Et c'est pas fini

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé — 2 ans plus tard… et ce n’est pas fini

Pour lire les précédentes chroniques, c’est ICI.

Déjà le 19 novembre 2020. Deux ans pile poil que je suis tombée sur une plaque de glace qui a tout changé.

Deux ans de douleurs, de doutes, de remises en question, de réflexions, de petits deuils. Deux ans que je ne suis plus la même.

Jamais au grand jamais je n’aurais imaginé écrire encore sur le sujet après tout ce temps. C’est d’ailleurs la plus longue série de textes que j’ai écrite sur le blogue. Si le sujet n’était pas aussi déprimant, il y aurait suffisamment de mots pour que ça devienne un roman.

Celui-ci tarde toujours d’ailleurs.

Un projet que j’avais brièvement entamé lors de ma première convalescence et qui prend la poussière. Depuis plus d’un an maintenant. Perdu quelque part dans les dossiers inactifs de mon ordinateur.

J’ai de l’inspiration pour écrire sur l’actualité, mais pour la fiction, c’est le calme plat.

Mon esprit est saturé par tout ce que l’année 2020 m’apporte comme émotions fortes. Une nouvelle maison, un voyage en famille, une pandémie, un confinement, une deuxième opération, une autre convalescence, un deuxième confinement. Je suis essoufflée juste à me lire parce que mon cardio est pour l’instant aussi inexistant qu’un vaccin contre la COVID-19.

Lorsque j’ai été opérée le 16 juin dernier, j’étais loin de me douter que cette deuxième intervention mettrait autant de temps que la première à guérir. J’ai passé les 4 derniers mois à la maison et j’ai repris le travail de manière très progressive au cours des derniers jours.

Mais à la suite de mes récentes évaluations, j’ai un tendon qui semble glisser, ma condition physique est encore plus que moyenne et mon état d’esprit est pas mal découragé.

Les nouvelles réalités de la COVID liées à mon travail pèsent lourd sur mon retour. Lorsque je suis partie en juin, les nouvelles mesures venaient tout juste d’être mises en place et j’avais à peine eu le temps de les intégrer.

Lors de ma première journée de retour, j’ai eu l’impression d’atterrir sur une nouvelle planète dont je ne parle pas la langue. C’est comme si mon cerveau était resté figé au 12 mars, quand tout était encore normal.

Je croyais naïvement que tout était comme avant.

J’avais oublié que je devais maintenant pratiquer la distanciation sociale avec mon cœur, tel qu’expliqué ICI.

J’avais oublié à quel point c’est bruyant, 16 enfants, à quel point c’est difficile de travailler avec un masque au visage pendant plusieurs heures. J’avais oublié à quel point mon métier sollicite beaucoup mon corps, mon esprit et mon moral.

Je suis revenue à la maison complètement lessivée après ce premier jour, le corps meurtri et la tête sur le point d’exploser, mais tout de même contente de retrouver mes cocos et mes collègues.

La route s’annonce encore périlleuse jusqu’au retour complet. Jusqu’à mon prochain rendez-vous en décembre, je ne ferai que des matinées au travail, tout en continuant les traitements de physiothérapie hebdomadaires et les exercices de renforcement quotidiens.

Mon orthopédiste continue d’être avare de mots sur la suite des choses.

Mais toutes les fibres de mon corps me disent qu’il y a encore quelque chose qui cloche.

À suivre…

Jennifer Martin
Jeneviève profil

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