Bonheur, quand je te tiens

Bonheur, quand je te tiens

Nous avons tous notre propre définition du bonheur. Pour certains, il passe par la réussite professionnelle, pour d’autres par la vie familiale. Mais, pourquoi le bonheur ne serait-il non pas l’atteinte d’un résultat, mais bien tout simplement un état d’esprit?  Celui d’accepter la vie comme elle est et justement, de comprendre que le bonheur, on le construit, on ne le trouve pas par hasard.

Cette quête existentielle de chaque être humain de trouver le bonheur est loin d’être évidente. On s’imagine souvent une vie qui reflète nos aspirations autant personnelles que professionnelles. Jeune, on espère avoir un boulot de rêve, une belle petite famille de deux enfants, le chien et la grande maison.

On a tendance à vouloir suivre cette voie toute tracée, souvent trop calquée sur les valeurs de la société. On met tout en place et nos efforts dans ce que nous croyons nécessaire à l’atteinte de cette image du bonheur.

On se demande parfois si justement on peut y arriver et si cela ne sera pas une quête inaccessible. On peut même ressentir cette peur qu’un jour, on n’arrive jamais à se sentir complètement heureux, parce que nous n’aurons pas atteint ce qui est pour nous la notion même du bonheur.

Mais, notre chemin vers ce bonheur n’est jamais linéaire, il nous mène souvent bien ailleurs. Parfois, il nous fait passer par des endroits insoupçonnés, des détours, dans des crevasses ou nous fait nous perdre dans des contrées bien loin de celles que nous avions imaginées.

Pourquoi? Parce que nous changeons à mesure que nous vieillissons. Nos expériences, nos rencontres, nos histoires d’amour, nos réussites, nos échecs et nos découvertes en cours de route font en sorte que ce que nous voulions un jour est peut-être différent aujourd’hui. Non pas parce que cela ne nous conviendrait pas encore, mais parce que nos besoins et nos désirs profonds ont totalement changé avec ce que nous avons vécu.

J’ai compris récemment que le bonheur n’était pas nécessairement ce que l’on cherche, mais bien ce que nous sommes : un être aux prises avec ses propres peurs, celles d’être heureux de ce que nous possédons déjà et d’aimer ce que la vie nous a donné au lieu de viser l’atteinte d’un résultat, qui on pense, va nécessairement nous combler.

J’ai cru longtemps que le bonheur découlait de grandes réalisations, de la reconnaissance des autres, d’exploits que j’aurais accomplis, mais je me suis rendu compte que c’était loin d’être cela, du moins pour moi. Ce petit bonheur que je tiens aujourd’hui entre mes mains, il provient de plusieurs choses dont je ne connaissais pas la valeur auparavant.

Il est plutôt dans la présence de ma meilleure amie près de moi et nos discussions interminables qui me font du bien. Je le ressens dans cette amitié solide et sans faille. Mon bonheur, il se retrouve aussi dans l’odeur d’un thé bien chaud et réconfortant assise sur mon divan alors que l’automne transforme les couleurs des arbres.

Il est là également dans le crépitement d’un feu un soir d’été, alors que je suis entourée des gens que j’aime. Il se trouve parfois dans le vent qui souffle dans mes cheveux lors d’une marche à l’extérieur, dans une chanson qui passe à la radio et me donne des frissons, dans la caresse fugace de la main d’un être aimé sur ma joue ou dans le rire cristallin d’un enfant totalement heureux.

J’ai compris il n’y a pas longtemps, que le bonheur devait éclore en moi avant de s’épanouir et de réellement exister. Ce bonheur que nous désirons plus que tout, on doit le construire nous-mêmes, un pas à la fois. Il ne se trouve pas par hasard sur notre chemin et il n’est pas là non plus à nous attendre tranquillement au détour d’un coin.

Notre bonheur devrait être simple et nous ressembler. Il ne devrait pas se mesurer aux regards des autres. Il n’a aucun visage, ni de modèle fixe. Il est unique comme toi et moi.

Ce bonheur, il est là et on le tient souvent dans le creux de nos mains. Il est seulement un amoncellement de ce qui fait battre notre cœur un peu plus fort, nous fait du bien à l’âme et qui nous réchauffe de l’intérieur. Je me suis rendu compte au fil du temps que le bonheur prenait la place que je voulais bien lui offrir et lui laisser en moi.

Et maintenant, il est là, je le tiens et toi?

Julie Lambert
Catherine Duguay

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