larme

La dernière larme


La dernière larme,
Celle qui se pointe avant qu’on ne rende les armes,
Celle qui glisse le long du visage,
Comme l’annonce d’un mauvais présage.
Je l’ai vécue tant de fois,
Comme une fin de chacune de moi.
Un deuil de celles que j’ai été,
Une mort de celles que j’ai incarnées.
Souvent, je me suis demandé pourquoi
Cette larme apparaissait parfois.
Inattendue, elle me laissait sans voix.
Je n’ai pourtant qu’une seule foi :
Celle qu’il existe plus grand que soi.
Et dans cet orchestre qu’est la vie,
Je sais qu’on ne peut en faire fi.
Notre existence est une succession
De parts de nous, en perpétuelle évolution.
Chaque pas que l’on fait
Porte une intention, produit un effet.
Chaque rencontre a son but,
Même si son sens nous échappe au début.
Il n’y a pas de coïncidence,
L’Univers œuvre avec sa propre conscience
Et façonne nos chemins, nos expériences.
Alors, quand une larme émerge,
Je sais que quelque chose en moi se régénère.
Que je laisse derrière ce qui ne me nourrit plus,
Et que je me retrouve, à nouveau, mise à nu.

Qu’une nouvelle version de moi naît,
Prête à me guider vers ce qui m’attend désormais.
Alors, je ne questionne plus cette larme.
J’ai appris à aimer cette métamorphose,
À accueillir ce que le changement me propose,
Sans craindre qu’il ne me désarme.
La Vie est un perpétuel cycle de fins,
De morts symboliques et de nouveaux lendemains.
Alors, il est juste, sain et sensé
De croire que nos chemins puissent s’y calquer.
Au revoir à celle que j’ai été,
Et bienvenue à celle que je serai.

Charline Ibarra signature