Folie bien-être·Folie intime·Jennifer Martin

Le bonheur c’tu vraiment dans les petites choses ?

Larousse

Bonheur : n.m, événement heureux, circonstance favorable.

Jennifer

Bonheur : n.m, état moral qu’on passe une vie à chercher et que l’on ressent parfois de façon inattendue, aléatoire ou planifiée.

Tu réponds quoi, toi, quand on te demande si tu es heureux.se ?

Moi, j’ai ben de la misère à répondre seulement oui ou non. C’est pourtant une question fermée qui ne nécessiterait pas une réponse à développement. T’sais comme lorsque je travaillais au service à la clientèle d’un magasin et qu’on me disait de ne jamais demander à un client : « Est-ce que je peux vous aider ? » Parce qu’il y a de bonnes chances qu’il te réponde par la négative. On m’encourageait plutôt à lui poser une question ouverte ne lui permettant pas de répondre seulement par oui ou non.

Et bien le bonheur, je considère que c’est la même chose. C’est un sujet qui mérite qu’on s’y attarde plus que le temps d’un oui ou d’un non.

Depuis toujours, je m’efforce d’identifier les petits bonheurs.

Toute jeune, j’anticipais les fêtes et les occasions spéciales avec la naïveté propre aux enfants. Des souvenirs sont encore très présents dans ma tête. Des instants de joies imprégnés dans mon cœur.

Le jus de pêche en fontaine que ma mère m’achetait le jeudi et que je buvais pendant qu’elle faisait l’épicerie.

Les feux d’artifice qui me permettaient de me coucher plus tard les soirs de Saint-Jean.

Les baignades en sous-vêtements dans la piscine les soirs de canicule, juste avant d’aller faire du camping dans le sous-sol pour profiter de sa fraîcheur parce qu’on n’avait pas d’air conditionné. Des moments où j’étais déjà capable de m’extasier de bonheur devant un événement attendu ou une surprise imprévue.

J’ai tenté de conserver cette capacité d’émerveillement à l’adolescence, même si c’était une période tough.

J’étais heureuse quand j’avais des papillons dans le ventre pour un gars.

Quand je réussissais un examen que je croyais avoir échoué.

J’avais le sourire béat d’une enfant de 5 ans quand je suis allée à Walt Disney à l’âge de 16 ans.

Le bonheur ressenti quand j’ai été acceptée au cégep. Que j’ai acheté ma première voiture !

Une fois adulte, je continue à courir après le bonheur même si je trouve ça dur de voir le temps qui passe trop vite, la routine qui me gruge, devoir payer les factures, vivre des creux de vague affectifs et professionnels. De constater que la notion de bonheur est beaucoup plus complexe qu’avant et que je dois maintenant m’arrêter pour trouver du temps pour les remarquer.

C’est juste moins évident.

J’admire les levers de soleil, fascinée par la multitude de couleurs qu’ils nous offrent. Que ce soit à la plage pendant les trop rares vacances ou sur le chemin familier du travail chaque matin, ils réussissent à suspendre le temps pendant que je les contemple.

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Je respire l’odeur de mon fils et je profite de son pouvoir d’apaiser momentanément toutes mes angoisses.

J’apprécie la plénitude que je ressens quand je suis installée au soleil avec un bon livre et un sac de jujubes et que j’ai l’illusion d’avoir du temps à l’infini alors que je n’ai qu’une petite heure.

Je regarde mon chum encore avec des étoiles dans les yeux, même si c’est plus souvent à la fréquence d’une étoile filante. Bref et furtif, mais bel et bien là.

Mais est-ce que tout ça est suffisant pour affirmer que je suis heureuse ?

Oui, non, peut-être… ce sera sans doute une question à développement sur laquelle je passerai ma vie à essayer de répondre.

    

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