Nos premiers pas : la garderie

Sincèrement, la garderie, j’y avais pensé dès que j’ai appris que j’étais enceinte. Je voulais avoir la meilleure place pour ma fille et trouver un endroit où je ne me sentirais pas paniquée à l’idée de la laisser pour la journée. Lorsque j’étais enceinte, c’était assez simple pour moi. Je devais retourner terminer mon DEC lorsqu’elle aurait un an. Je me disais que c’était le cours de la vie, qu’elle irait se faire des amis et que ce serait correct, voire facile, de la laisser aller.

Ouin

En fait, un mois avant le jour J, je me suis mise à faire de l’anxiété. Pas nouveau pour moi, mais j’en étais vraiment inquiète de cette nouveauté, la garderie.

J’avais trouvé une partenaire, une amie, la perle rare pour ma fille. Vous savez une connexion instantanée, une fille qui aime les enfants, une fille qui fait sa job parce qu’elle est passionnée. Depuis la naissance de ma petite, elle m’avait prise sous son aile pour m’aider avec l’allaitement, elle m’a soutenue et, je ne sais pas combien de fois, rassurée. Pendant ma période d’anxiété, juste avant la garderie, elle a pris le temps de m’écouter et elle m’a laissée lui poser un milliard de questions sur des scénarios inimaginables qui se passaient dans ma tête comme : si ma fille voulait pas manger qu’est-ce qu’elle ferait, si elle voulait pas dormir, etc., un vrai interrogatoire.

J’avais vraiment la chienne, une vraie peur, j’avais l’impression que j’allais rompre le lien entre ma fille et moi.

D’un côté, je voulais rester à la maison le plus longtemps possible avec elle, mettre le reste du monde sur pause, que rien ne change, nous mettre dans un cocon tous les trois, je voulais voir chaque nouveauté la première, je voulais qu’elle sache que j’étais toujours là pour elle. J’avais peur qu’avec mon horaire de stage, d’école et de travail, je sois moins présente. J’avais peur qu’elle m’aime moins, mais comme j’avais vraiment peur qu’elle m’aime moins, puisqu’elle allait être souvent avec son éducatrice. J’avais l’impression que quelqu’un d’autre allait éduquer ma fille et je me sentais tellement mal et coupable.

De l’autre côté, j’avais hâte de retourner à ma vie étudiante, j’avais hâte de retrouver mes amies et, surtout, j’avais hâte d’avoir enfin mon diplôme. J’étais aussi excitée pour ma fille, j’avais hâte qu’elle découvre un autre monde, qu’elle se fasse des amies, qu’elle développe son autonomie et qu’elle apprenne d’autres règles. C’est une jeune demoiselle qui s’adapte super bien en plus, j’avais même pas peur pour elle.

Avec de la patience et l’aide de son éducatrice, on y est allé un pas à la fois. Une entrée progressive, se faisant sur un mois. Le jour J, je n’ai pas pleuré et petite louve non plus. On s’est regardé, on s’est fait confiance et on s’est laissé aller. J’ai trouvé que c’était un cadeau que je lui faisais, je voulais qu’elle apprenne à aimer et cette éducatrice, Audrey, c’est vraiment la personne pour qui je voulais qu’elle fasse une place dans son cœur. Au jour le jour, on s’adapte et on se parle si on doute de quelque chose, on travaille en équipe. Merci aux éducatrices dévouées qui font que cette grande étape est moins douloureuse. Cela dit, le choix d’envoyer ou non notre enfant à la garderie est un choix très personnel, il n’y a pas de meilleures décisions. L’important, c’est d’être à l’aise avec notre choix pour que les petits pas soient plus faciles.

Marie-Pier Carle alix marcoux

 

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