J'ai un rapport à l'argent un peu tordu, toi aussi non?

J’ai un rapport à l’argent un peu tordu. Toi aussi, non?

L’argent pis moi, c’est rough des fois

Une love-hate relationship, je dirais. 

Comme pas mal de monde, il me semble.

On en veut; on en a même besoin, même si on souhaite que non.

On aimerait ne pas en dépendre mais ce n’est pas trop possible. Bienvenu.e.s dans notre monde capitaliste! 

Me loger, me nourrir, me vêtir, me déplacer. Autant de besoins que de dépenses. Après y’a les sorties entre amis, les repas au resto, les cafés en boutique, et toutes ces petites choses qui font plaisir.

Plaisir et culpabilité. Parce que y’a ce foutu discours qui propage que si t’es broke, faut faire attention. Faut acheter que le minimum. Il ne faudrait surtout pas te voir au resto ou encore en train d’enjoy un film au cinéma. Ce n’est pas dans tes moyens. Pis si tu le fais, ben criss, c’est pour ça que tu struggles. 

Ça me fait chier ces discours individualistes et culpabilisants.

Comme celui où si je veux faire plus d’argent, je peux.

Nope, dude. 

Y’a pas juste ma volonté là-dedans

Y’a aussi ma santé mentale, mes capacités, mes ressources de base.  Mes possibilités. Pas juste ma volonté. Tant pis. 

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L’argent et moi, en ce moment, on n’est pas en bons termes. C’est l’ami.e. que tu espères voir arriver quand ça ne va pas. Quand le frigo commence à être moins rempli; quand tu commences à t’isoler.

En même temps, quand il est là, je me sens imposteur. Je n’ai pas l’impression que je le mérite. Je me dis que je suis bien dans ma misère; que je devrais y rester, non?

L’argent et moi, en ce moment, c’est réaliser que je travaille 6 jours par semaine, pis quand même avoir l’impression de ne pas en avoir assez. Même pas parce que j’en veux tant que ça. Plutôt, parce que j’ai cette foutue peur d’en manquer. Mais aussi parce que y’a des emplois qui ne payent tout simplement pas assez pour survivre, pour vivre adéquatement.

Je ne vous apprendrai rien en disant que certains domaines et emplois sont plus précaires que d’autres (pensons aux horaires variables en service à la clientèle et restauration; aux piètres salaires dans le domaine de la relation d’aide). Petite critique supplémentaire : ces domaines sont traditionnellement à majorité féminine. L’équité salariale n’est pas encore atteinte et ça affecte le quotidien de femmes. **Voir plus bas, pour des sources à ce sujet.

Alors, oui, je travaille souvent 6 jours par semaine et mon salaire ne le reflète aucunement. Et je suis épuisée. Et ça, ça me frustre; ça me fâche. Je suis quand même privilégiée à travers tout cela, pour plein de raisons : je suis blanche; je viens d’une famille de la classe moyenne-aisée; je n’habite pas seule. Je sais que multiple personnes sont dans situations encore plus vulnérables que la mienne. Je suis indignée. Indignée que l’argent règne autant. Indignée qu’il y ait encore autant d’inégalités sociales.

L’argent et moi, en ce moment, c’est aussi d’avoir en aversion les personnes riches. Oui, le 1% de la population qui contrôle la majorité de la richesse du monde. Évidemment que les inégalités sociales mondiales me font capoter. Mais aussi une aversion envers des personnes plus proches de moi, simplement plus aisées. Ça vient fort probablement d’une jalousie; je le reconnais pis ça m’énerve aussi de moi-même. Mais, dans ce moment de ma vie, c’est quand même ça. J’aimerais bien défaire cette pensée. Je ne veux pas que ces personnes soient pauvres, mais plutôt que tout le monde soit dans une situation confortable. Je voudrais qu’on réalise tous.tes. que ça ne fait aucun sens que des personnes peuvent partir en voyage plusieurs fois par année, alors que d’autres ont de la difficulté à se nourrir.

Sur ce, je vais aller boire un verre de vin cheap en philosophant sur un monde meilleur, où les politiques sociales aideront suffisamment la population entière et de façon équitable! 

Je vais essayer de pas culpabiliser sur ce dilemme constant!

**Pour lire sur le travail des femmes, clique ICI. On y parle de cette tristement fameuse statistique que « les femmes touchent en moyenne 0,87 $ pour chaque dollar gagné par les hommes. »

**Une vidéo qui démystifie l’équité salariale se trouve juste ICI.

Anonyme
Catherine Duguay

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