Chaque fois que je me plonge dans un roman de la maison d’édition Hurtubise, c’est presque toujours un pari gagnant. Honnêtement, je ne connais pas d’autre maison d’édition au Québec qui réussit aussi constamment à m’offrir des lectures marquantes, des moments dont je me souviens longtemps après avoir refermé le livre.
Quand j’ai débuté le roman N’oublie pas les étoiles de Véronick Talbot, j’étais quasiment certaine d’aimer ça. Même si je ne connaissais pas l’autrice.
Parce qu’Hurtubise ne pouvait pas se tromper. Et… il avait encore un fois visé juste.

C’est un roman profondément humain, qui parle de deuil, d’amour et de recommencement avec une justesse qui fait du bien.
On y rencontre Nathan, encore habité par la mort de Sofia, son ex-amoureuse, qui s’est enlevé la vie quelques mois plus tôt. Il quitte Terrebonne (ma ville!) pour Québec, avec l’espoir un peu flou que changer de décor l’aidera à respirer autrement. Dès les premières pages, on sent le poids de l’absence, dans les gestes qu’il évite, les souvenirs qui s’imposent sans prévenir, les silences qu’il traîne avec lui. Véronick Talbot décrit le deuil simplement, sans grands discours, mais avec une retenue bouleversante. Elle montre ce qui reste quand tout s’est effondré et que la vie continue quand même.
Florence, de son côté, est enfermée dans une existence trop bien organisée pour être heureuse. Elle vit une relation qui ne lui ressemble plus, à force d’avoir voulu répondre aux attentes des autres. Quand elle croise Nathan par hasard, le lien qui se crée entre eux est lent, fragile, imparfait. Pas de coup de foudre, pas de grandes promesses. Juste deux êtres un peu puckés qui se reconnaissent dans leurs failles et qui trouvent, l’un près de l’autre, un espace pour respirer.
Ce que j’ai aimé, c’est la manière dont l’autrice parle de l’amour. Ici, l’amour ne guérit pas tout et ne sauve personne. Il permet plutôt d’apprendre à se regarder autrement, à exister côte à côte sans se réparer à tout prix. C’est une romance douce, honnête, teintée de maladresse et de pudeur, qui sonne vrai.
L’ambiance joue aussi un rôle important. Québec, les marches, les cafés, les discussions simples deviennent des moments suspendus, chargés d’émotions discrètes. Ça amène beaucoup de beauté à l’histoire à travers le sérieux du sujet.
La note de l’autrice à la fin du roman m’a particulièrement touchée. Véronick y explique que l’histoire de Nathan est aussi, en partie, la sienne. En refermant le livre, je me suis dit que ça expliquait tout. Cette justesse, cette pudeur, cette façon si précise de nommer la souffrance sans jamais l’alourdir. On sent que cette douleur a été vécue, traversée, apprivoisée, et que les mots viennent d’un endroit profondément vrai.
J’ai tournée la dernière page avec une petite larme. Est-ce que c’était pour l’autrice, pour l’histoire? Qui sait… mais j’ai adoré.



