La nouvelle mini-série en six épisodes The Girlfriend, disponible sur Amazon Prime Video, est une adaptation du roman à succès The Girlfriend de Michelle Frances. Derrière la caméra, Robin Wright occupe un rôle triple: productrice, réalisatrice et actrice principale. Elle prête ses traits à Laura Sanderson, une femme accomplie, mère dévouée et épouse attentive, qui voue une admiration quasi viscérale à son fils unique, Daniel (27 ans).
Lorsque Daniel tombe sous le charme de la séduisante et mystérieuse Cherry, il est immédiatement ensorcelé par cette jeune femme au charisme troublant. Rapidement, il la présente à sa mère, espérant une rencontre harmonieuse. Mais dès les premières minutes, Laura sent que quelque chose cloche. Est-ce simplement la peur de «perdre son bébé», ou un véritable instinct protecteur?
Une guerre de perceptions
L’un des atouts de la série est sa narration à double point de vue. Chaque épisode propose des variations subtiles entre la perspective de Laura et celle de Cherry, invitant le spectateur à douter constamment de la réalité. Ce procédé entretient une tension psychologique efficace: Laura est-elle une mère possessive en train de perdre la raison, ou bien la seule à percevoir la véritable nature de Cherry?
Divulgâcheurs à partir d’ici!!
Au fil des épisodes, la balance semble pencher du côté de la folie maternelle. Laura apparaît de plus en plus instable, prête à tout pour éloigner Cherry de son fils. Le spectateur est amené à s’identifier à Daniel, partagé entre amour et loyauté filiale. Mais la dernière ligne droite renverse les attentes: sous ses airs de petite amie idéale, Cherry cache un passé et des intentions bien plus sombres qu’elle ne le laisse croire. Les inquiétudes de Laura, que l’on croyait paranoïaques, trouvent alors un écho glaçant.
Points forts
Robin Wright livre une performance nuancée, oscillant entre fragilité et détermination. Sa mise en scène privilégie les regards, les silences et les micro-expressions, renforçant l’ambiguïté des personnages.
Olivia Cooke (l’actrice incarnant Cherry) insuffle à son rôle un charme inquiétant qui maintient le doute jusqu’au dénouement. La réalisation sobre, presque clinique, accentue l’impression d’étouffement et de huis clos émotionnel.
Points faibles
Malgré ces qualités, la série flirte parfois trop rapidement avec le cliché «monster-in-law», cette belle-mère intrusive qu’on a déjà vue au cinéma et à la télévision. Le scénario insiste beaucoup sur la supposée obsession de Laura, au détriment du développement du côté obscur de Cherry. Là où le roman de Michelle Frances multiplie les nuances, la série aurait gagné à explorer plus profondément les motivations et manipulations de Cherry, plutôt que de concentrer la tension uniquement sur la descente aux enfers de Laura.
Verdict
The Girlfriend est un thriller psychologique élégant, porté par des performances solides et un jeu de miroirs qui tiendra les spectateurs en haleine. Un divertissement efficace pour les amateurs de drames familiaux toxiques.



