On aurait peut-être pu vivre une belle histoire d’amour

On aurait peut-être pu vivre une belle histoire d’amour

En scrollant mon Facebook, je suis tombée sur des photos. Pas n’importe lesquelles. Les photos de ton mariage. Je ne savais même pas que c’était dans tes plans, j’ai sûrement manqué la notif qui annonçait tes fiançailles. J’ai un petit pincement au cœur, je l’avoue. Notre histoire, elle n’a jamais vraiment eu lieu. Même si chacun notre tour on l’avait souhaité. Bref, c’est ce que j’ai eu comme impression.

C’est au secondaire que nous nous sommes rencontrés. Là où mon calvaire intérieur a été au summum. Tu étais mon meilleur ami. Tu ne m’as jamais jugé et tu m’as toujours défendu. Pendant une année complète, tu as été mon seul ami. Les autres filles m’avaient dans leur mire et j’ai été mise de côté. Mais chaque matin, tu m’attendais au coin de ma rue pour que l’on marche jusqu’à l’école ensemble et tu m’attendais à la fin des classes pour qu’on revienne ensemble. Une année presque complète, à être complices et avoir beaucoup de plaisirs.

Je ne suis pas naïve et même à 15 ans je savais que je te plaisais. Mais toi, tu ne l’as jamais su. J’avais peur, tellement, tu n’imagines pas à quel point. Mais ça, tu ne l’as jamais su. Tu m’as simplement vu te repousser un peu plus chaque jour. Et tu as changé d’école. J’ai eu le cœur brisé. J’ai tellement pleuré de savoir qu’on n’allait plus être ensemble dans les cours et que je me rendrais à l’école seule. Heureusement, ma réputation a été rétablie, faut croire que la dernière année du secondaire fait des miracles.

On se parlait encore, mais rarement. On a décidé d’aller chacun à nos bals, ensemble. Tu m’accompagnais au mien, ce qui te permettait de revoir tout le monde, la gang du secondaire. Puis, je t’accompagnais au tien, entourés de personnes que je ne connaissais absolument pas. Le jour de mon bal, j’étais stressée, je n’avais pas envie de vivre cet événement, mais j’avais peur de ce qui pourrait se passer entre toi et moi. J’avoue que je souhaitais qu’il arrive quelque chose, mais j’avais la chienne.

On est arrivés au bal, tout le monde était tellement content de te voir. C’était beau de te voir sourire comme ça. Tu m’as montré des ouvertures à plusieurs reprises dans la soirée, que je n’ai jamais saisi. Tu m’as regardé comme personne ne m’avait jamais regardé avant, mais la peur m’a glacée le sang et je t’ai repoussé. Et j’ai fait de même à ton bal de finissants la semaine suivante. Si tu avais su à quel point j’étais brisée en-dedans, tu aurais peut-être pu réussir à traverser ma carapace.

Je t’ai perdu par la suite. Nos chemins se sont séparés.

On s’est revu un soir, après ma première rupture. On est allés prendre un verre. J’étais stressée, tellement. Quand tu es rentré et que tu t’es assit devant moi, j’ai compris à quel point je t’avais aimé. Mais tu ne le sauras jamais. Je me suis toujours demandé et je me le demande encore aujourd’hui, ce qu’aurait été notre vie si nous nous étions embrassés le soir du bal. Si nous nous étions donné une chance. En fait. Si je nous avais donné une chance. Plusieurs fois dans nos vies, on aurait pu. Mais chaque fois, j’ai tourné le dos à une histoire qui aurait pu être merveilleuse.

Aujourd’hui, tu es marié. Tu as l’air tellement heureux. C’est tout ce que je te souhaite, vraiment, du plus profond de mon cœur. Tu as été mon vrai premier amour, celui que j’ai gardé en secret, comme tellement d’autres choses. Je garderai toujours de bons souvenirs de toi, de nous.

Karine Caron
Catherine Duguay

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