Folie intime·Karine Caron-Benoit·Série : Dépression·Séries de textes·Tous les articles

Dépression : La théorie des cuillères

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Une des choses les plus difficiles quand on vie avec une maladie mentale, c’est la compréhension des autres. En plus de ne pas se comprendre soi-même, on doit expliquer comment on se sent. J’ai une mauvaise manie de vouloir garder à distance mes états d’âme par peur de gosser mes proches. Mais la réalité finit toujours par me rattraper. Je réagis quelques fois à des conversations et je finis par exploser tellement j’ai l’impression qu’on ne me comprend pas, à quel point je me sens seule dans ce que je ressens. J’avoue même avoir quelques fois pensé que mes amies seraient mieux sans moi, tellement que je suis complexe à comprendre parfois. Ce n’est pas évident de devoir se mettre à nu et expliquer que telle ou telle situation pour moi, ne me rendent pas bien. Qu’un mot, une phrase, un geste peuvent me déclencher une crise de panique ou me faire faire de l’anxiété. Je n’ai pas le contrôle et de devoir l’expliquer, c’est de faire face à de gros points d’interrogation dans le visage des gens.

Avec mes amies et collègues Ariane et Jennifer, on se parle chaque jour. Autant pour le blogue que de tout et de rien. On a une conversation à trois et on s’écrit via Messenger. Il est arrivé quelques fois que je réagisse intensément et que les filles ne comprennent pas pourquoi et me bombardent de questions qui augmentent l’anxiété. Travailler en équipe m’angoisse et encore plus lorsque les conversations ont lieu virtuellement. Ariane m’a parlé d’un texte qu’elle avait lu et trouvait que c’était une théorie qui pourrait m’aider à communiquer avec elles, mais aussi avec tous les gens proches de moi qui ne me comprennent pas toujours. J’ai lu le texte. J’ai pleuré. Je l’ai relu et j’ai respiré.

Je vous partage donc ce texte qui est pour moi un outil parfait pour toutes les personnes souffrant de quoi que ce soit, que ce soit une maladie mentale ou physique ou qui est tout simplement différente et qui a de la difficulté à exprimer ce qu’elles ressentent. Il s’agit de la théorie des cuillères. Une manière imagée d’expliquer son quotidien qui n’est pas nécessairement celui des gens qu’on côtoie. L’auteure est atteinte d’une maladie dégénérative et a des limites physiques qui l’empêchent de faire beaucoup de choses. Son amie l’a questionné sur ce que c’est de vivre avec cette maladie. Mais avec des mots, elle voit que son amie ne comprend pas. C’est un peu comme moi lorsque je tente d’expliquer pourquoi telle journée je suis tellement fatiguée et que je finis par dormir toute la journée. Je trouve que la théorie se transpose parfaitement pour les maladies mentales. L’auteure finit par expliquer son quotidien à l’aide de cuillère, un nombre en particulier. Sous forme de jeu elle pose des questions à son amie tout en lui exposant sa réalité à elle. Pour lire le texte, c’est ICI. Je suis certaine que vous comprendrez un peu mieux pourquoi je fais un texte sur cette théorie.

Après avoir lu et partagé ce texte, j’ai commencé à utiliser la théorie des cuillères avec Ariane et Jennifer. Mentionner que tel soir, je n’ai plus de cuiller pour répondre aux messages. C’est difficile de trouver un outil de communication qui ne devient pas une ”excuse”. Je ne sais pas comment bien dire les choses, mais moi qui tente de mettre mon trouble le plus loin de mes relations, je passe mon temps à me justifier. Avec la théorie des cuillères, j’ai comme l’impression d’avoir trouvé un moyen de m’exprimer sans devoir le faire.

Photo de signature pour Karine Caron-Benoit. 

 

N’oubliez pas que si vous avez besoin d’en parler, il existe des ressources :

Centre de prévention du suicide 1-866-277-3553

Centres de crises : Santé Montréal

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *