Maman en quête de temps

maman en quête de temps

Salut!

Moi, c’est Catherine. Je suis maman à la maison depuis presque 4 ans pis des fois je trouve le temps long. Très long. Pourtant, je n’ai pas à me plaindre; ce ne sont ni les tâches, ni les corvées, ni même les besoins de mes enfants qui manquent pour remplir mes journées. Malgré tout, la plupart du temps, j’ai l’impression que mes journées passent à la vitesse tortue. Pourtant, mes enfants grandissent beaucoup trop vite. Belle ironie!

En fait, de quoi je me plains? De manquer de temps. De temps pour moi. Entre le lavage, le pliage, les repas, le nettoyage de la maison, les siestes (mes enfants ne sont pas du tout des champions du dodo), encore et toujours des repas, j’ai le sentiment d’être débordée mais de n’avoir rien fait. Rien fait pour moi. Je sais que, pour certains, être à la maison c’est facile, simple et fluide. Les enfants coopèrent, jouent seuls par moment ou s’endorment et dorment sans interruption (mon rêve!!). Chez moi, ce n’est pas comme ça. 85 % du temps, j’ai mon plus petit dans les bras (sachez que j’ai commencé avec un 100 % bras alors c’est une belle diminution!), je dois toujours l’avoir à l’œil parce qu’il est plus rapide que son ombre et que c’est un vrai aventurier dans l’âme, alors que ma grande apprend doucement à jouer seule et boude les siestes. Ces temps-ci, je rêve d’avoir 1 h seule l’après-midi. Un petit 60 minutes où ma fille dort (ou se repose) et où je ne suis pas obligée d’être couchée avec mon garçon pour ne pas qu’il se réveille au moindre de mes mouvements. Un petit 60 minutes à faire quelque chose qui m’allume. Pas de la vaisselle ou du ménage. Juste quelque chose pour moi.

L’automne me donne toujours le goût de me plonger tête première dans un projet. De me réinventer. J’ai songé travailler à temps partiel, seulement pour m’occuper, mais ça ne cadrait pas avec mes besoins et désirs du moment. Je me suis donc inscrite à une majeure. J’étais très excitée par mon nouveau projet de m’accomplir autrement qu’au travers de mes enfants. Finalement, après avoir payé les frais de scolarité avec mon « non salaire » de maman à la maison pis d’avoir reçu mes livres, l’angoisse s’est installée dans le creux de mon ventre, accompagné d’un immense poids sur mes épaules. Pendant plusieurs jours, je me questionnée à savoir si j’avais vraiment envie de me replonger dans des études. Peut-être un jour, mais après introspection, j’ai compris que ce n’était pas ce besoin que je cherchais à combler.

Finalement, avec ma trentaine , j’ai envie de me laisser envahir par mon côté créatif. J’ai donc choisi de m’inscrire à des cours de danse avec ma maman (oui, oui ma maman!), je vais dessiner davantage, lire, lire et lire. Mais surtout, je vais me permettre de sortir de la maison davantage quand je vais en ressentir le besoin. D’aller écrire dans des cafés ou simplement flâner à ma bibliothèque que j’adore. Juste prendre du temps pour moi. Sans pression. Sans besoin de performance.

Catherine Héroux Audrey photo de signature

Un héritage en cadeau

un héritage en cadeau

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours rêvé de transmettre mes yeux verts à un de mes enfants. Je suis la seule de ma famille à avoir les yeux de cette couleur. Je les tiens de mon grand-père. Mais si j’ai pu hériter de ce gène, c’est bien grâce au magnifique gène récessif des yeux bleus pétants de mon papa.

Lorsque le projet d’avoir des enfants avec mon chum est arrivé, j’ai rapidement commencé à me faire des scénarios possibles quant au mélange de nos gènes pour former notre enfant. Je revenais toujours au même constat. Je visualisais mon premier enfant avec la shape à papa, mes yeux verts et de beaux cheveux bruns chocolat au lait. Je n’ai aucune idée pourquoi cette image s’imposait à moi en boucle, mais j’en rêvais constamment. La seule certitude que j’avais : mon chum et moi avions énormément de cheveux à notre naissance, j’étais certaine que j’allais mettre au monde des enfants chevelus.

Anecdote : Dans mon jeune temps, lorsque j’étais animatrice de camp de jour, une petite fille âgée de 5 ans m’avait demandé, lors d’une sortie, si j’avais un chum. Intriguée, je lui avais demandé pourquoi elle voulait savoir ça. Sa réponse : « ben, t’as ben trop les cuisses blanches pour avoir un chum ». O.M.G. Je ne pouvais pas croire qu’une jeune fille de son âge 1- m’avait dit ça, 2- pensait ça réellement. Je me suis longtemps questionnée à savoir ce qu’on avait pu dire à cette enfant pour qu’elle ait de telles pensées. J’étais sidérée.

Plusieurs années plus tard, je me promène dans le Vieux-Québec avec mon mari (parce que oui, jeune fille, je suis même mariée!) et notre fille. Un couple s’arrête proche de nous et j’entends la femme dire : « elle est dont ben blanche (en parlant de ma fille), elle ne doit pas aller dehors souvent! ». Rendu là, je ne sais pas si je dois pleurer de rire ou de découragement. Que voulez-vous, ça doit être génétique (même si mes parents et mes frères bronzent, moi non!). Mon teint est pâle. Très pâle. Presque translucide. Malgré tout, je considère que ce n’est pas un sujet universel sur lequel tout le monde doit absolument avoir un avis.

Il est aussi vrai de dire que je ne bronze pas, je rougis. Si j’ai longtemps envié mes amis de bronzer, j’ai appris, avec les années, à apprécier mes caractéristiques physiques. Oui, il y a encore certains aspects qui me dérangent plus que d’autres, mais au-delà de l’enveloppe physique, j’aime la personne que je suis et que je deviens. Je mise davantage sur ma personnalité. Avec les années, j’ai appris à mettre de l’avant mes qualités et mes forces que j’apprécie. Je sais aussi reconnaître quels sont mes points à améliorer ou quand avertir mon entourage que ce n’est pas une bonne journée pour entrer en relation avec moi (lol pas lol). Les années m’ont appris à me connaître et à reconnaître ma valeur. Depuis que je suis maman, jamais je me suis dénigrée devant mes enfants. Même si ce chandail-là me fait un muffin top ou que je me sens serrée dans une paire de pantalons. Au contraire, j’essaie de leur montrer, du mieux que je peux, à s’aimer en entier pour ce que l’on est. Pour ce que l’on veut être. À travers notre regard. Pas celui des autres. Alors oui, j’ai imaginé mon premier enfant avec la shape à papa, mes yeux verts et de beaux cheveux bruns chocolat au lait. Mais au-delà de nos gènes physiques, j’espère que leur père et moi, allons transmettre à nos enfants la confiance en soi, la connaissance de soi, la générosité, la résilience, l’indulgence, la persévérance, le plaisir de la vie, et tellement plus encore. J’espère qu’ils vont apprendre à se respecter et à respecter l’autre. Et surtout, comme base, à s’aimer. À s’aimer en entier avec les éclats et les fissures, le brillant et le terne. À se pardonner leurs erreurs mais aussi à s’auto féliciter pour les bons coups. À être fiers d’eux, autant que nous le sommes. Voilà une partie de l’héritage que je souhaite leur léguer.

(Scoop pas scoop : ma grande fille est exactement comme je l’avais imaginée 😉 .)

Catherine Héroux alix marcoux

5 raisons d’aimer l’Halloween!

5 raisons d'aimer l'halloween

Il y a quelques semaines, l’été a tiré sa révérence pour céder sa place à l’automne. Les feuilles ont tranquillement commencé à changer de couleurs. Les petites laines ont commencé à envahir nos tiroirs. Les magasins ont rempli leurs étagères de bonbons et de chocolat. Les costumes aussi ont fait leur entrée. Ça y est, l’Halloween est maintenant à nos portes! Pis je trouve ça dont excitant! Suis-je la seule à ressentir la fébrilité que cette fête dégage? Surement pas. Voici mon petit top 5 des raisons qui font en sorte que j’aime l’Halloween!

1. La création de costumes
J’adore me costumer! Il faut dire que j’ai 7 années de camps de jour derrière la cravate, alors j’ai rapidement appris à créer des costumes à partir de pas grand-chose et c’est ce que j’aime le plus! M’inspirer de ce que j’ai sous la main, trouver une idée et créer un costume.

Maintenant, je suis maman. Je peux partager ce bonheur avec mes enfants et, cette année, c’est la première fois que je fais le costume de ma grande. D’aussi loin que je me rappelle, ma mère nous a toujours confectionné nos déguisements et ça fait partie de mes beaux souvenirs de jeunesse. Oui, parfois je regarde mes photos d’enfance et je ne suis pas certaine de savoir en quoi je suis déguisée, mais je trouve ça beau. Beau que ma mère ait mis de son temps, de sa créativité et de son amour dans la confection de nos costumes. C’est original, unique et économique. Maintenant, c’est mon tour! À nous la tradition.

2. Le côté festif des décorations
Ce que j’aime le plus des fêtes, c’est la décoration. J’adore créer un monde, le temps d’un événement. Seriez-vous surpris d’apprendre que j’adore les fêtes thématiques pour enfants, Noël, la St-Valentin, etc.? L’halloween n’échappe pas à la règle. Ce n’est ni l’aspect commercial ni la surconsommation qui me plait dans ces fêtes, mais la magie que j’arrive à créer en réalisant mes propres décorations. Le regard pétillant de ma fille et ma satisfaction d’avoir accompli quelque chose de mes 10 doigts me comblent.

Ah oui, l’Halloween, c’est aussi l’occasion parfaite de faire des bricolages vraiment l’fun avec les enfants. Grâce à Internet, il est possible de se renouveler côté bricolage et ce sont des activités faciles à réaliser et qui permettent d’agrémenter nos journées à la maison.

3. Le côté rassembleur
Pour moi, l’Halloween rassemble les fratries, les amis, la famille, les générations. La frénésie lors de cette journée est à son comble. Quoi de plus beau que de voir son enfant anticiper la soirée, prendre le temps de se préparer en famille, le voir frémir d’excitation en enfilant son costume et se lécher les babines en pensant à sa future récolte? Les plus vieux ne sont pas en reste. L’Halloween est le timing parfait pour organiser un beau party costumé. Plaisir assuré!

De plus, comme mes enfants sont jeunes, nous ne faisons pas encore du porte-à-porte, mais la Ville de Boisbriand, (ma ville!) organise un rallye de bonbons dans le centre d’interprétation de la nature. Les enfants autant que les adultes ont du plaisir avec le sentier, les spectacles, la musique et bien sûr l’ambiance créée. Une soirée où la magie est au rendez-vous et qui rassemble un bon nombre de citoyens.

4. L’orgie de bonbons

On va se le dire, l’Halloween est l’occasion parfaite pour tomber dans le sac à friandises de ses enfants sans se sentir mal. Ils ont tellement de bonbons qu’ils n’y voient que du feu (surtout avec les plus jeunes)! En plus, la mienne n’aime pas ça, ce qui aide ma cause et ma non-culpabilité! Évidemment, j’en profite sans tomber dans l’excès et sans que personne ne tombe malade, mais comme cette soirée n’arrive qu’une fois (et qu’on est très raisonnable à l’année), on se lâche un peu lousse le 31 octobre au soir. Et qui n’aime pas faire le tri à la fin de la soirée pour voir le fruit de la récolte?

5. La récolte de citrouilles

J’ai découvert, l’an passé, les joies d’aller cueillir des courges et des citrouilles. Une journée parfaite sous le signe de l’automne qui permet de faire le plein de courges pour de nombreux potages. Mais le clou de la journée, c’est lorsque chaque membre de la famille choisit sa propre citrouille en vue d’une activité familiale. Creuser et décorer des citrouilles, une activité parfaite pour le mois d’octobre!

halloween

Crédit photo : Catherine Héroux

Laissez-vous envoûter par la frénésie de l’Halloween, elle n’arrive qu’une fois par année!

Soyez prudent lors de votre récolte et surtout, Joyeuse Halloween!

Catherine Héroux alix marcoux

Nouvelle décennie droit devant

J’ai toujours aimé mon anniversaire et je n’ai jamais eu peur de vieillir. Toutefois, je n’ai jamais ressenti le besoin de le fêter autrement qu’avec un souper de famille. Cette année, c’est différent. Cette année, je vais avoir 30 ans. Je change de décennie. J’ai envie de la commencer de belles façons. De la souligner en grand. De la mettre en bold pis en capslock.

Voyez-vous, durant ma vingtaine, j’en ai profité pour réaliser mes trois grands rêves de vie soit : obtenir mon bac, me marier et avoir mon premier enfant à 26 ans (je sais, c’est précis). Parallèlement, j’en ai profité pour être propriétaire d’une maison dans le 450 pis d’une petite Versa Nissan. J’ai vécu deux terribles fausses couches, mais surtout deux mémorables naissances. J’ai eu plusieurs belles surprises, mais aussi de nombreuses malchances. Surtout à ce qui touche ma santé et celle de mes proches. Mes grossesses étaient difficiles, c’est pourquoi, d’un commun accord, à l’aube de mes trente ans, mon mari et moi avons décidé que notre famille était maintenant complète et qu’on misait sur ce qu’on avait de plus beau, ici et maintenant. Quand je regarde en arrière, je vois les belles bases que je me suis érigées pour mon avenir. Celles qui me rendent heureuse. Je peux aussi voir ce que j’ai envie de laisser à la porte de ma trentaine : l’anxiété, l’insécurité et la fatigue. Je peux affirmer que ma vingtaine a été productive. Que je me suis réalisée, voir même dépassée. Je me sens comblée, mais aussi parfois épuisée!

C’est pourquoi j’ai envie de faire peau neuve avec ma trentaine. D’entreprendre un nouveau chapitre, en laissant le négatif derrière et en amenant avec moi, tout ce qui fait briller mes yeux et qui réchauffe mon cœur. J’ai envie de me mettre en avant-plan. De reprendre ma santé en main. De bouger. D’être créative. D’être positive. De miser sur l’essentiel. De laisser aller les surplus envahissants, la culpabilité et le stress. Je veux avoir du plaisir. Je veux continuer à rire à gorge déployée. Je veux me sentir belle. Je veux m’aimer chaque jour. Avec mes défauts, mais surtout avec mes qualités. Je veux dire oui aux opportunités. Je veux être plus présente dans la vie des gens qui me sont chers. Je veux finir par travailler dans un milieu qui me passionne. Je veux continuer à être heureuse. Je veux être tout simplement. Pis tout ça, je sais que c’est possible. J’ai la chance de pouvoir vivre de mes propres choix et d’être entourée de gens aimants qui me propulsent vers le haut. Qui me poussent à vouloir sortir le meilleur de moi. Je parle bien sûr de mon mari et de mes deux beaux enfants. Ma famille est peut-être terminée, mais notre vie à quatre ne fait que commencer et elle ne peut être que merveilleuse. Ma deuxième vie commence maintenant.

À mes 30 ans, le 30 septembre. Cette année, c’est mon année! Cheers!

Je veux savoir, comment avez-vous souligné vos 30 ans?

Catherine Héroux alix marcoux

Journée de rêve

journée de rêve

Ça fait maintenant plus de 3 ans que je suis maman à la maison. Si je fais le calcul, ça fait aussi plus de 3 ans que je n’ai pas eu de nuit complète, de grasse matinée, ni même 24 h (pour pas dire 12 h, hospitalisation exclue) pour moi toute seule. Je ne me plains pas, ce sont mes choix et je crée ma propre vie. Toutefois, aujourd’hui, j’ai envie de rêver. Et si j’avais une journée pour moi toute seule, sans enfants, sans mari, qu’est-ce que j’en ferais?

Premièrement, je dormirais. Sans interruption. Grasse matinée incluse. Je débuterais la journée par une longue douche chaude. Ensuite, j’irais déjeuner au restaurant avec un bon livre. Je prendrais le temps de savourer mon repas chaud et les mots. J’aimerais me faire dorloter, alors j’irais voir ma coiffeuse et après, j’irais au spa me faire masser et me détendre en silence. J’ai décidé que, durant cette journée, il ferait beau alors je prendrais le temps de m’asseoir sur mon balcon avec mon planificateur créatif  pis de juste dessiner, planifier et créer mes semaines à venir. Sans rush. Fidèle à moi-même, je prendrais aussi le temps de juste m’écraser sur mon divan pis de rien faire. D’écouter un film ou deux… ou peut-être juste de faire du binge-watching de séries… Mon idée n’est pas encore arrêtée pour cette activité précise. Mais c’est sûr que je le fais en me mettant du vernis à ongles. Une fois sèche, je mangerais un dessert que je ne serais pas obligée de partager. Et je me coucherais tard. Très tard. Parce que je sais que cette journée ne serait pas prête de se renouveler et ce serait ben correct comme ça. *Notez que tous mes repas me seraient servis durant cette journée de rêve.*

Curieuse, j’ai eu envie de demander aux membres de la Team Mom de Folie Urbaine ce qu’elles feraient si elles avaient une journée pour elles seules. Voici ce qu’elles m’ont répondu :

Jennifer irait faire du shopping toute la journée.

Fanny en profiterait pour fabriquer quelque chose de ses mains. Par exemple, elle ferait un test en fabriquant une nouvelle sorte de savon. Aussi, elle irait fouiner dans une friperie pour faire de superbes découvertes. Elle prendrait le temps de lire et elle terminerait le tout avec une soirée entre amies ou irait au cinéma. Oh, aussi, elle se coucherait tard!

journée de rêve

Céline prendrait le temps d’aller se poser sur un banc, de regarder le Saint-Laurent dans le silence, un thé pour l’accompagner! Ça, c’est pour l’été. L’hiver, elle irait au spa se faire masser avec une musique douce en fond sonore.

Pour sa part, Marie-Pier prendrait le temps de lire un bon livre et de prendre une lonnnnnngue douche chaude!

Charline, elle, irait marcher dans la forêt, dans la nature. Du vrai temps de qualité pour elle, en tête-en-tête avec son âme. À vivre, respirer, communier avec ce qui vit autour de nous, mais qu’on ne voit jamais, ou presque.

Alors que de son côté, Catherine A-L, enceinte de son 2e enfant et épuisée par le travail et la chaleur, rêve de dormir jusqu’à midi pour ensuite rester en pyjama toute la journée en écoutant une série télé. Bref, elle rêve de rester écrasée et ne penser à rien d’autre!

journée de rêve

Toutes des réponses inspirantes qui donnent envient de prendre du temps pour soi. Et vous, qu’aimeriez-vous faire si vous aviez une journée juste pour vous?

Catherine Héroux alix marcoux

Terreur nocturne

terreur nocturne

Un réveil inattendu.
Ta poitrine au repos.
Mon cœur qui manque un battement.
Angoisse.
Je cherche ta respiration. La panique dans mes yeux.
1 seconde, 2 secondes, 3 secondes, je ne suis pas le compte.
Je cherche ton souffle chaud.
Angoisse.
Je te touche; tu bouges. Enfin!
La voilà repartie. Cette respiration tant attendue. Cette douce musique à mes oreilles.

Il faut savoir que mon bébé garçon dort dans sa bassinette, collée sur mon lit. Il me réveille toujours plusieurs fois la nuit, parce qu’il bouge ou parce qu’il pleure. J’ai le sommeil léger d’une maman de jeunes enfants. Le 25 février dernier, je me suis réveillée d’un coup, avant lui, ce qui n’arrive jamais. Comme à mes habitudes de mère freak, je regarde s’il respire.

Je. Ne. Trouve. Pas. Sa. Respiration.

Finalement, en le touchant, il s’étouffe avec sa salive et je le mets au sein comme à l’habitude. Et tout va bien, en apparence. Mais à partir de cette nuit-là, tout change. Cette horreur nocturne hante mes nuits. La peur de me réveiller et de le trouver inconscient m’angoisse. Je dors collée sur lui, son souffle chaud qui réchauffe mon visage et mon cœur.

Le lendemain de l’événement, j’appelle 811 qui me conseille d’aller voir au sans rendez-vous de sa clinique pour nous rassurer que tout est beau. Le médecin de garde n’est pas inquiet plus qu’il faut. Plusieurs enfants font des apnées du sommeil. Pour me rassurer, moi la mère qui dort d’un œil et d’une oreille, il fait une demande à Ste-Justine en pneumologie. Quelques semaines plus tard, après une première rencontre avec la pneumologue de mon garçon, elle décide de nous faire faire une oxymétrie nocturne à la maison afin de mesurer sa saturation lorsqu’il dort.

Quelques jours plus tard, une place se libère à la clinique du sommeil de Ste-Justine, mon bébé garçon est appelé à passer un polysommnographe à l’hôpital. En arrivant là-bas, j’apprends que son oxymétrie n’était pas très belle. Mon angoisse augmente. Je l’avoue, j’ai aussi pleuré, fidèle à mes habitudes.

Le test passé, nous retournons à la maison en pensant que le pire est derrière nous. Erreur. Deux jours plus tard, la pneumologue m’appelle pour me dire que mon petit garçon d’amour doit être hospitalisé pour passer différents tests parce que son polysomnographe a révélé qu’il fait des apnées centrales. Ce type d’apnée est neurologique. Ce qui veut dire que parfois son cerveau n’envoie pas le message de respirer. Ce qui veut dire qu’il y a peut-être une anomalie cérébrale. Ce qui veut dire que c’est vraiment angoissant.

Résultat : Crise de panique. Je vois noir. J’imagine le pire.

Après plusieurs jours à l’hôpital, les nombreux examens se sont révélés normaux. Les médecins penchent pour une immaturité du cerveau qui devrait, je le souhaite de tout mon cœur, se résorber avec le temps. Comme il désature toujours dans son sommeil et qu’il n’a pas un sommeil récupérateur depuis 7 mois, mon petit homme doit maintenant dormir avec de l’oxygène! C’est accaparant, bruyant et imposant, mais ô combien nécessaire!

Le pire est maintenant derrière nous, pour de vrai. Le meilleur reste à venir! Et à toi, mon beau petit garçon, j’ai envie de te dire que toute cette saga m’a permis de comprendre pourquoi ton sommeil était si fragile. De mieux comprendre d’où venait ton hypersensibilité. De mieux comprendre pourquoi tout semblait plus difficile pour nous. De mieux te comprendre toi. Cette fameuse nuit-là m’a permis d’enfin :

Faire la paix avec ma fatigue.
Faire la paix avec tes pleurs.
Faire la paix avec qui tu es.
De simplement t’accueillir, t’accepter en entier, tel que tu es.
De m’accorder avec toi.
De t’aimer. Encore et toujours plus.

Catherine Héroux alix marcoux

Je me choisis

Depuis 2014, j’ai le bonheur de faire partie d’un groupe Facebook de parents zen extraordinaire. Mais voilà qu’en 2017, je vis ma deuxième fausse couche. Celle qui me ternit le regard, qui me magane le cœur et qui fait mal à mon âme. Cette grossesse que je gardais secrète jusqu’à ma 12e semaine. Celle qui m’amenait un petit sourire en coin lorsqu’une autre maman annonçait sa grossesse. Cette perte coïncide, malheureusement pour moi, heureusement pour elles, avec une déferlante d’annonces de grossesse. Mon bonheur pour elles entre en conflit avec mon malheur. Mon cœur et ma tête ne sont pas sur la même longueur d’onde. Chaque annonce me rappelle ma perte. Chaque joie m’enfonce dans ma tristesse. Mon sourire se transforme en larme. Je ne me reconnais plus. En sondant mon cœur, je me rends compte que j’aspire à remonter tranquillement ma pente de bonheur, à mon rythme, un pas à la fois. Sans jalousie, sans amertume.

C’est alors que je prends la décision de me retirer du groupe pour un moment. Cette idée mijotait dans ma tête depuis longtemps, mais je me croyais toujours plus forte que je l’étais réellement. J’aurais voulu partir comme une voleuse, sur un coup de tête, sans le dire à personne, mais je me suis dit à quoi bon, puisque ça me brise le cœur de le faire. Étant maman à la maison sans amies mamans à la maison proches, mon cercle d’amis parents est assez restreint. Ces parents, je me suis liée d’amitié avec plusieurs d’entre eux. Il y a toujours quelqu’un qui est là pour nous; pour nous écouter, nous conseiller ou simplement échanger. Toutefois, je dois m’avouer que de rester me brise le cœur encore plus à petit feu par en dedans. C’est que chaque bonne nouvelle me rappelle juste que j’ai l’utérus compliqué, le dessous du nombril vide pis le cœur rempli de chagrin.

C’est pourquoi aujourd’hui j’innove. Je fais quelque chose d’inédit. Aujourd’hui, je décide de me choisir. De me concentrer sur mon propre bonheur. Celui que j’apprivoise tranquillement. Un cycle menstruel à la fois. Je décide de quitter le groupe pour mieux revenir. Pour revenir plus forte et plus souriante. Je le fais pour ma fille, ma famille, mais surtout pour moi.

Les journées s’écoulent, les mois passent tranquillement. Je refais le plein de joie de vivre, de zénitude. Les nausées débutent. En avril, j’ai une surprise de 13 semaines dans mon bedon. Cette belle famille virtuellement m’ouvre les bras à nouveau comme si l’on ne s’était jamais quitté. Me choisir était l’un des plus beaux cadeaux que je pouvais me faire. J’aspire à continuer de me choisir chaque jour du reste de ma vie.

Catherine Héroux alix marcoux