Quand j’ai fondé Folie Urbaine il y a bientôt 10 ans, je ne cherchais qu’une plateforme où m’exprimer librement.
J’avais des choses à dire et j’avais envie d’un endroit sans compromis pour le faire.
Je ne pensais jamais aimer ça autant que ça avoir un blogue. Et vouloir y consacrer tout mon temps libre, toutes mes soirées, mes week-ends et mes vacances. Parce que j’y croyais fort à ce beau projet.
Et… ben j’y crois encore.
Mais différement.
La Jen d’il y a 10 ans se mettait beaucoup de pression pour que ça fonctionne. Écrire un texte par semaine, dire oui aux invitations, créer du contenu chaque jour, rester à l’affût des tendances, accepter toutes les opportunités.
Je croyais que c’est tout ce que je devais faire :
- pour apprendre à me connaître
- pour gravir les échelons
- pour essayer plusieurs choses avant de trouver ce qui me représentait le mieux
- pour voir jusqu’où ça pouvait me mener
10 ans plus tard, tout a tellement changé.
En 2016, j’étais une éducatrice à la petite enfance qui travaillait 40 heures par semaine, en passait 45 sur son lieu de travail et travaillait en parallèle sur Folie Urbaine, les soirs et les fins de semaines, pour se changer les idées. Pour se raccrocher à un projet personnel qui lui tenait à coeur en ayant secrètement espoir que ça pourrait teinter un jour son parcours professionnel.
Et ça a marché.
5 ans plus tard, suite à un voyage de presse dans Lanaudière, j’avais l’occasion de quitter le milieu de la petite enfance pour devenir spécialiste médias sociaux et créatrice de contenu pour Tourisme Lanaudière. Si la première année a été difficile, j’y ai trouvé par la suite un immense bonheur à occuper cette fonction.
Bonheur qui perdure encore aujourd’hui.
Mais créer du contenu et gérer des médias sociaux 35 heures par semaine (souvent plus!) en étant payée pour le faire, c’est venu faire toute une différence sur la motivation de le faire juste pour le plaisir pour Folie Urbaine.
Au début, j’ai gardé le même enthousiasme, la même motivation. J’ai même eu un gros regain d’énergie lorsque j’ai pris les rênes de Folie Urbaine en solo, en mars 2023.
Mais depuis 2025, ma passion s’est transformée. Sans nécessairement s’essoufler, je dirais qu’elle a tout simplement décidé de se déposer.
Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, les changements d’algorithme, la montée de popularité du marketing d’influence, les médias numériques qui surpassent maintenant les médias traditionnels et l’attention des gens qui diminue toujours un peu plus, c’est de plus en plus difficile de rester aussi motivée que je l’étais.
Quand tu passes tes journées devant un écran, téléphone à portée de main en tout temps. Que ton cerveau est toujours en mode création de contenu, analyse des performances, idées de publications, anxiété de performance et tout ce qui compose le quotidien d’une gestionnaire de médias sociaux, il vient souvent des moments où je n’ai tout simplement plus d’énergie pour en créer parallèlement sur Folie Urbaine.
Ce qui explique que mon dernier texte aussi personnel datait du mois d’avril. Ma plus longue pause d’écriture en 10 ans.
Je me suis même demandée si je n’avais pas fait le tour de ce que j’avais à dire.
En 10 ans, j’ai parlé de mon couple, de mon fils, de mon travail, de mes amitiés, de mes états d’âme, de mes blessures, de mes échecs, de mes réussites, de mes looks, de mes adresses préférées, de mes lectures… j’ai été un vrai livre ouvert avec toute la vulnérabilité que ça implique.
J’ai monté une petite communauté fidèle, précieuse.
J’ai développé des partenariats avec des entreprises qui me sont chères, j’ai appris à dire non à celles qui ne correspondaient pas à mes valeurs.
En septembre, je ferai un bilan de ces 10 ans. Parce qu’il y a tant à raconter encore.
Je suis fière du chemin parcouru et de tout ce que j’ai construit au fil des années. Aujourd’hui, je sens que mes bases sont solides. Mais après dix ans dans le même décor, on finit parfois par avoir envie de redessiner les espaces, d’ouvrir de nouvelles portes et de réinventer l’ensemble, plutôt que de simplement donner un coup de pinceau pour rafraîchir ce qui existe déjà.
C’est ce qui explique pourquoi je suis plus discrète sur Folie Urbaine depuis plus d’un an maintenant.
J’ai choisi de continuer à créer, mais sans me mettre de pression. J’ai décidé de laisser de côté cette obligation que je m’imposais d’être disciplinée en tout temps, de publier selon un horaire précis, de ne jamais dévier du plan que je m’étais fixée.
Puis j’ai réalisé une chose : ces attentes que j’avais envers moi, j’étais la seule à les connaître. Et surtout, j’étais la seule à y accorder autant d’importance.
Personne ne m’écrirait pour me demander pourquoi je n’avais pas publié de texte cette semaine. Personne ne s’inquiéterait de l’absence de ma plume.
À l’exception, peut-être, des gens les plus près de moi. Mais eux savent. Ils savent ce que je vis, ce que je traverse et ils comprennent que, parfois, écrire demande une énergie que je n’ai tout simplement pas.
Mais j’aimerai toujours écrire. Et surtout, avoir une plateforme pour le faire en toute sécurité et en toute transparence.
Alors c’est pour cette raison que je continue.
Toujours à coeur ouvert, mais à mon rythme.



