J’aurais aimé être cette mère

J'aurais aimé être cette mère

Être parent; je crois que c’est le rôle le plus dur que j’ai eu à jouer dans ma vie jusqu’à maintenant. Un rôle à assumer à 100%, 100% du temps.

Nous sommes à la fois cette personne qui aide autrui (notre enfant) à grandir, et celle qui grandit du même fait parce qu’on devient alors totalement responsable d’autrui (notre enfant).

Personnellement, j’ai deux enfants. Mon plus grand a bientôt sept ans et mon plus petit a trois ans.

Le moment où j’ai réellement pris conscience du fait que je suis mère, c’était à l’école de mon plus grand. Une petite amie de sa classe m’a dit « Je t’aime bien toi, la MAMAN d’Evan ». C’est comme si cette fois-là j’avais pris en pleine face que OUI j’étais la MAMAN de ce garçon, qui était lui-même une personne à part entière.

Je ne sais pas pourquoi mais cette fois-là a vraiment été la première fois où j’ai compris que j’étais une MAMAN. En tout cas, que j’étais connue et reconnue comme étant « la maman de ».

Il y a des jours où je me demande quelle mère j’aurais aimé être jusque là et quelle mère j’aimerais être dans le futur.

J’aurais aimé être celle qui persévère lors de ses allaitements, celle qui s’accroche, qui se fait entourer et aider par les bonnes personnes.

J’aurais aimé être cette mère moins angoissée, qui apprends à vous faire confiance lorsque vous vous êtes aventurés vers de nouvelles aventures un peu risquées à mon goût.

J’aurais aimé être celle qui prends le temps de savourer chaque instant à vos côtés lorsque vous dépendiez entièrement de moi et de votre papa car le temps file si vite !

J’ai la chance depuis un peu plus d’un an de vous voir grandir à chaque jour, chaque heure, chaque minute. Je me rends compte à quel point j’ai des enfants merveilleux et que parfois, non, je ne suis pas celle que j’aimerais être pour vous.

Être parent est, pour moi, un défi de chaque jour.

J’aimerais être celle qui prends soin de moi pour être entièrement disponible pour vous.

J’aimerais être celle qui ne craque jamais, qui ne crie jamais, qui ne fronce pas un sourcil…

J’aimerais être celle qui vous transmet des recettes de famille.

Celle avec qui vous développerez votre esprit créatif !

J’aimerais être celle qui vous fera découvrir le monde, sa diversité et son humanité.

J’aimerais être celle dont vous n’aurez pas « honte » lorsque je vous déposerai à l’école, une fois l’adolescence arrivée !

J’aimerais être celle en qui vous aurez une confiance aveugle, celle qui pourra vous conseiller en étant à l’écoute de vos choix.

J’aimerais être cette mère qui vous offre tout le temps dont vous avez besoin, être toujours présente à vos côtés dans les moments de joie ou de doutes. Être celle qui calme vos craintes, apaise vos peurs et vous laisse grandir en prenant le temps d’aller tranquillement vers la vie d’adulte qui vous attend.

Je remercie la vie de vous avoir mis sur mon chemin ! Vous m’avez fait (et vous continuez encore) de me faire grandir chaque jour.

Céline Guérin
Audrey photo de signature

Le trou que tu laisses dans mon coeur en grandissant

Jen s'adresse à son fils

Cher Isaak,

Tu es assez grand pour que je m’adresse directement à toi.

Tu es assez mature pour comprendre pas mal tout ce que je vais t’écrire ici.

Tu es assez sensible pour être touché par ce que je m’apprête à t’avouer.

 

Chaque jour qui passe depuis que tu es né laisse un petit vide qui ne cesse de grandir. Ces moments ne reviendront pas.

Cette odeur de bébé impossible à décrire n’existe plus, envolée de notre maison pour se nicher sur d’autres bébés tous neufs. Tu sens toujours toi. L’odeur que je préfère au monde. Mais ce n’est pas pareil, je te l’avoue. Tous les pores de ta peau emmagasinent maintenant des particules de déodorants, de produits chimiques, de sueur. Ces odeurs composent ton quotidien qui ne se résume plus à passer des heures dans mes bras.

Jen s'adresse à son fils

Ces pyjamas à pattes dont je raffolais… mon Dieu qu’ils me manquent. Tes petits pieds bien au chaud, les motifs de moutons ou de camion qui les décoraient, le confort qu’ils semblaient te procurer. Je n’achète plus de pyjamas. À présent, c’est à peine si tu supportes des boxers pour dormir.

Tes éclats de rire, la plus belle mélodie du monde. Ils sortaient facilement de ta petite bouche parce que tu étais un bébé heureux qui souriait tout le temps. Tu ris encore, mais maintenant ça prend une blague, une situation cocasse ou un événement spécial pour t’entendre éclater de rire. J’aime toujours t’entendre, c’est encore la plus belle musique à mes oreilles. Mais j’aurais voulu t’enregistrer à cette époque, afin de pouvoir me repasser la cassette maintenant que j’ai presque oublié ce son qui me comblait de bonheur.

Le sentiment de confort indescriptible qui nous envahissait quand on se collait contre toi les matins de fin de semaine. Tes petites mains autour de notre cou, ton petit corps tout chaud entre nos deux corps, ton souffle si doux contre nos joues. J’ai un peu mal quand j’y pense, je ressens presque une douleur physique à l’idée d’oublier un jour ces matinées si précieuses. Oh, heureusement que tu viens parfois te glisser entre nous pour sentir tout notre amour pour toi. J’ose croire que tu en ressens toujours l’envie et qu’on occupe toujours une aussi grande place dans ton cœur. Même si ça finit avec un pet ou une niaiserie qui nous donne envie de te pousser en bas du lit pour t’entendre éclater de rire.

Toutes tes premières fois si faciles : les premiers pas, les premiers dessins, la première journée à la garderie, à l’école, elles doivent maintenant laisser leur place aux plus difficiles : le premier jour au secondaire, au travail, la première peine d’amour, peut-être un mariage, un divorce, ton premier enfant. Toutes ses premières fois où on sera peut-être absent de ta vie et où on devra te laisser encaisser la douleur sans broncher, parce que ce sont celles-ci qui te forgeront en tant qu’homme. Un homme, ouf… juste de l’écrire est difficile. Mon bébé, un homme. Je ne sais pas si j’arriverai à m’y faire un jour. Mais je sais qu’il le faudra.

Tous tes secrets, tes mensonges. Parce que oui, il y en aura. Il y en a même déjà eu, j’en suis certaine. On dit que ce que l’on ne sait pas ne nous fait pas mal. J’espère que dans ton cas, ce sera vrai. Et que ce que j’ignorerai ne sera pas trop grave. Tu es un bon garçon, mon amour, ne me ment pas trop souvent, s’il te plaît. Dis-toi qu’une faute avouée est à moitié pardonnée et qu’en cas de problèmes, on peut t’aider.

Chaque heure où je ne suis pas en ta compagnie me semble toujours des heures perdues. Même si j’aime ma vie, mes activités en solitaire, mes amies, mes intérêts, je pourrais renoncer à tout ça pour ne passer que mes journées avec toi. C’est peut-être un peu intense mon affaire, mais tu es le centre de ma vie. Même lorsque tu seras grand et que tu auras quitté notre petite cellule familiale pour créer la tienne, tu resteras toujours le centre de ma vie.

Depuis ton arrivée, un fossé se creuse dans mon cœur chaque jour et je ne peux l’arrêter. Il s’agrandit au fur et à mesure que tu n’as plus besoin de moi et que tu t’éloignes un peu plus en vieillissant.

Mais mon amour pour toi reste intact, mon cœur n’arrêtera jamais de t’aimer et je suis certaine que le tien aussi.

C’est juste que le temps ne s’arrête pas.

Je t’aime, mon grand bébé, garçon, homme.

Ne l’oublie jamais.

 

Photo de signature pour Jennifer Martin.         

Ma mère, cette femme courageuse

Mélanie parle de sa mère

Ce mois-ci, j’ai envie de vous parler de ma mère, cette femme si forte et courageuse. Tout d’abord, elle a décidé de me garder malgré son jeune âge. Elle a dû vite devenir une adulte. Ma mère est une femme pleine de ressources. Elle a tellement eu d’emplois divers que son CV doit être si long. Elle a quand-même eu l’aide de mes grands-parents qui ont toujours été vraiment importants pour moi.

Quand j’avais trois ans, elle m’a trouvé le meilleur des papas au monde, nous sommes si chanceux de l’avoir. Ensuite, j’ai eu la chance d’avoir un frère et une soeur que j’aime tellement. J’étais déjà super responsable pour mon âge pour m’occuper d’eux. Ma mère est toujours restée à la maison après la naissance de ma soeur et mon frère. Elle est retournée au travail quand ils ont commencé l’école. Chez-nous, il y avait toujours de la nourriture faite par maman ou par mémère (ma grand-mère). Ça sentait bon dans la maison.

Nous avons vécu plusieurs années à Rawdon. J’ai vraiment aimé ce temps passé dans le domaine Kildare où tout le monde se connaît et s’entraide. Mais surtout de vivre près de mes grand-parents, de partager tous ces moments avec eux m’ont donné tant de souvenirs heureux et je bénis chaque jour vécu en leur présence. Ma mémère nous a quittés, mais mon pépère est toujours là et je profite de chaque moment avec lui et ma mère chaque semaine. Il me partage sa sagesse et je sais bien que dans pas si longtemps, ces moments, je les passerai avec ma mère et mon père.

Comme je l’ai dit, notre monde a basculé quand ma grand-mère est décédée, donc mon grand-père est venu rester chez ma mère. Moi, je suis partie en appartement avec mon chum. Mes parents ont quitté Rawdon pour Mascouche et mon frère et ma soeur ont vécu toute une adolescence! Ils ont su passer au travers, mais ce fut vraiment une période déchirante pour mes parents. Par contre, ma mère n’a pas baissé les bras pour eux. Elle a continué de les aider et aujourd’hui, je pense qu’ils lui en sont reconnaissants.

À 50 ans, ma mère a fait un infarctus. J’aurais vraiment pu la perdre et sérieusement, j’essaie de ne pas y penser car je ne peux imaginer ma vie sans elle. Ma mère qui a fait plusieurs emplois, s’est finalement trouvée. Elle est devenue réflexologue et depuis, elle est vraiment heureuse de pouvoir aider les gens à se sentir mieux, mais surtouts qu’ils puissent comprendre ce qui les a rendu malades. Les gens l’apprécient vraiment beaucoup. C’est une femme qui rayonne et qui rend les gens heureux. Quelques années après son infarctus, elle a été opérée encore une fois. J’aurais pu la perdre encore une fois. Aussi, il y a plus d’un an, mon frère et mes parents ont passé au feu et ils ont tout perdu. Depuis ce temps, mes parents vivent chez mon oncle et ma tante qui les ont accueillis sans se poser de question. Malgré tout, depuis ce temps leur vie est comme sur pause. Je la trouve tellement bonne d’avoir pu traverser cet événement avec tant de résilience. Heureusement, leur maison sera bientôt prête, une question d’un maximum un mois. Je l’espère tant pour elle.

Mélanie parle de sa mère

Je t’aime maman! Lâche pas, ça s’en vient!!!!!

 

Folie Melanie logo auteur     

Est-ce qu’un jour je veux être mère?

est-ce qu'un jour je veux être mère

Wow, grosse question, hein? Juste d’écrire le titre, j’ai des frissons partout. Je me souviens d’une vidéo dans l’émission Format Familial où Julianne Côté pète une coche. Elle s’exprime sur la pression de la société et le fait que les premières questions qu’on pose à une femme c’est : 1- Es-tu en couple? 2- As-tu des enfants? 3- Veux-tu des enfants? Et c’est là que la réponse a de l’incidence sur le reste de la conversation et où tu dois vraiment bien réfléchir à la réponse si tu ne veux pas passer une journée de marde. Après avoir visionné la vidéo (il y a de ça déjà quelques mois quand même), j’ai arrêté de culpabiliser sur le fait que je passais mon temps à changer d’idée sur le fait de vouloir ou non des enfants. Il y a des moments où c’est ferme, je veux un bébé, et d’autres moments où c’est ferme aussi, je ne veux pas de bébé. Les raisons sont toujours valables des deux côtés. Alors quand on me pose la question, je réponds tout simplement que je ne sais pas. Pourquoi faut-il absolument savoir ou non ce genre de chose? Pourquoi y aurait-il une bonne réponse à ce genre de question aussi? Ce n’est pas censé être quelque chose de personnel?

Montée de lait-les questions indiscrètes

La montée de lait de Julianne Côté. Aussi ce soir ; garderie en forêt, top 3 monstres, charge mentale et tâches ménagères et le trouble de l'opposition.

Posted by Format familial on Wednesday, March 14, 2018

Je pourrais énumérer plusieurs moments dans ma vie où j’ai voulu des enfants au plus profond de mon âme et d’autres moments où je me suis dit que jamais je ne pourrais être mère. Je n’ai que 31 ans, j’ai encore beaucoup d’années pour concrétiser ou non ce projet. Souvent, je redescends de mon petit nuage en me disant que c’est mieux ainsi, que j’aurai la liberté de faire ce que je veux sans responsabilité. Je me dis aussi que je ne suis sûrement pas assez forte mentalement ou même physiquement pour être mère, mais est-ce que je le crois vraiment? Est-ce réellement le cas? Où est-ce les mots de mon ex qui refont toujours surface? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est que je ferais tout pour être la meilleure mère si un jour j’avais l’immense joie de le devenir. Ce ne serait pas facile, mais ce ne l’est jamais voyons!

J’ai été la belle-mère d’un petit garçon incroyable. Notre relation est complètement différente aujourd’hui, ce n’est pas facile chaque jour. Même après 9 mois. Je m’occupais de lui presque à temps plein, j’étais investie dans sa vie, c’était comme mon enfant. Et du jour au lendemain, je le vois une ou deux fois par mois seulement. J’ai souffert. Je souffre encore. Un enfant c’est immense dans une vie. Je le sais maintenant. Vais-je vouloir m’investir à nouveau comme belle-mère? Non. Je me suis promis de ne plus vivre cette souffrance qu’est de «perdre» un enfant. Mais on finit souvent par faire ce qu’on s’était promis de ne jamais faire. C’est sûr que de devenir mère ce n’est pas comparable, c’est ton enfant, et même dans le cas d’une garde partagée, tu restes toujours sa maman.  Est-ce que je vais me protéger en ne voulant pas être mère pour ne pas souffrir? Aucune idée. Pour être franche, je ne sais absolument pas ce dont j’ai envie à l’instant même.

En ce moment, je suis seule. J’ai des possibilités, des alternatives. Mais j’ai aussi encore beaucoup de temps devant moi. Je vois mes amies avec leurs enfants et j’ai le cœur qui se remplit. Mais je tiens aussi à mon train-train quotidien. J’apprends encore à prendre soin de moi et je n’ai pas une vie 100% stable en ce moment, mais j’ai tellement d’amour à donner. Je crois que je dois laisser les jours passer, les vivre à fond et voir où l’avenir me mènera. Parce que j’avoue qu’il y a un an, je ne m’attendais pas du tout à être où je suis aujourd’hui, alors où serai-je dans un an? Personne ne le sait.

Photo de signature pour Karine Caron-Benoit. Valérie_réviseure

Dans tes yeux

dans tes yeux

Dans tes yeux, je vois le désir de te battre. Je vois la bataille que tu as menée pour survivre dès les premiers instants de ta vie, mais aussi toutes celles que j’ai l’intention de porter sur mes épaules pour te protéger et pour repousser tous ceux qui croiseront ta route avec l’intention de te blesser. Je vois de la force, de la rédemption. Quand j’apercevrai la tristesse, je serai là aussi. Parce que pour être fort, il faut aussi admettre qu’on peut être faible et j’ai bien l’intention de t’enseigner ceci.

Dans tes grands yeux bleus, je vois la maison. Chez nous. Cet espace qui sent le sapin et le fleuve que j’ai l’intention de te faire découvrir comme si c’était la première fois que le voyais. À travers tes yeux, la plage, la forêt, la famille.

Dans tes yeux, je vois de l’amour. Celui que je te porte, celui qui nous unit ton père et moi. Celui dont on sera témoin quand mamy, papy ou mononcle viendront te chercher pour t’apporter faire dodo ailleurs. Je peux même sentir celui que tu ressens pour moi quand je te glisse dans le creux de mon épaule pour calmer une peine et que tu soupires de contentement, comme si le contact de ma peau était le remède à tous tes bobos. Quand tu attrapes mes joues avec tes petites mains collantes pour planquer un bisou sur mon visage avec ta petite bouche ouverte et dégoulinante. Dans ces moments, je t’entends presque déjà dire « Je t’aime ».

Dans tes yeux, je vois des premières fois. Les premiers pas, les premiers mots, les premières chutes. Ces moments que je croyais si loin et qui approchent mine de rien. Les premiers choux-fleurs, les premières grimaces, le premier jour d’école. J’arrête, ça fait trop peur. On traversera le pont quand on sera rendu à la rivière.

Et dans tes yeux, je vois des naufrages. Des choses qui s’écroulent. Je vois mon réflexe de voir la mort comme une porte de sortie potentielle dans les moments difficiles disparaitre. Je ne peux pas partir, tu es là. Je vois les paresses et les dépressions saisonnières perdent de leur ampleur; je ne peux pas rester couchée, tu es là. Par ta seule existence, les levées de corps difficiles sont accompagnées d’une motivation à toute épreuve. Par la seule pensée de ton sourire heureux de me voir, rien ne peut m’abattre au point de m’empêcher d’être debout et fonctionnelle.

Dans tes yeux, je me vois. Je suis tournée vers moi-même et j’observe mes agissements et mes mots. Je m’observe et je prends conscience de la portée de mes gestes et je réalise que ce que tes petites billes voient forgeront la personne et l’homme que tu seras plus tard. Je réalise toutes les fois où j’ai intimidé sans le vouloir, où mes paroles ont dépassé ma pensée et je change. Je deviens une meilleure personne, un meilleur exemple.

Pour toi.

Dans tes yeux, je vois tout.

 alix marcoux

Elle

Je te regarde vieillir, je te trouve belle, j’espère qu’à ton âge je serai aussi magnifique.

Tu es tellement unique et j’en suis reconnaissante envers Dieu, parce que qui voudrait partager une femme comme toi.

Tu as des valeurs qui sont profondes et sincères. Ta patience est un exploit à mes yeux. Ton positivisme est à jeter par terre, ta manière d’apprivoiser les problèmes se transforme toujours en solution. Tes bras sont si réconfortants et confortables. L’odeur de ton parfum reste imprégnée sur nos vêtements et parfois même sur les cheveux de mon enfant. Cela nous rappelle que l’on t’a rendu visite.

Ton ouverture d’esprit est si agréable, les conversations sont si faciles à tes côtés. Nos silences ne sont jamais malaisants, ils sont tout simplement purs et apaisants. Nos fous-rires sont parfois gênant lorsqu’on se retrouve en public, mais tellement libérateurs. Même lorsque je ne suis pas avec toi j’arrive à entendre ton rire communicateur.

Quelle grande femme tu es, être aussi généreuse envers nous, sacrifier ta vie, trois fois plutôt qu’une et ne jamais t’en plaindre. Être exceptionnelle pour mon fils. Te regarder le serrer dans tes bras avec autant d’amour et d’intensité me rend émue. Lui faire la lecture, lui faire des surprises, nous accueillir peu importe les heures de la journée, se sentir toujours la bienvenue.

De m’encourager, écouter mes joies et mes peines, me conseiller sans me juger, me réconforter, calmer mes tempêtes qui sont parfois que dans ma tête, m’accompagner dans des moments gris, et d’autres fois très roses. Beau temps mauvais temps, tu es là. Parfois j’arrive à entendre la compassion muette au bout du fil, je te déchiffre même par ton non-verbal. Nous sommes si fusionnelles.

Je te ressemble, physiquement et intérieurement, c’est probablement l’une de mes plus grandes fiertés, je marche parfois dans tes pas, ce n’est pas volontaire. Je crois plutôt que la vie me mène vers des situations que tu as déjà vécue et qu’avec ta grande sagesse tu réussis à me guider vers d’autres chemins.

Je te vois grande et forte, capable de tout surmonter.

Tu es une personne qui sème le bonheur partout où elle passe. Je te remercie de tous les petits gestes que tu fais pour moi, je t’en suis tellement reconnaissante. Je suis aujourd’hui moi-même maman et le plus beau compliment que mon garçon pourrait me dire serait : tu me fais penser à mamie.

Maman je t’aime xxx

Folie veronique logo auteur 

La fertilité, un passage plus que difficile et non prévu 2ème partie

Deuxième partie du texte sur la fertilité

Pour lire la première partie de ce texte c’est ICI.

Il a été plus que difficile de continuer à travailler en même temps que le processus de fécondation in vitro. Les hormones dans le tapis, le stress d’obtenir un + et la peur de faire une erreur dans les nombreux médicaments. Le plus surréaliste dans tout cela, c’est que j’ai eu de nouvelles responsabilités au travail qui me demandaient des efforts supplémentaires. J’ai même eu un boni pour rendement exceptionnel après avoir réussi à livrer ce à quoi on s’attendait de moi. Ce montant nous a aidés à payer une minime partie de la dette que nous avions contractée à la suite à nos démarches. Il y a très peu de gens au travail qui étaient au courant de nos démarches, j’étais discrète sur le sujet. Un peu surréaliste de te faire dire que tu fais du très bon travail alors que tu n’as pas la tête à travailler…

Par la suite, nous avons eu une proposition de don d’ovules dans notre entourage. Je n’étais pas prête à envisager et me tourner vers cette option 1 an et demi plus tôt, mais le temps a fait son œuvre. Nous nous sommes rendus en clinique de fertilité avec cette personne plus que généreuse pour savoir si elle était une donneuse potentielle. Finalement, elle avait le même problème que moi, mais elle avait eu deux enfants quand même (un troisième a vu le jour depuis). Cette personne a tout fait pour nous aider et je lui en serai éternellement reconnaissante. Elle a réussi à nous trouver une nouvelle donneuse qui avait le cœur sur la main. Nous avons été plus que chanceux d’avoir ces personnes sur notre chemin, il y a tellement de belles personnes avec de belles valeurs.

Nous avons réussi à faire la fécondation in vitro avec la deuxième donneuse (après tous les tests, rencontre du psychologue, etc.). Nous avons eu 5 embryons. Nous avons fait trois transferts au total (nous avons perdu un embryon durant la décongélation). Je vous épargne tous les détails et les tests qui ont dû être faits entre chacun des transferts pour comprendre pourquoi ils ne s’accrochaient pas. Au troisième transfert, nous ne voulions pas aller faire la prise de sang, nous ne voulions pas être déçus une fois de plus. Je regardais sur les forums les symptômes possibles et tous les autres indices qui pouvaient me donner un indice. Durant tout ce processus, j’étais toujours au repos, pas question de faire quoi que ce soit pour nuire à nos chances. Peu de sorties, peu de mouvements, nous devions payer le traitement. Nous nous sommes isolés et avons vécu cela à deux. Mon chum a été formidable avec moi et jamais notre couple n’a été en péril. Ce n’était pas facile, mais il a été parfait. Je n’aurais vécu cela avec personne d’autre.

Suite à la prise de sang, nous devions attendre l’appel de l’infirmière durant la journée (on ne savait pas à quelle heure elle allait appeler et il ne fallait pas manquer l’appel). Nous avons finalement eu le + tant attendu ! Je demandais à l’infirmière si elle était certaine, nous n’avions tellement plus d’espoir après plus de trois ans de traitements et d’efforts pour avoir ce petit plus. Nous pleurions de joie, nous ne pouvions pas croire qu’enfin la vie pensait à nous. Nous nous sommes pris dans nos bras, nous avons collé notre chien, nous étions tellement euphoriques ! On n’a pas pu résister à partager la nouvelle avec la donneuse, nos familles et un couple d’amis qui ont été plus que là pour nous. Tout le monde était tellement heureux.

Malheureusement, après 5 semaines notre bébé a arrêté de grandir. J’ai dû prendre des médicaments pour provoquer la fausse couche. Nous étions anéantis. Tout ce bonheur pour en finir ainsi. Les médicaments pour ne plus avoir ce bébé dans mon corps ont été très difficiles à prendre. J’ai l’impression d’avoir vu et flushé ce bébé dans ma toilette. Cette image restera marquée à jamais dans ma tête.

Suite à cela, mon chum et moi avons décidé de conserver le dernier embryon pour plus tard et prendre du temps pour nous. Nous sommes partis en voyage pour décrocher de cet enfer. Nous irons faire ce transfert éventuellement, mais pour l’instant, on apprend à nouveau à profiter de la vie ce que nous n’avions pas fait au cours des trois dernières années.

Durant ces années de fertilité, nous avons été témoins de nombreuses annonces de grossesse (famille, amis, connaissances). Je ne mentirai pas, nous avons perdu des « amis » durant le processus qui a duré 3 ans et demi. Je considère que nous n’avons pas perdu grand-chose puisqu’ils n’ont pas été là alors que nous en avions plus que besoin. Nous nous sommes rapprochés de ceux qui ont été là et qui ont voulu nous soutenir. Voilà, nos vrais amis ! Nous avons aussi eu le soutien de nos familles dans tout ce processus. Ce n’était pas évident pour tout le monde de comprendre ce que nous vivions. Tant que tu ne vis pas toutes ces étapes, tu ne peux pas imaginer ce à quoi tu dois faire face. Je voudrais dire que j’ai une pensée pour tous les couples dans notre situation et je vous fais un câlin virtuel. J’espère que, pour les prochaines générations, la fertilité sera moins taboue.

Depuis ce temps, nous avons fait une demande d’adoption au Québec. Je vous en reparlerai peut-être dans un autre article.

Texte anonyme

Ma fille et Fanny, quand la réalité rejoint la fiction

Témoignage sur la série Fugueuse

Bien que la série fugueuse ait pris fin après 10 épisodes qui nous ont tenus en haleine, le sujet est loin de tomber dans l’oubli. Les réseaux de prostitutions, l’univers des proxénètes et le triste sort réservé aux jeunes filles sont encore très présents dans les médias. Bien que les gens soient plus sensibilisés au phénomène, il est faux de croire que ça n’arrive qu’aux autres. Nous sommes très sensibles au sujet et c’est vraiment important pour nous de montrer à quel point c’est important d’abattre les tabous qui persistent au sujet des filles qui tombent entre les mains de ces manipulateurs qui volent une partie importante de leur vie.

Il y a quelques jours, nous avons reçu ce témoignage d’une mère qui vit la même chose que les parents de Fanny et elle nous a offert de partager avec nous ce qu’elle vit depuis que sa fille aînée est tombée sous l’emprise d’un homme identique à celui dépeint dans la série.

 

L’histoire de Fanny, c’est aussi celle de ma fille, ma fille à moi…

La jeune femme que je voyais dans mon écran chaque lundi soir en train de se faire manipuler, agresser, violenter physiquement et psychologiquement.

Ma fille, la chair de ma chair, l’a aussi vécu.

Ça m’a pris du temps à me rendre compte de tout ça… Je pensais qu’elle traversait une autre mauvaise passe, qu’elle défiait les règles comme elle l’a déjà fait par le passé, mais maintenant rendu à 19 ans, que pouvais-je faire ? Je pensais que ça ne faisait que recommencer et que ça allait passer.

Jusqu’au jour où j’ai vu une vidéo sur les réseaux sociaux d’elle au centre-ville de Toronto. Que j’ai trouvé un billet de train identifié à son nom qui prouvait qu’elle était bien sur place !

Au même moment dans nos télévisions, un personnage dans la série District 31 allait aussi à Toronto pour y faire son travail d’escorte. 1 +1, ça fait 2.

Je me suis dit : « Non… pas la mienne… pas ma fille à moi ! »

Lors du temps des Fêtes, elle n’était pas parmi nous puisqu’elle effectuait un séjour de 3 semaines dans la ville Reine. Je ne faisais que m’interroger avec l’angoisse au ventre : Est-ce que plein d’hommes sont en train d’utiliser son corps pour assouvir leurs plaisirs ? Comment a-t-elle pu en arriver là ? Ces hommes-là, avec ma fille à moi.

Après cette période vint des menaces de mort d’un gang de rue, par la suite une arrestation pour voie de fait, séquestration et menace sur un jeune homme. Ma fille, mon bébé, arrêté et mis en prison pour des gestes posés sous menace de 2 jeunes hommes ainsi que de son proxénète.

J’ai ensuite eu droit à une avalanche de confidences qui furent extrêmement douloureuses à entendre, mais qui me confirmait que ma fille, ma fille à moi est, elle aussi, une Fanny. Je nageais en plein cauchemar, je ne m’étais rendu compte de rien. Je n’avais que quelques doutes et des soupçons, mais je n’arrivais pas à comprendre comment ça avait pu nous arriver à nous. Nous étions la petite famille typique avec la maison, les enfants, le chien. C’était inconcevable.  

Ça me fait si mal en tant que maman d’entendre tout ça de la bouche de ma fille, mais c’est surtout un million de fois plus terribles pour elle d’avoir vécu toutes ces atrocités !

Savez-vous le pire dans tout ça ?

Ma fille, ma fille à moi, elle aime son Damien.

Exactement comme Fanny.

 

Il y a des milliers de cas comme Fanny, de jeunes filles qui souffrent sous l’emprise d’un homme qui les exploite en leur faisant croire qu’elles vivent une belle histoire d’amour. Si celles qui sont mineures peuvent être prises en charge par les centres jeunesse et la DPJ, celles qui ont atteint la majorité peinent à trouver les ressources qui leur permettraient de s’en sortir ou se laissent difficilement convaincre d’y avoir recours. Nous sommes de tout cœur avec les jeunes femmes qui tentent de s’en sortir et nous souhaitons du courage aux familles aux prises avec cette situation.

À la suite de ce témoignage, nous désirons mettre en lumière les organismes qui peuvent prêter main-forte aux filles qui cherchent de l’aide et espérer les aider à y avoir recours.

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle   

« Mise sur pied en 2005, elle regroupe 50 groupes membres, plus de 150 membres individuels et de nombreux et nombreuses sympathisants.es qui croient qu’un monde sans prostitution est possible. Le travail de la CLES se décline en trois principaux volets soient les services aux femmes, la sensibilisation et la formation de même que l’action politique. »

Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale.

« Notre mission est de travailler en solidarité à tisser une société égalitaire en éradiquant la traite humaine. »

Les survivantes

« Le projet Les Survivantes consiste à offrir des séances d’information aux différents professionnels œuvrant auprès des victimes d’exploitation sexuelle. Il vise également à sensibiliser ces dernières et à les informer sur les diverses ressources susceptibles de les aider à sortir de ce milieu. »

Le centre d’aide aux victimes d’actes criminels

« Les centres d’aide aux victimes d’actes criminels, les CAVAC, sont là pour vous aider à en surmonter les conséquences psychiques, psychologiques et sociales. N’hésitez pas à les contacter, leurs services professionnels sont gratuits et confidentiels. »

       

Hommage aux Mamans dans mon entourage : Amies, Famille, Collègues

Est-ce que je suis prête pour être mère? C’est une très bonne question, parce que je n’y avais jamais pensé avant la rencontre de mon copain actuel. Tel que mentionné dans un précédant article, je réalise beaucoup de choses et me questionne sur beaucoup de choses depuis son arrivée dans ma vie. J’ai la conviction qu’il va m’apporter un tout nouveau sens dans ma vie un jour.

Il est bien évident que nous n’avons pas besoin de diplôme de secondaire ou universitaire pour devenir mère, mais je regarde les mamans autour de moi pour répondre un peu aux questions que j’ai ou tout simplement me faire une idée de c’ce que c’est qu’être une maman.

Bien que je sois entourée de mères, que ce soit les amies, les collègues de travail et même celle de ma famille, il reste que je n’ai aucune idée de comment le tout va être à ce moment-là dans ma vie.

Il y a plusieurs mois, j’ai fait un texte concernant ma mère et ce qu’elle fait pour ma grand-mère : aidante naturel. Je ne veux pas revenir sur ce sujet, cependant ma mère est un modèle pour moi, sans aucun doute. Il y a aussi les amies qui peuvent servir de modèles. En effet, il y a deux amies à moi que je trouve vraiment impressionnantes à voir depuis qu’elles sont mamans. Je ne vais pas dire leurs noms, elles devraient se reconnaître. Pour les besoins de la cause, disons amie A & amie B.

Ce qui me fait peur avec l’idée d’avoir des enfants est que mon copain travaille de soir/nuit. Mon père a travaillé de soir une partie de ma jeunesse, ceci me confirme que le tout est possible. De plus, mon amie appelée A, me démontre que tout se peut. Avoir une famille est une gestion du temps, peu importe les heures de travail des parents. Ce que je trouve incroyable de cette maman est la manière qu’elle gère le tout. Elle travaille de jour et son chum de soir. Un jour, je vais avoir un peu plus de courage pour la questionner sur son quotidien. Je crois que je ne cherche pas trop à avoir de détails pour ne pas trop me créer des mauvaises idées de cette situation. Lorsque j’ai des doutes concernant l’idée d’avoir des enfants, je me dis dans ma tête ou tout haut : « Elle a réussi à se créer une routine avec sa famille alors moi je peux le faire aussi. »

L’amie B a toujours été présente dans ma vie. Dans les moments les plus faciles comme dans les plus compliqués. Je l’ai toujours appréciée, même avant qu’elle soit une mère. Encore aujourd’hui, mes années dans la restauration sont une histoire d’amour et de haine. Cependant, cette amie fait partie des bons moments que j’ai eus lorsque j’étais serveuse. Je sais que vous allez dire, que je ne suis pas la seule à penser comme cela et qu’il y a surement d’autres personnes comme elle sur cette terre. Ben oui, vous avez tous raison. Bien que ce soit du déjà entendu, il reste que je la trouve extraordinaire. Au-delà de son titre d’amie, blonde, collègue, enfant, elle est une maman. Aucunement besoin d’avoir de super pouvoirs pour être une super maman. Elle a fait un retour à l’école tout en s’occupant de sa famille. Elle s’implique dans de beau projet qui viennent en aide ou autre.  Cette amie est un modèle pour moi et j’admire la personne qu’elle est devenue au fil des ans.

Toutes les mamans méritent d’être récompensées d’un trophée de la meilleure maman au monde. Je me compte chanceuse d’avoir des personnes comme elles dans mon entourage. Le fait de savoir qu’elles vont être présentes dans ma vie lorsque je vais avoir des doutes ou des questionnements me sécurise énormément.

 

 

La mère poule que je suis

mère poule

C’est la nuit, il fait noir et la maison est en silence… mon cœur bat la chamade et je serre mon oreiller de toute mes forces. Je suis terrifiée, figée sur l’écran. Je ne me sens pas bien, je n’aime pas cela du tout.

Pourquoi ai-je encore lu les nouvelles?

Une histoire d’un enfant noyé, d’une disparition, d’un accident mortel…

 

Mes enfants.

Mes trésors.

 

J’angoisse souvent quand il s’agit d’eux.

Je vis dans cette perpétuelle phobie.

Je cauchemarde en plein jour, en pleine nuit. Trop souvent.

Sans que je le réalise pleinement, ma raison glisse entre mes doigts craintifs, face aux fatalités qui lorgnent mes enfants.

Je suis plus qu’une mère poule.

Je suis une mère poule mouillée!

Et pourtant, je me considère comme un être logique, comme une personne zen, qui aime la vie, qui jouit de la vie. Toujours, je suis positive, je garde le cap, je relève mes manches.

Par contre, je me sens inapte devant cette émotion, qu’est la panique.

J’ai la peur au ventre, la trouille, des sueurs froides.

C’est plus fort que moi, que ma volonté!

Mes deux enfants ont dormi avec un moniteur de mouvement jusqu’à l’âge de 3 ans. Le AngelCare, c’est mon meilleur ami.

Mon ange gardien.

Il m’a permise de dormir sans avoir à constamment aller vérifier si mes amours respiraient.

Cette appréhension, cette crainte. Toujours présente comme mon ombre.

Encore aujourd’hui, je me surprends à aller les voir, si je me réveille dans la nuit.

Je les observe dormir, respirer… je les embrasse, remercie la vie de leur présence.

Mais, je considère que j’ai le droit d’avoir peur, d’être sur le guet, prête au pire.

J’ai vu la mort, avec Luna…

La mort m’a regardé droit dans les yeux et s’est sauvée avec ma petite princesse sans qu’elle ait la chance de prendre un seul souffle de sa vie.

Ma belle… si petite et déjà partie.

J’étais impuissante. Clouée devant ce spectacle funèbre qu’aucun parent ne devrait avoir à subir.

Et puis, avec Soléa aussi…

À quelques jours de vie, cette maudite faucheuse a eu l’audace d’essayer à nouveau son crime. De revenir tenter de m’enlever mon trésor le plus précieux.

Je me souviendrai toujours de cette journée fatidique.

Nous étions dans le département des prématurés à Ste-Justine car le cœur de ma fille n’arrivait pas à rester stable depuis sa naissance.

Nous venions de lui donner un médicament pour l’aider et d’une seconde à l’autre, tout à basculé.

Au ralenti…. une éternité de temps.

Ses données cardiaques se sont affolées, une sonnerie a retentit, une infirmière a accouru. Puis une autre. Puis le bouton d’urgence a été activé… j’entends encore ce son strident, cette alarme qui par son bruit n’annonçait rien de bon!

L’équipe de réanimation qui arrive en trombe dans notre chambre…

Et puis, cette image… cette seconde marquée au fer rouge dans mon cœur meurtri de mère.

Son teint bleutée. Sa petite main qui vacille, sans vie, inanimée, vide de vie…

Elle est revenue. Ma battante. Ma guerrière. Elle a fait un pied-de-nez à un destin qui n’était pas le sien. Pas pour le moment, du moins.

Donc oui, je crois que mes frayeurs sont justifiées. Quand la fragilité de l’existence vous apparaît de manière si limpide, elle ne vous quitte jamais…

C’est l’épée de Damoclès qui se balance au dessus de ma tête, jour après jour.

Puis, ils grandissent… 3 ans et 6 ans… et mon angoisse semble grandir avec eux.

Le camp de vacances, les sorties scolaires, les nuits où ils dorment chez la famille ou les amis…

La vie est un perpétuel bassin de dangers potentiels… j’aurais beau être collée sur eux 24 heures sur 24, je me rends bien compte que je dois les laisser vivre aussi. Malgré mes phobies, malgré tout ce mal que je vois autour d’eux. Outre les tragédies qui déferlent et les sinistres qui assombrissent les jours ensoleillés.

Ils ont droit à leur enfance, aux plaisirs de la vie, les premières expériences, les aventures palpitantes.

Ils méritent le rire et le bonheur.

Ils vont tomber, se blesser, aller à l’urgence et me faire vivre des nuits blanches.

Je le sais.

C’est la vie comme on dit.

 Folie Sofia logo reviseure