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Journal de mes vacances

Les vacances estivales ont toujours été ma période préférée de l’année.

Je suis une fille d’été qui aime la chaleur, les journées qui s’étirent jusqu’à tard le soir, les fenêtres ouvertes, les soupers sur une terrasse et les couchers de soleil qui semblent durer une éternité. Quand je repense aux plus beaux souvenirs de mon enfance, de mon adolescence ou même de ma vie d’adulte, ils ont presque tous un point commun : ils se sont déroulés quelque part entre juin et août.

Cette année, mes trois semaines de vacances me laissent toutefois un souvenir doux mais un peu amer.

Les deux premières semaines, j’ai été pratiquement seule.

C’est la faute de personne, c’est simplement la vie qui suit son cours.

Mon fils a maintenant 20 ans et entre son travail, ses amis, sa copine et tous les projets qui viennent avec cet âge où l’on construit tranquillement sa propre vie, il lui reste forcément moins de temps pour sa mère. Et c’est exactement comme ça que les choses devraient être. Je serais bien mal placée pour lui en vouloir de grandir, mais comprendre quelque chose ne l’empêche pas de faire mal.

Pendant vingt ans, mes étés ont presque toujours tourné autour de lui. Je planifiais mes vacances en fonction de ses envies, de nos sorties, de nos escapades et de tous ces petits moments qui, sans qu’on s’en rende compte, finissent par devenir des souvenirs précieux.

Cette année, j’ai réalisé que cette époque était derrière nous.

Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain, mais personne ne nous prévient de la dernière fois où notre enfant nous demande d’aller manger une crème glacée, de la dernière sortie improvisée ou du dernier été où il est entièrement disponible. On s’en rend compte seulement après, quand le silence s’installe un peu plus souvent dans la maison.

Au moins, j’ai eu la chance de passer une semaine complète avec mon amoureux. Une vraie semaine où nous avons pris le temps de découvrir, de marcher, de rire, de manger un peu trop souvent au resto et de remplir nos journées sans regarder l’heure. Ça m’a rappelé que les vacances peuvent prendre une autre couleur, différente de celle que j’ai connue pendant toutes ces années, mais tout aussi précieuse.

Au cours de ces trois semaines, j’ai eu la chance de…

  • Redécouvrir le plaisir de prendre de longues marches
  • Aller en roadtrip à North Hatley
  • Faire descendre ma pile de livres à lire
  • M’allonger longtemps sur ma chaise longue jusqu’à m’y endormir parfois
  • Aller faire une randonnée à St-Donat
  • Écouter des podcasts (alors que je croyais ne pas aimer ça)
  • Aller me faire masser deux fois
  • Bruncher en tête-à-tête avec mon fils
  • Aller découvrir un nouveau café avec mon amie Karine
  • Aller à La Ronde voir les feux d’artifices avec mon amie Rosalie
  • Aller magasiner en friperies
  • Aller écouter une performance musicale en honneur de Tina Turner
  • Envoyer de longs messages vocaux à mes amies
  • Créer du contenu ici et sur mes plateformes personnelles

En repensant à cet été, je réalise qu’il ressemble un peu à la vie.

Il y a des pages qu’on n’a pas envie de tourner, même quand on sait qu’il est temps de le faire. Il y en a d’autres qui s’écrivent doucement, sans qu’on les ait vues venir.

Il y a aussi une pensée qui revient souvent depuis quelques jours.

L’automne qui arrive sera le premier sans football.

Pendant des années, cette saison a toujours été synonyme de matchs, de longues routes, de froid, de pluie parfois, mais surtout de la fierté de le voir jouer. Je ne réalisais pas à quel point ces moments faisaient partie de ma vie jusqu’à ce que je comprenne qu’ils étaient derrière nous. Je sais que d’autres habitudes prendront leur place, mais j’espère simplement trouver quelque chose qui me donnera envie d’attendre les week-ends avec la même impatience.

Les étés passent toujours beaucoup trop vite, on les attend pendant des mois, puis ils disparaissent presque sans prévenir, ne laissant derrière eux que quelques photos, des coups de soleil qui s’effacent et une foule de souvenirs auxquels on s’accroche en espérant qu’ils dureront un peu plus longtemps.

Peut-être que c’est ça, vieillir, apprendre que les étés changent, tout comme les enfants grandissent.

Et essayer, malgré tout, de continuer à aimer la saison autant qu’avant, même lorsqu’elle ne ressemble plus tout à fait à celle qu’on avait imaginée.

Jennifer signature