mais comme ça ne semble pas évident à comprendre pour certain(e)s, je vais éclaircir le tout pour vous!

Qu’est-ce que le féminisme?

C’est vouloir l’égalité entre les hommes et les femmes, et ce, à tous les niveaux. C’est vouloir redonner du pouvoir aux femmes, leur donner la place qu’elles méritent au même niveau que les hommes.

Oui, parfois, on peut être « frustrées », comme certain(e)s diront. Et avec raison quand on y pense! C’est fâchant que les femmes représentent environ la moitié de la population, mais sont considérées comme inférieures aux hommes, comme le sexe faible… Parce que oui, bien qu’il y ait des changements depuis les dernières années et que les lois affirment l’égalité hommes-femmes, il y a encore plus de chemin à faire qu’on pourrait le croire.

Saviez-vous que…

Naître homme, c’est commencer sa vie avec des privilèges. C’est naître moins vulnérable aux violences, notamment aux violences sexuelles, puisque 82% des victimes d’agressions sexuelles sont des femmes (Statistiques du Regroupement Québécois des CALACS). C’est avoir plus de chances en emploi. Natasha Quadlin, professeure à l’Université de l’État de l’Ohio a publié une étude en avril dernier dans American Sociological Review démontrant que les femmes les plus brillantes à l’école ont moins de chances d’être convoquées en entrevue que les hommes les plus médiocres. C’est aussi mieux gagner sa vie. Au Canada, en moyenne, une femme gagne 74¢ pour chaque dollar gagné par un homme (Statistique de la Fondation canadienne des femmes). C’est être moins jugé si on a des relations sexuelles avec beaucoup de femmes, car on ne lui apposera pas l’étiquette de « gars facile » contrairement aux femmes. C’est pouvoir exprimer sa colère sans qu’on dise qu’il est hystérique et/ou dans ses syndromes prémenstruels. C’est, en général, vivre moins de pression sur son apparence physique et face aux standards de beauté. C’est avoir moins peur de se promener seul le soir et pouvoir s’habiller comme bon lui semble sans qu’on le juge ou le responsabilise d’être agressé sexuellement.

 

« Bruits de bisous, klaxons et sifflements, demandes de faveurs sexuelles, propos vulgaires, attouchements non désirés dans un métro bondé… Près de 90 % des femmes sondées par le Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CEAF) estiment que le harcèlement de rue est un problème bien réel dans la métropole. » (Jessica Nadeau, Le Devoir)

 

C’est être représenté davantage dans les publicités, les médias, et pas mal partout, comme étant un être de pouvoir auquel les femmes plus souvent hypersexualisées doivent se soumettre pour le plaisir de ce dernier. C’est être plus facilement respecté dans son choix entre une vie familiale et une vie professionnelle, voir même admiré s’il s’occupe de ses enfants, alors que c’est tout simplement normal.  Et plus encore! Bien entendu, ces privilèges appartiennent davantage aux hommes blancs, hétérosexuels et de classe moyenne. D’autres systèmes d’oppression entrent en ligne de compte pour certains hommes, mais malgré tout, les hommes en général, sont privilégiés et en situation de pouvoir vis-à-vis des femmes. De plus, les autres systèmes d’oppression désavantagent tout autant les femmes. Par exemple, le taux de meurtre est 6 fois plus élevé chez les femmes autochtones que chez les femmes allochtones (Fondation canadienne des femmes).

Bref, le féminisme est de donner la voix aux femmes, de défendre leurs droits, de croire en l’égalité des sexes, de se tenir debout contre les inégalités et de dire ce que l’on pense. Surtout…c’est de s’entraider entres femmes!

Il n’est pas question de culpabiliser les hommes, mais plutôt de les encourager à prendre conscience de leurs privilèges et à dénoncer le système social qui engendre les inégalités de pouvoir. Ainsi, nous avons besoin d’hommes alliés à la cause, c’est-à-dire des hommes féministes eux aussi. N’ayons pas peur de se déclarer haut et fort comme féministes. Ensemble, nous sommes plus forts!

Texte par Marie-Pier Quessy

Crédit photo de couverture : Laura Baker

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Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : la chute

Chroniques d'une hyperactive

C’était un lundi matin comme les autres.

Banal, routinier, sans surprises. Rien de suspect au réveil ou dans les minutes suivantes pour me faire comprendre que ça pouvait être une journée de marde.

Tout se passe dans les temps, je pars à l’heure, je suis un peu ralentie par cette neige qui ne cesse de nous surprendre avec son arrivée hâtive pour un mois de novembre.

Gagnée par cette effervescence que représente l’approche de l’hiver et de Noël, je syntonise même ma playlist de classiques du temps des Fêtes sur mon téléphone pour m’accompagner sur la route.

Bing Crosby sera le dernier à chanter It’s beginning to look a lot like Christmas avant que j’arrive au travail et que tout dérape, au propre comme au figuré.

Il est 6 h 59. C’est l’heure qui s’affiche sur mon téléphone, redevenu silencieux. Il y a déjà deux voitures dans le stationnement. Celle de ma collègue qui ouvre la garderie et qui arrive toujours avant moi, et celle d’un parent qui est déjà en train de marcher vers la porte avec son enfant. Je ne suis pas en retard. Il est 6 h 59. On ouvre à 7 h.

Je prends mes sacs, je ferme les portes de ma voiture et je me dirige vers l’entrée, prête à commencer une nouvelle semaine d’éducatrice, comme je le fais depuis maintenant 16 ans.

Le reste est imprimé dans ma mémoire pour longtemps. Peut-être même pour toujours.

Je ne fais que 3 ou 4 pas et je me sens brièvement partir sur le côté.

Et c’est la chute.

Une chute rapide, lourde, un peu n’importe comment.

Digne des sketches de la défunte émission Drôle de vidéos pour les plus vieux, digne des ratés de la semaine de l’émission Vlog pour les plus jeunes.

Sur le coup, juste un gros mot.

Un CAL*?%* bien fort et bien senti.

Mais ensuite, la douleur.

D’abord à peine perceptible, celle qui te donne confiance que ce n’est qu’une chute comme toutes les autres. Une chute banale comme on en fait souvent et qu’on classe rapidement dans les petits moments poches d’une journée.

Mais ensuite la vraie douleur.

Celle qui irradie dans ton corps au complet, qui te fait apparaître une petite sueur dans le cou et qui te fait comprendre que cette fois-ci, tu ne t’es pas manqué. Celle qui fait monter la panique dans ta gorge et aussi les petites larmes dans tes yeux.

Tu veux faire ta forte et croire que ce ne sera que passager. Qu’étant donné la vitesse à laquelle ça s’est passé, il est normal que tu prennes le temps de reprendre ton souffle et qu’en te concentrant sur les signaux de ton corps, tu arriveras à prendre le dessus !

La face à moitié dans la neige, je me suis mordu l’intérieur de la joue. Je tentais de me concentrer pour savoir si le craquement que j’avais entendu en tombant était le bruit de mes sacs qui s’affaissent sur le sol ou le bruit d’un os. J’ai prié fort pour que la bonne réponse soit A. Pendant 2 minutes, je suis restée là, à me demander ce que j’allais faire. La maman était déjà à l’intérieur, je lui ai épargné le spectacle de ma chute.

Cela restera une chute sans témoins.

Juste moi, une petite neige folle, une belle plaque de glace et les planètes de la malchance alignées au-dessus de ma tête, et qui feelaient pour faire un mauvais coup un matin de novembre.

Une voiture arrive dans le stationnement. Je dois avoir l’air bizarre étendue sur le sol, mes affaires éparpillées autour de moi, les yeux remplis d’eau, de mascara et de douleur. Un gentil papa s’approche pour constater les dégâts. Pendant quelques minutes, son enfant restera dans la voiture et ne sera pas sa priorité. Je lui en suis reconnaissante. Ne sachant pas trop quoi faire sur le coup, je ne peux lui en vouloir. Lui non plus ne s’attendait pas à ça ce matin quand son réveille-matin a sonné.

Il m’offre de m’aider à me relever afin de me mettre au chaud à l’intérieur et constater mon état. Je prends appui sur lui et réussit à faire quelques pas. Douloureusement, mais quand même. J’arrive à mettre du poids sur mon pied, ce que je qualifie de bon signe étant donné les circonstances. Qui ne s’est pas déjà fait dire que si tu peux marcher dessus, c’est parce que ce n’est pas cassé ? On s’improvise tous un peu docteur dans des situations comme ça.

Mais une fois à l’intérieur, j’ai compris.

Je ne pouvais pas marcher dessus. Je n’aurais pas dû marcher dessus, mais je l’apprendrai seulement quelques heures plus tard.

Par la suite, tout est allé vite. Ma collègue est apparue par magie à côté de moi le temps de me dire qu’elle allait chercher de la glace. La maman qui était déjà à l’intérieur a ramassé mes sacs, une autre est arrivée avec ses deux garçons et m’a demandé de lui montrer ma cheville.

Elle est infirmière.

C’est bon ça, une infirmière, ça me rassure un peu. Mais ce soulagement ne dure qu’une fraction de seconde. Je le vois dans ses yeux qu’elle veut rassurants, mais qui parlent malgré tout. La glace ne sera pas suffisante. Un petit temps de repos non plus.

Je ne pourrai entamer ma journée comme je l’avais prévu.

La vie a d’autres plans pour moi ce matin.

Une autre maman arrive (décidément, c’est un lundi achalandé comme il y en a parfois) et m’offre d’appeler ma patronne pour l’avertir que je ne pourrai rester. Je me rends à la cuisine, où nous accueillons les enfants et je me retrouve assise à côté de ceux qui déjeunent. Je peux dire qu’ils se désintéressent vite de leur toast et de leur bol de céréales en me voyant essayer de ne pas m’effondrer en larmes devant eux. J’ai mal, mais je ne veux pas les traumatiser, les pauvres cocos. Une éducatrice les réconforte avec le sourire lors de leurs propres chutes, je dois les laisser faire la même chose avec moi.

Je prends mon cellulaire pour appeler mon chum. Évidemment, je ne pourrai me rendre seule à l’hôpital, ça me prend du renfort. Brève conversation, l’essentiel est dit, il comprend vite la panique dans ma voix, promets de venir me rejoindre le plus rapidement possible.

Changement de plan en quelques secondes à peine, une autre maman entend ma conversation et m’offre, tel un ange tombé du ciel, de me reconduire elle-même à son lieu de travail, l’hôpital Pierre Le Gardeur. Celui où j’ai accouché, où mon fils a été admis en pédiatrie, celui où mon chum s’est fait soigner sa pancréatite, l’hôpital où mon fils s’est fait enlever l’appendice.

Le seul endroit où je me dois d’aller en ce moment.

J’accepte avec reconnaissance, le chum m’y rejoindra. Accolade de courage par ma collègue, câlins des petits cocos présents, je clopine jusqu’à la porte, ne sachant pas quand je vais revenir.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.