Des déboires

Des déboires, des sourires, en alternance

« Crisse de conne! »

Je l’admets, je peux être terriblement intense par moments.

C’est d’ailleurs le terme que j’ai choisi d’utiliser pour me décrire quand je répondais à une question qui m’a été posée par les rédactrices du blogue pour lequel j’écris mensuellement.

Comparativement à « crisse de conne », le mot « intense » n’est pas considéré comme péjoratif.

Quoi que ça dépend dans quel sens il est employé.

« Wow, cette fille est vraiment intense dans la réalisation de ses projets personnels! »

Ici, « intense » est un adjectif signifiant que l’individu dont on fait mention se donne cœur et âme dans ce qu’elle entreprend.

Ce qui, ma foi, est positif.

Cependant, je vous affirme que cette fois-ci, si j’avais eu à définir le mot « intense », il aurait été l’antonyme de « plaisante ».

De ça aussi, j’en ai discuté en long et en large avec ma spécialiste.

« Sur le moment, oui, je le pensais, quand j’ai prononcé que je souhaitais qu’il crisse son camp. »

Cette fois, elle n’a pas pris de note.

Elle m’a seulement écoutée.

Tout en hochant la tête.

Et en me souriant de toutes ses dents.

Je dis ça et je me l’imagine en même temps.

Vous savez ce sourire que possèdent les mamans pour vous rassurer?

C’était ce genre de rictus.

Il était encore plus réconfortant que la première fois que François Legault a prononcé son fameux :

« Ça va bien aller! »

J’écris ça et je me fais rire moi-même.

Ah!

La maudite pandémie de la COVID-19…

Je serais capable de radoter sur ce sujet

Et d’énoncer ce qu’elle m’a fait perdre en un an pendant des pages et des pages,

Mais je l’ai déjà fait dans une série de textes publiée sur un blogue, donc je ne me prononcerai pas sur ça à nouveau.

Des gens qui se répètent, moi, ça m’irrite, alors je ne le ferai pas.

Même si cela me permettrait d’atteindre ma cinquième page beaucoup plus rapidement.

Et sans trop d’efforts.

Digne de rien, c’est essoufflant écrire.

C’est vrai, je ne bouge pas mes jambes ni mes bras pour soulever des dumbells.

Toutefois, je suis en perte d’haleine à chaque fois qu’une idée germe dans mon esprit :

– Vite! Je dois la placer au parfait endroit le plus rapidement possible, que je me dis quand un éclair de génie me passe par la tête.

Choisir la parfaite tournure de phrase,

Ou le mot infaillible qui donnera l’occasion aux lecteurs de se transporter exactement où est-ce que je souhaitais qu’ils soient.

C’est tout qu’un sport, ça, mes amis!

D’ailleurs, c’est aussi en revisitant mes écrits que je constate que je suis bonne pour sauter du coq à l’âne.

– Je pense que lorsque tu dis à ton copain de quitter votre appartement, c’est parce que tu te sentais désespérée. C’est parce que tu n’entrevoyais pas d’autres solutions autre que celle-ci.

J’peux vous dire que j’ai pris un deux minutes quand elle m’a lancée ça en plein visage.

Sans avertissement.

Fuck.

J’étais flagerblastée.

Je vous le dis.

Pour tous ceux d’entre vous qui doutent de consulter un ou une professionnelle en psychologie, c’est libérateur.

Et tu découvres plein de petites cachettes à l’intérieur de ton âme.

– C’est tellement vrai. Ça a de l’allure. Je n’avais jamais pensé à ça.

Pis c’est vrai!

C’est ma phrase, ça, « je n’avais jamais pensé à ça », quand je suis en rencontre psychologique.

T’sais, je l’aime mon chum.

Sauf que d’autres fois, je le haïs.

Je suis au courant que détester quelqu’un, c’est puissant comme action, mais c’est vrai.

De toute façon, vous comprendrez bien vite qu’avec moi, c’est noir ou blanc.

J’t’aime ou j’t’haïs

Un peu comme la chanson de Mélanie Renaud sortie en 2001 :

« J’m’en veux ».

Sauf que cette fois-là, je le maudissais plus que je l’adorais.

Il m’en voulait de vouloir tout abandonner.

Je le répugnais parce qu’il m’avait diminuée à coups de noms brutaux dans face.

Je compose tout ça et je peaufine chacune de mes formulations syntaxiques, mais je sais que lors de leur lecture, ça va blesser.

Ça va faire revivre des sentiments inconfortables.

Par contre, c’est ça, écrire, non?

Se retrouver en position de s’ouvrir totalement sur n’importe quel événement arrivé,

Ouvrir une fenêtre sur ce qui est vrai,

Beau ou laid.

C’est aussi de s’abandonner et de partager une partie de soi avec tout le monde

Et personne en même temps.

« Je pense que ça pourrait faire un bon livre… », que j’avais écrit à ma mère.

Elle avait acquiescé.

Tu as toujours l’heure juste avec ma maman.

Vous ne pouvez même pas comprendre le feeling ressenti quand j’ai lu ces quelques mots si petits, mais ô combien influents :

« Oui je pense aussi ».

– C’est tellement toujours plus facile écrire sur le coup des émotions! Que ce soit négatif ou positif comme sentiment, ça facilite la tâche de beaucoup!

C’est tout ce que j’avais trouvé à dire à mon chum après lui avoir fait la lecture de mon texte encore sans titre.

– Oui, c’est vrai. C’est aussi pour ça que c’est bon de se relire, une fois après, quand la poussière est retombée.

Ce n’était pas faux.

Fiou!

J’anticipais sa réaction une fois rendue au « crisse de conne ».

– Personnellement, je trouve que c’est une des meilleures choses que j’ai écrites jusqu’à présent, que j’avais dit quasiment en chuchotant tellement j’étais nerveuse.

– Oui, moi aussi, qu’il avait dit tout sourire. C’est très bien formulé.

Yes!

Ce soir-là, on avait trinqué à notre un an de couple.

On, en fait lui, car moi, j’ai de l’eczéma jusque dans mes craques de doigts tellement je transpire l’anxiété, avait tranché une limette achetée à l’épicerie du coin, pis on l’avait poussée du bout de nos doigts dans notre Cerveza mas fina (ceux qui boivent de la beer comprendront que je fais référence à de la Corona ici) et on a fait un cheers.

– Cheers à notre un an!

Il a eu l’air perdu avant de comprendre que c’était déjà passé.

– Ouais, je le dis là, car j’ai tout fait chier pendant tes jours de congé.

Il m’a serrée fort dans ses bras.

Tellement fort que je pensais disparaître dans son étreinte qui sentait trop bon le gars qui se parfume une fois par lune.

– Moi, je ne comprends pas ça, les gars qui arrivent sur la job et qui sentent la pitoune, qui m’avait dit, un moment donné, je ne sais plus trop quand, lorsque je lui ai demandé pourquoi il portait rarement de l’eau de toilette.

« De l’eau de toilette », maudit nom bâtard pour décrire quelque chose qui sent le ciel.

Anyway.

Le cœur fondant de partout, je lui ai avoué que j’aimais ça quand il était amoureux de même.

Il s’est contenté de me répondre que s’il était toujours de la sorte, ça ne serait plus pareil.

C’est un gars affectueux de nature, alors je ne suis pas trop malheureuse à ce niveau.

Bref, son élan de tendresses m’a fait du bien,

Et à lui aussi d’ailleurs étant donné qu’il me dit ceci :

– Je me suis ennuyé de toi même si tu étais ici. Notre complicité me manquait.

– C’est vrai que quand tout va bien, on a vraiment une belle complicité, hein?

– Ça ne me fait pas, pas travailler, on dirait.

Ça, c’est très très vrai!

Je me suis contentée de lâcher un : « ouais, je te comprends, moi aussi. La preuve : je travaille même de la maison! »

Ce sont les yeux remplis d’étoiles et le bas du ventre papillonnant de feelings que le steak éclaboussait le pôele de son huile saignante et que les fourchettes faisaient place sur le comptoir de la cuisine.

– Bon, on sait bien, toi, tu vas prendre la plus grosse fourchette, que je dis en déposant les assiettes sur la table.

– J’aime ça, moi, les gros ustensiles, lourds et avec le bout rond.

Quoi?

C’est ça, hein, vieillir!

Amorcer une conversation sur les divers types d’ustensiles (n’importe quoi).

Et il continue :

– Je n’aime pas ça, les petits couteaux, les petites cuillères…

Il dit ça, car notre set est tout dépareillé.

– On ira en acheter un beau un jour!

Silence.

– On investira dans de la belle coutellerie le jour que je vais arrêter de te dire de crisser ton camp!

Silence encore.

– Haha! Je me suis trouvée drôle! Avoue que ça fit avec que ce je suis en train d’écrire? C’est le genre de réplique je verrai dans le texte que je suis en train de…

Here we are.

Je me trouvais tellement hot d’avoir pensé à dire tout ça que je suis en train de l’écrire.

Je me fais rire en plus.

C’est ça le pire.

Héhé. 

Shany signature

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *