Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : la lenteur de la guérison

Chronique d'une hyperactive

Pour lire les autres chroniques, c’est ICI.

Deux jours après l’opération, quand les antidouleurs ont fini par agir sur ma cheville plutôt que sur mon cerveau, j’ai commencé à reprendre momentanément le dessus.

J’ai eu la chance d’être bien entourée.

Mes hommes toujours fidèles au poste pour m’aider et m’épauler.

Mes parents sont venus faire du ménage et me porter de la bonne bouffe.

Ma belle-maman est venue me tenir compagnie et me cuisiner de la soupe.

Mon beau-papa m’appelait personnellement pour prendre des nouvelles.

Les messages publics et privés sur Facebook me remontaient le moral.

Ma meilleure amie bien que physiquement loin de moi m’encourageait à distance.

Mes collègues de travail m’ont empêché de culpabiliser de les laisser en plan durant une des périodes les plus achalandées de l’année.

J’ai cessé de me morfondre le temps de leur sollicitude.

Parce que j’étais contente de voir que je comptais pour un plus grand nombre de personnes que je pensais.

Mais la vie étant ce qu’elle est, elle finit par reprendre son cours normal.

L’actualité laisse toujours place à d’autres nouvelles plus récentes, plus sensationnelles, plus captivantes.

Jennifer qui s’est cassé la cheville, ça te donne une couple d’émojis tristes ou wouah sous ton statut, des « bons rétablissements » ou des conseils, mais rien de plus.

Je ne suis pas en train de mourir.

Heureusement.

Mais reste que je tombe vite dans un état où je me demande ce que je vais faire de mon temps, de mes journées et de mes humeurs pour les semaines à venir.

Le vendredi du Black Friday, 4 jours après l’opération, j’ai vécu probablement ma pire journée. Cette journée-là devait pourtant être la meilleure de l’année, je t’explique pourquoi ICI.

Ce matin-là, je me suis levée avec le cœur gros, les larmes prêtes à couler et la mine triste. La douleur, je la ressentais ailleurs que dans ma cheville.

Pathétique, mon affaire ? Aux yeux de certains, peut-être.

Mais pour moi, c’était une journée difficile. Celle que je devais vivre chez moi plutôt qu’à l’endroit où j’aurais vraiment aimé être.

J’ai donc magasiné en ligne, la journée m’a coûté probablement plus cher que ce qu’elle devait me coûter au départ.

Faire des achats sous le coup de l’émotion n’est jamais une très bonne idée.

Mais ça fait taire la douleur physique et émotionnelle le temps de quelques clics.

Et quand les paquets ont commencé à arriver quelques jours plus tard.

Les jours suivants se sont passés dans une sorte de lenteur. Mon quotidien oscillait toujours entre le repos, l’exaspération, la colère, la résignation, la douleur, les nuits agitées, le sevrage d’antidouleurs, la lecture, l’écriture, la télévision, et surtout beaucoup trop de temps sur les réseaux sociaux.

Les tâches ménagères s’accumulaient un peu trop vite à mon goût, malgré l’aide de mes hommes. Contempler les miettes sur le tapis et la vaisselle qui s’empile parce que je ne peux la transporter d’une pièce à l’autre sans risquer de faire des dégâts me rend folle. J’ai en horreur les pyjamas et le linge mou que mon gros bandage demi-plâtré me force à porter. Je m’ennuie de mes jeans skinny.

Je rêve de tremper dans un bain, me contentant de ma douche téléphone, le corps à moitié dans la baignoire, entre le chaud et le froid. En ayant toujours la crainte de glisser ou de mouiller son bandage.

Je n’en peux plus de l’engourdissement qui s’installe dans mon corps. Mes membres perdent vite leur vitalité, mes muscles sont de moins en moins visibles, sauf ceux de ma jambe gauche qui supportent mon poids. Je ne sais pas si je vais me retrouver avec un corps disproportionné dans quelques semaines, mais ça se peut que j’aie la fesse gauche plus ferme que celle de droite.

Je n’ai pas mis le pied dehors avant 5 jours qui m’ont semblé 5 semaines. Le samedi suivant mon opération, j’ai ressenti le besoin de retrouver un semblant de vie normale et d’aller faire l’épicerie. Je me suis maquillée, ayant besoin d’un peu plus de fond de teint pour cacher mon teint pâle de fille confinée à l’abri des rayons du soleil. J’ai mis mon linge mou le plus fashion et je suis partie avec mes hommes. La voiture a pris des allures de carrosse de Cendrillon, même les routes que je prends chaque jour avaient des allures de royaume enchanté.

Après 3-4 allées de supermarché à maîtriser les béquilles, j’ai vite réalisé que je ne serais pas superwoman pour les prochaines semaines. Ma tête tournait, mes jambes étaient molles et mon souffle un peu défaillant. C’est incroyable à quel point le corps humain peut se transformer en quelques jours à peine.

Je suis revenue à la maison brûlée, mais heureuse d’avoir vu un peu de lumière. Même si c’est surtout celle de l’allée des produits surgelés.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

5 livres pour ados ou jeunes adultes à mettre sur sa liste de cadeaux

5 livres pour ados

La rentrée littéraire de l’automne a été riche en romans, et l’hiver qui s’est installé plus tôt que prévu te donnera l’occasion parfaite d’agrémenter tes journées à l’intérieur avec un bon bouquin.

J’avoue ouvertement adorer la littérature qui s’adresse aux adolescentes et surtout aux jeunes adultes, et ce, malgré ma trentaine bien avancée. J’adore les dialogues pas compliqués, mais qui font réfléchir, et surtout les anecdotes qui me ramènent à mes années d’études où mon quotidien était très différent de ce qu’il est aujourd’hui.

Alors, que ce soit pour faire plaisir à une adolescente de ton entourage, à une amie qui aime la chicklit autant que toi ou encore pour te dresser une liste de lecture pour les prochains mois, je te partage mes 5 récents coups de cœur littéraire.

Colocs Tome 4 de Nadia Lakhdari King

J’en ai déjà parlé ICI et ICI, mais la série Colocs est une vraie révélation pour moi. J’ai tellement dévoré les 3 premiers tomes que j’étais plus qu’impatiente de me plonger dans la suite des aventures de Béatrice, Emma et Mia. Je dois dire que je n’ai pas été déçue et j’ai ressenti un grand manque en tournant la dernière page. Heureusement, je n’ai pas à faire le deuil de ces personnages attachants puisque Nadia m’a confirmé avoir encore plusieurs choses à faire vivre à ces filles différentes auxquelles tout le monde s’identifie. Une série de la maison d’édition Les Malins à se procurer sans hésiter et à dévorer avant la sortie du prochain tome, prévue au printemps.

Troisième étoile Tome 1 : De L.A. à Laval d’Alexandra Larochelle

J’ai reçu ce roman des éditions La Bagnole et je croyais qu’il s’adressait exclusivement aux adolescentes de 10 à 14 ans, mais je me suis surprise à le feuilleter et à me laisser transporter par l’histoire de Sonia, jeune Québécoise de 13 ans dont le père joue dans la ligue nationale à Los Angeles et où elle demeure depuis ses 6 ans. Vivant à fond la vie californienne,sa vie est complètement chamboulée le jour où son père est échangé aux Canadiens et que toute la famille doit s’exiler à Laval. J’ai adoré ce livre, je l’ai lu en une journée et honnêtement, je crois qu’il plaira aussi à un public plus âgé que celui auquel il s’adresse au départ. Un beau roman que j’offrirai à ma nièce lorsqu’elle sera en âge de lire ses premiers romans. Je risque d’ailleurs de me laisser tenter par la lecture du prochain tome.

Veux-tu une gomme ? D’Anne-Marie Lobbe

Une autre belle surprise envoyée par les éditions Hurtubise, le roman d’Anne-Marie Lobbe, une journaliste du magazine Cool et du Journal de Montréal, entre autres. Je suis toujours heureuse de découvrir de nouvelles plumes puisque je ne sais pas à quoi m’attendre. Jusqu’à maintenant, j’ai rarement été déçue et la plume d’Anne-Marie ne fait pas exception. J’ai été charmée par l’histoire de Fannie, blasée par l’amour et qui tombe sur un garçon qui pourrait lui faire changer ses plus grandes convictions à propos des relations homme-femme. J’ai bien aimé le ton, les dialogues et les rebondissements. Une belle suggestion de lecture pour un public un peu plus âgé que les deux livres précédents.

La fois où j’ai écrit un livre de Rosalie Bonenfant

Si tu ne connais pas Rosalie, tu dois remédier immédiatement à la situation. Si au départ elle était surtout connue comme la fille de Mélanie Maynard, sa réputation dépasse maintenant ce simple statut. Comédienne, scénariste, animatrice, ses chroniques présentées à Énergie puis à Rouge FM sont maintenant des plus populaires à travers la province. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été tout simplement ébahie par sa capacité à jongler avec les mots et à livrer des témoignages sincères et touchants. Elle fait preuve d’une admirable maturité et c’est avec bonheur que je me suis plongée dans ce premier roman qui ne m’a pas déçu. Les anecdotes sont rafraîchissantes, on retrouve avec joie sa plume qui la caractérise si bien et surtout, on passe un excellent moment plongé dans son univers. Un roman qui fait du bien !

Comment se débarrasser du marié de Marie-Claude Martel

Décidément, je suis sur une liste privilégiée auprès des maisons d’édition en ce qui a trait à ce genre de littérature, puisque j’ai aussi  reçu le premier roman de Marie-Claude accompagné d’un gentil message personnalisé me donnant envie de découvrir sa plume. Un livre qui parle de mariage alors que j’attends désespérément la grande demande après 14 ans de vie de couple ? Ça ne peut que tomber dans mes cordes ! Et c’est mission réussie puisque j’ai adoré ce roman et surtout ses personnages. Je ne veux même pas parler de l’histoire tellement elle mérite d’être lue, mais je peux seulement dire que le récit de Rachel qui tente par tous les moyens de faire foirer le mariage de sa sœur cadette qui n’a pas fait le bon choix est des plus divertissant. L’écriture de Marie-Claude est fluide, remplie d’humour et on se prend vraiment au jeu des manigances de Rachel pour réussir sa mission. Un autre beau coup de cœur littéraire en 2018.

Si la dernière année a été riche en excellents romans, je suis certaine que 2019 s’annonce aussi intéressante. Mais d’ici là, tu ne peux te tromper avec ces 5 suggestions de lecture.

Bonne découverte littéraire ou bon magasinage des Fêtes.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Après toutes ces années, je ne sais plus quoi t’offrir

Je ne sais plus quoi t'offrir

Encore un Noël qui arrive, encore un temps des Fêtes passé avec toi, mon amour.

Notre 14e ensemble.

Il y en a eu des magiques, des tranquilles, des plus sombres, des mémorables, d’autres qui sont tombés un peu dans l’oubli.

Sur l’asphalte, sous la neige, chez nous, ailleurs, en famille, entre amis…

Une période qui est toujours un peu fragile du côté émotionnel parce que Noël, c’est un amalgame d’émotions positives et négatives où tout semble plus intense, plus festif, plus nostalgique ou juste plus grugeant mentalement.

On s’est donné des cadeaux pratiquement chaque année.

Des cadeaux choisis avec soin, des cadeaux significatifs ou un peu plus mécaniques, des cadeaux banals ou plus extravagants, des cadeaux raisonnables ou non, des cadeaux enveloppés maladroitement ou simplement.

Mais surtout des présents qui font plaisir, qui amènent un sourire, une étincelle dans les yeux. Des cadeaux qui font chaud au cœur et qui me confirment qu’on se choisit chaque année et qu’on éprouve de l’amour l’un envers l’autre. Des cadeaux qui nous confirment que le désir de faire plaisir à l’autre est toujours bel et bien là. Malgré les accrochages de l’année qui vient de passer, malgré les disputes qui peuvent parfois nous faire douter. Malgré les hauts et les bas d’un budget pas toujours facile à maîtriser selon les aléas que la vie met sur notre chemin.

Mais cette année, je ne sais plus quoi t’offrir.

J’ai l’impression de t’avoir tout donné ce qui avait du sens pour moi.

Je t’ai écrit un livre, je t’en ai offert déjà publiés. Ils trônent maintenant dans la bibliothèque à accumuler la poussière. Mais ils sont là, dans notre foyer.

Je t’ai acheté des vêtements, tes chocolats préférés, des bouteilles de cette marque de rhum que tu aimes tant.

Ta console de jeu vidéo tant espérée.

Des dizaines de trucs dont tu avais envie.

On a même décidé une année que notre cadeau de Noël serait un voyage dans le Sud en famille.

Ça ne s’emballe pas, mais les souvenirs créés et les bienfaits de voir un autre pays valent tous les rubans du monde.

Cette année, j’ai la tête vide d’idées originales.

Mais j’ai peut-être l’explication à ça.

Même si je n’ai toujours pas d’idées pour remédier à la situation.

Nos années les plus difficiles financièrement sont derrière nous, je l’espère, même si personne n’est à l’abri de vivre ou revivre des difficultés.

Ce qui fait en sorte que maintenant, on attend plus à Noël pour se gâter.

On le fait dès que l’occasion se présente.

En se disant qu’on le mérite.

Que la vie se passe maintenant

Qu’on ignore de quoi demain sera fait.

Nos désirs sont tout de même raisonnables, mais reste que si tu as envie d’une paire de jeans ou pour moi, un nouveau fer plat, on va simplement aller se l’acheter.

Si ce n’est pas tout de suite, ce sera au prochain jour de paye.

Mais certainement pas au prochain Noël.

On est même déjà allé dans le Sud, tout en ayant des cadeaux à déballer sous le sapin.

On fait même des achats en septembre ou en octobre en stipulant que ce sont des cadeaux de Noël d’avance, tout en sachant pertinemment que je risque d’en glisser tout de même sous le sapin parce qu’un Noël sans boîtes à déballer, c’est quand même un peu triste.

Je ne sais donc pas quoi t’offrir cette année.

Je sais qu’il y a 1001 façons de se faire plaisir, que le 25 décembre n’est qu’une date parmi tant d’autres.

Que tu n’accordes pas d’importance au nombre de paquets sous le sapin. Qu’un Noël en famille entouré d’amour vaut bien plus cher à tes yeux.

Mais reste que moi, je prends un immense plaisir à trouver LE cadeau qui te comblera.

Et cette année, je ne le trouve pas.

Mais je sais que tu m’aimes quand même

Et que je vais finir par trouver.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Un brunch sous le signe de la simplicité et de la complicité

On parle du brunch de Folie Urbaine

Chaque année depuis la fondation du blogue, les fondatrices aiment se réunir le temps d’un brunch festif pour célébrer Noël entre elles. La première année, c’est sous la thématique pyjama party qu’elles se sont échangées mimosas et masques pour le visage. L’année dernière, elles ont troqué les vêtements de nuit pour des robes chics pour partager des bouchées sucrées et échanger leurs cadeaux.

L’année 2018 ayant été fertile en émotions pour chacune, c’est dans un mood très relaxe qu’elles se sont réunies le 9 décembre dernier, chez Jennifer pour partager thé, petits plats, chocolats chauds et bûche de Noël.

Lors de l’ouverture de la deuxième succursale de la pâtisserie Petit Lapin, Ariane et Karine ont eu l’occasion de décorer une bûche végane et sans allergènes. Elles ont pu la rapporter et la congeler afin de la partager avec Jennifer le jour venu. Un dessert sucré auquel personne ne pourrait résister. Pour lire notre article sur le sujet, c’est ICI.

petit lapin
Jen parle du brunch de Noel

Nous avons également dégusté la fameuse recette de trempette aux artichauts de Ricardo, que Jennifer cuisine toujours lorsqu’elle sait que nous nous réunissons, une salade de pâtes, des viennoiseries de chez Première Moisson et le thé édition spéciale de Noël de Kusmi Tea. Un repas léger, mais des plus savoureux.

Pour notre échange de cadeaux, la consigne cette année était simple : offrir un petit quelque chose qui ferait plaisir à chacune, avec un budget maximum de 10$. Karine a porté une attention particulière aux moindres détails, allant jusqu’à concocter des emballages trop mignons et dignes de Pinterest. Elle a offert un ensemble de gloss édition spéciale des Fêtes de la marque Personnelle à Ariane et un ensemble complet de 16 vernis à ongles de la même marque à Jennifer. Ariane a, quant à elle, offert un savon artisanal à la fleur de nectarine, ainsi qu’un masque pour le visage à Jennifer et une belle tasse en forme de hibou à Karine.


Jen parle du brunch de Noel
Jen parle du brunch de Noel
Jen parle du brunch de Noel
Jen parle du brunch de Noel

Jennifer a, de son côté, déniché un panier décoratif en laine pour Karine afin qu’elle puisse ranger ses produits de coiffure et ses cosmétiques, ainsi que des petits plateaux vide-poches pour ranger ses bijoux ou autres trucs qu’on ne sait jamais où ranger. Et elle a offert deux verres à cocktails en forme de boules de Noël à Ariane, ainsi qu’un rouge à lèvres brillant, aussi de la marque Personnelle.

Jen parle du brunch de Noel
Jen parle du brunch de Noel

Des cadeaux simples, qui les représentent bien et qu’elles ont pris plaisir à découvrir.

Lors de l’événement des Fêtes organisé par Reitmans, auquel Ariane et Karine ont assisté en novembre dernier, elles ont pu sélectionner des items de la collection d’hiver et concocter trois boîtes-cadeaux qu’elles ont également déballées ensemble. Jennifer a d’ailleurs été très touchée qu’on pense à lui en rapporter une. Chaque paquet contenait un pyjama hyper confortable et une paire de bas. Celui de Jennifer contenait également une pochette tandis qu’Ariane et Karine ont chacune choisi un pull tendance. Une belle attention très appréciée de la part de Reitmans. Vous pouvez d’ailleurs lire notre article ICI.

Jen parle du brunch de Noel

Elles ont surtout profité de ce moment ensemble pour jaser, se mettre à jour dans les péripéties de leur vie et vivre l’instant présent.

Parce que c’est aussi ça, le temps des Fêtes.

Toutes les photos sont d’Ariane Martineau.


Photo de signature pour Jennifer Martin.
ariane reviseure

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : les premiers jours

chroniques d'une hyperactive

Pour lire les autres chroniques, c’est ICI.

Après l’opération, dont je ne garde qu’un vague souvenir, heureusement, j’ai vite compris que je n’allais pas pouvoir remarcher normalement de sitôt. La douleur est vite apparue après la disparition des derniers bienfaits de l’anesthésie.

Une douleur vive, pas agréable du tout.

Le genre de douleur où tu dois te parler en maudit pour ne pas hurler et te mettre en petite boule pour pleurer. Je faisais ma tough, encore une fois, sachant que j’étais loin d’être la patiente la plus éclopée de l’hôpital, mais j’avais hâte que les antidouleurs fassent effet et surtout, de retrouver le confort de ma maison pour y dormir pendant 12 heures d’affilée.

Aussitôt le congé signé, je mettais le pied hors de l’hôpital, chancelante, affaiblie par les émotions de la journée et mon jeûne des 24 dernières heures. Avec des nausées accompagnant mon retour à la réalité après un voyage dans les vapes, je me concentrais ben fort à ne pas vomir sur la banquette de la voiture.

Je prenais le chemin de la maison.

L’endroit où j’allais passer les 6 prochaines semaines minimum.

J’avais beau aimer ma maison, elle devenait la cage dorée où j’allais être enfermée contre mon gré pour les prochains jours.

Certains diront que j’exagère. Que c’est plaisant d’être au repos et que je devrais en profiter.

On me l’a beaucoup dit dans les heures qui ont suivi. Et d’autres sages paroles du même genre.

« Profites-en pour te reposer, Jen. »

« Tu vas pouvoir relaxer, prendre du temps pour toi. »

« Ça tombe bien, tu n’arrêtes jamais, la vie t’envoie peut-être un signe que t’en faisais trop. »

« Ce n’est pas la fin du monde, prends-le comme des vacances. »

« Au moins, tu es sur la CNESST, tu vas être payée pour rester chez toi et tu vas pouvoir prendre le temps de guérir. »

Toutes des phrases censées me réconforter.

Oui, on rêve tous de pouvoir prendre du temps pour soi, de marquer un temps d’arrêt pour se ressourcer et reprendre des forces.

Certes, c’est l’fun de ne pas avoir à s’inquiéter de ses factures et de ses paiements, sachant que mon salaire continuera à être déposé toutes les deux semaines. Si j’étais tombée chez moi, ça ferait beaucoup plus mal au portefeuille, surtout à 6 semaines de Noël.

J’ai acquiescé à tous ces sages conseils censés me réconforter.

Oui, ils sont véridiques.

Mais à ce moment-là, je ne voulais pas les entendre.

Je devais être inactive pour un minimum de 2 mois !

Est-ce que quelqu’un pouvait comprendre quelle catastrophe ça représentait pour moi ?

Tu parles d’une fille qui n’arrête jamais.

Qui a toujours 1001 projets, des événements, des sorties, des endroits à visiter, des choses à faire. D’une fille qui a toujours eu beaucoup d’indépendance et de liberté et qui n’aime pas dépendre des autres.

Tu lui demandes de mettre une grosse partie de sa vie sur pause et de l’accepter sans broncher et sans chialer sous prétexte que ce n’est pas la fin du monde ?

Les premiers jours, c’était encore plus difficile.

La douleur, la fatigue constante après le moindre effort. Le fait de dépendre de mon chum ou de mon fils pour me laver, pour me nourrir. Apprivoiser les béquilles, le poids du bandage sur mon pied. Le reste de mon corps qui croule sous la douleur de devoir supporter ma silhouette sur une seule jambe.

Les larmes qui vont et viennent, celles causées par la douleur, les autres causées par la colère que ce soit arrivé à moi.

Les effets secondaires des antidouleurs sur une fille qui n’a jamais pris de drogue, fumé de cigarette et qui ne boit ni alcool ni café. Un beau mélange de tremblements, de confusion, de maux de cœur. De la morphine dure pour une fille qui accepte difficilement de prendre des Tylenols quand la situation l’exige, c’est rough sur le corps et l’esprit.

Après trois jours, j’ai déjà commencé à agir bizarrement.

J’étais seule à la maison, j’étais en sueur juste après avoir trouvé l’énergie nécessaire pour me faire un smoothie pour déjeuner et réussi à laver mon comptoir.

Ces deux simples gestes avaient réussi à me vider de mon énergie. Je me suis assise, dans le silence de ma maison vide et j’ai fixé le mur devant moi pendant de longues minutes.

Je me suis mise à fixer les ustensiles dans le rack à vaisselle et j’ai pensé à Tom Hanks.

Oui, oui, Tom Hanks dans le film Seul au monde.

J’ai commencé à me dire que j’allais devenir amie avec mes fourchettes, que je leur donnerais des noms, que j’allais leur parler et commencer à leur imaginer des scénarios.

Ça y est, je suis folle.

La morphine ne contrôle pas juste la douleur, elle contrôle aussi le côté rationnel de mon cerveau.

J’ai chassé ces pensées aussi bizarres qu’inattendues de mon esprit et je suis retournée me reposer.

Dans les jours suivants, j’ai dû faire le deuil de mon agenda chargé des prochaines semaines. J’ai dû renoncer à ces petites cases remplies sur mon calendrier du mois de décembre, moi qui attendais ce moment avec impatience. C’est probablement ce qui m’a fait le plus mal dans le constat des effets à long terme de ma condition.

Moi qui adore lire et écrire, j’ai mis plus de 7 jours avant d’ouvrir un livre ou écrire quelques lignes. Les idées pour faire ces chroniques se bousculaient dans ma tête, mais j’étais incapable de les coucher sur papier. Je n’arrivais même pas à terminer la lecture d’un article de blogue alors la perspective de me plonger dans les nombreux romans que j’avais à lire ne m’enchantait pas non plus.

Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.

Mon esprit paranoïaque se disait même qu’il y aurait la Jennifer avant l’accident et la Jennifer après. Est-ce que c’est possible de ne plus être la même personne à la suite d’une chute, et ce, même si je ne me suis pas cogné la tête ?

Mon esprit partait dans toutes les directions.

T’sais le genre de chose que fait ton cerveau quand t’as le temps de trop penser justement ?

Ça promet pour les semaines à venir…

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Guide des Fêtes : des idées cadeaux pas plates du tout! (partie 1)

Guide des Fêtes

On ne se le cachera pas, magasiner les achats des Fêtes n’est pas toujours une partie de plaisir pour tout le monde, surtout avec la cohue que l’on retrouve dans les centres d’achats en cette grosse période achalandée. Dieu merci, on peut maintenant magasiner en ligne et, ainsi, éviter de prendre des bains de foule si on n’est pas friand des stationnements bondés, des files d’attente et des clients stressés et mécontents.

C’est pourquoi nous vous permettons de vous simplifier la vie encore plus avec des suggestions de cadeaux simples, originales et qui encouragent le commerce local.

Monsieur Cocktail

Pour les adeptes de boissons alcoolisées, Monsieur Cocktail offre tout ce qu’il faut pour les rendre parfaites. Pour des cocktails dignes des mixologues et des restaurants, cette compagnie offre des sirops et des recettes qui n’ont pas besoin d’être mélangées au shaker. Une belle idée pour ceux qui aiment recevoir et offrir des cocktails de qualité sans se casser la tête. Pour voir la grande sélection de produits offerts, c’est ICI.

des idées cadeaux

Crédit photo : Site Internet Monsieur Cocktail

Stram

Avec toutes les astuces proposées pour réduire notre empreinte écologique, voici une excellente suggestion de cadeaux que les pailles réutilisables en acier inoxydable. Offertes dans différentes couleurs et avec un modèle spécialement conçu pour les smoothies, les pailles Stram vont au lave-vaisselle et peuvent également être lavées à la main avec une brosse, également vendue sur le site. Une bonne idée de cadeau pour ceux qui ont à cœur notre chère planète. Pour voir les ensemble disponibles, c’est ICI.

idées cadeaux

Crédit photo : Site Internet de Stram

Dans le sac

Toujours dans une thématique éco-responsable, l’entreprise Dans le sac offre des produits durables et tendances pour permettre aux gens de changer leurs habitudes d’achat avec des trucs simples et écologiques. Sac à pain, sac à vin, sac réutilisable, brosse à vaisselle écologique, sac pour le marché ou pour acheter en vrac, l’entreprise offre tout ce qu’il faut pour adopter un mode de vie zéro déchet. De la confection jusqu’à l’impression de l’étiquette, tous les  produits sont entièrement faits à la main au Québec. Une belle entreprise de chez nous à encourager. Pour voir la boutique en ligne, c’est ICI.

idées cadeaux

Crédit photo : site Internet de Dans le sac

Callitee

Pour celles qui aiment les chandails à thèmes ou qui abordent des jeux de mots ou  un message à saveur humoristique, la compagnie Callitee est toute désignée pour y effectuer ses achats des Fêtes.  Disponibles en ligne, ainsi qu’à la boutique Kiffé à Boucherville, on peut choisir entre une coupe « ample » et « ajustée » et des tailles de « Petit » à « Très grand » parmi une grande sélection de chandails et d’accessoires, classés sous différents thèmes. Le choix y est très varié et c’est définitivement un must pour les filles qui aiment la mode et porter des créations originales et locales. Pour voir la boutique, c’est ICI.

idées cadeaux

Crédit photo : Site Internet de Callitee

Main and Local

Cette compagnie offre des objets emblématiques des différentes grandes villes canadiennes. Que ce soit Montréal, Toronto, Ottawa ou Vancouver, vous trouverez des trucs aussi drôles que pratiques dans les différentes collections, tels qu’un porte-monnaie à l’effigie de bagels montréalais, un coussin portant le sigle des Maple Leafs de la ville reine ou encore des bas affichant le visage de Justin Trudeau. De quoi offrir des cadeaux qui rappellent les différentes boutiques de souvenirs que l’on retrouve un peu partout dans les quartiers touristiques. Pour la boutique complète, c’est ICI.

idées cadeaux

Crédit photo : Site Internet Main and Local

The Cocktail Box

Des cocktails qui doivent simplement être mélangés avant d’être servis? Voilà ce que propose The Cocktail Box avec ses ensembles comprenant tout ce qu’il faut, à part le barman, bien sûr, pour composer des boissons classiques qui n’ont rien à envier aux meilleurs établissements. Vous pouvez également obtenir des ensembles personnalisés selon vos désirs. Une belle idée originale comme cadeau d’hôtesse/hôte ou pour ceux qui organisent des soirées ou des événements. Pour la boutique en ligne, c’est ICI.

idées cadeaux

Crédit photo : site Internet The Cocktail Box

Brew your Bucha

En plein essor ces dernières années, le kombucha est de plus en plus populaire, en plus d’offrir de nombreux avantages pour la santé. Pour faire des économies de coûts, la compagnie Brew your Bucha offre des ensembles tout-en-un permettant de réaliser sa propre boisson. Munis d’instructions faciles à suivre, vous pouvez également bénéficier d’un support technique 7 jours par semaine, puisque la compagnie garantit un brassage réussi pour tous ses clients. Un concept différent qui peut être très apprécié auprès des adeptes de cette boisson. Pour la boutique en ligne, c’est ICI.

idées cadeaux

Crédit photo : site Internet Brew Your Bucha

Guides Ulysse

Pour les amoureux de voyage, les guides Ulysse demeurent une valeur sûre. Que ce soit pour des voyages d’affaires, en sac à dos ou en famille, il est toujours plaisant d’avoir un livre qui offre des informations complètes et pratiques sur la destination choisie. Leur réputation n’est plus à faire et c’est parmi une très grande sélection de pays que vous pourrez arrêter votre choix. Une excellente idée cadeau pour les nomades de ce monde. Pour voir les titres disponibles, c’est ICI.

idées cadeaux

Crédit photo : site Internet Guides Ulysse

Que ce soit pour gâter l’être cher, la famille, les collègues de travail ou toute autre personne à qui l’on veut faire plaisir, il est important de se rappeler que c’est l’intention qui compte et qu’il n’est pas nécessaire de se stresser à vouloir donner le cadeau parfait. Mais qu’un cadeau choisi avec soin, selon les goûts et intérêts de chacun, c’ est toujours apprécié.

Bon magasinage!

Photo de signature pour Jennifer Martin. ariane reviseure

Lookbook des boutiques Pentagone : pour des idées de tenues festives

Lookbook de Noel des boutiques Pentagone

Encore une fois cette année, j’ai le bonheur d’être l’une des deux ambassadrices des boutiques Pentagone au Québec. Et c’est avec fierté que je porte les vêtements de cette compagnie québécoise qui sont confortables, abordables et conviennent à plusieurs styles.

Lorsque j’ai vu la collection des fêtes, j’ai eu un véritable coup de cœur et je ne pouvais passer à côté l’occasion de vous présenter les pièces clés qui la composent.

Que ce soit un blazer en velours, un chandail à grosses mailles ou une blouse au tissu léger, on peut retrouver tous les styles de tissus en magasin et c’est ce qui fait la grande force de Pentagone puisqu’on retrouve aussi en boutique de nombreuses marques telles que Vero Moda, Guess, Levi’s, Dex et plusieurs autres.

Qui dit temps des Fêtes, dit aussi garde-robe festive et unique. C’est l’occasion ou jamais de sortir les robes chics, les jupes, les chemises, les paillettes et tout ce qui permet de créer un look festif qui nous représente.

Les boutiques Pentagone ne font pas exception et présente plusieurs modèles de robes toutes plus jolies les unes que les autres.

Lookbook de Noel des boutiques Pentagone
Lookbook de Noel des boutiques Pentagone
Lookbook de Noel des boutiques Pentagone

Coup de cœur également pour ce jumpsuit noir classique avec les manches en dentelle. Le outfit idéal pour le party de bureau ou les réveillons enfamille.

Lookbook de Noel des boutiques Pentagone

J’ai également craqué pour ce pantalon noir à jambe large noué à la taille. Agencé à une camisole ou une blouse, c’est une très belle alternative pour celles qui préfèrent ne pas porter de robe et se sentir plus confortables.

Lookbook de Noel des boutiques Pentagone

Les hommes ne sont pas en reste avec une grande sélection de chandails et de chemises, sans oublier ce superbe veston que l’on peut agencer autant à des jeans qu’à un pantalon plus chic.

Lookbook de Noel des boutiques Pentagone
Lookbook de Noel des boutiques Pentagone
Lookbook de Noel des boutiques Pentagone

Côté accessoires, les boutiques Pentagone peuvent se vanter d’offrir une grande sélection d’articles tels que foulards, mitaines, tuques, bijoux, sacs à main, ceintures et montres. De quoi garnir les bas de Noël de tous les membres de la famille.

Sans oublier les pyjamas, hyper confortables et des plus tendance. Une belle idée de présents à mettre sur sa liste pour le père Noël.

Lookbook de Noel des boutiques Pentagone

Pour connaître la boutique la plus proche de chez toi, c’est ICI.

Toutes les photos sont de Natalia Faustina Fernández-Ruiz

Photo de signature pour Jennifer Martin.
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La fois où… je me suis mise au défi de ne pas m’acheter de vêtements pendant 3 mois.

La fois où je me suis mise au défi

Je sais, je sais.

C’est peut-être un défi futile aux yeux de certains.

Mais pas pour moi.

J’A-D0-RE magasiner des vêtements, j’adore la mode et l’un de mes rêves serait de ne pas reporter deux fois le même ensemble dans une même année.

Je suis totalement accro aux vêtements. Je dois avoir vu trop souvent Clueless, ce film culte de mon adolescence où Cher possède une garde-robe interactive connecté à son ordinateur à qui elle demande de lui choisir ses tenues pour aller en classe. Le rêve !

Pour ma défense, je dois dire que j’achète la plupart de mes vêtements dans les friperies comme le Village des Valeurs où je fais toujours des trouvailles extraordinaires pour une fraction du prix et lorsque je vais en boutiques, je me contente du rayon des soldes. J’essaie d’acheter intelligemment, même si je dois avouer que ma garde-robe déborde (mon chum a dû s’acheter sa propre commode) et que je proclame un peu trop souvent que je n’ai rien à me mettre.

La meilleure journée de l’année pour moi, après Noël évidemment ? Le Black Friday, ce vendredi de novembre où les soldes atteignent des sommets inégalés et où je m’offre une virée magasinage digne de la plus grande accro du shopping.

Cette année encore, j’allais profiter d’une journée de congé pour prendre d’assaut le centre commercial pour effectuer mes achats des Fêtes et me gâter. Par contre, cette année, j’ai eu envie de me lancer un défi avant de le faire.

Étant de plus en plus consciente que l’industrie du vêtement est la deuxième plus grande source de pollution au monde, j’ai voulu me pencher un peu plus sur la question cette année.

Je me suis donc lancé le défi de ne pas m’acheter de vêtements pendant 3 mois. Aucun vêtement, pas même des sous-vêtements.

Si le premier mois a été facile, puisque je venais de faire le plein de vêtements d’automne grâce à mon mandat d’ambassadrice des boutiques Pentagone, les choses se sont corsées à partir du deuxième mois. Étant abonnée à toutes les infolettres de mes boutiques préférées, j’ai dû effacer les courriels rapidement tous les jours pour ne pas me laisser tenter. Et, c’est souvent en période de restriction, qu’on réalise à quel point certaines chaînes de magasins peuvent être excessifs ou disons-le, carrément agressantes dans leur approche marketing. Ardene remporte la palme avec ses courriels quasi quotidiens.

Instagram est aussi devenu une source de tentation puisque la plupart des personnes que je suis sur le célèbre réseau social sont des blogueuses mode qui m’inspirent avec leurs outfits. Rien pour aider ma cause, je l’avoue.

Je tiens bon pendant le 2e mois et je n’achète rien. Je ne dépense qu’à la pharmacie pour du maquillage et chez Ardene (tiens dont !) pour des boucles d’oreilles (mais je considère que ça ne compte pas comme des vêtements, alors mon défi est intact).

Au début novembre, je commence à trouver le temps vraiment long. Mes amies s’achètent de nouveaux vêtements, elles. Les infolettres reviennent en force avec leurs soldes avant le Black Friday, je suis certaine que c’est une conspiration pour me faire craquer.

Une soirée au Shwap Club, le 6 novembre, m’aide à tenir le coup. Si tu ne sais pas encore ce que c’est, je te conseille de lire CECI. C’est le meilleur moyen pour m’aider à tenir le coup jusqu’à la fin de mon défi qui est prévu pour le 23 novembre.

Le moment le plus difficile survient quelques jours plus tard lorsque Geneviève, une collègue de travail, m’envoie la photo d’un coton ouaté de la compagnie locale Boutique au carré. Gros coup de cœur mutuel pour sa couleur vert forêt et son inscription minimaliste qui dit coffee and Christmas music. En plein notre style à toutes les deux.

S’ensuit un véritable débat dans ma tête.

Ou plutôt une seule question : Je l’achète-tu ?

Est-ce que je me laisse tenter par un achat qui encourage au moins le commerce local et je perds mon défi ? Est-ce que je me raccroche au fait que le chandail est quand même cher pour mon budget et que je ne bois même pas de café alors l’inscription sur le chandail ne s’applique même pas à moi ?

Mon cœur et ma raison ont débattu furieusement.

J’ai failli flancher en me disant : « Ah pis tant pis, je travaille fort, je le mérite, je me gâte et c’est un défi qui n’implique que moi alors je serai la seule déçue de ne pas le réussir. »

Je me suis ressaisi en me disant : « Le chandail ne va pas disparaître, je pourrai toujours l’acheter à la fin de mon défi, t’es pas le genre de fille à renoncer à un défi, t’as juste à ne plus y penser. »

Geneviève a finalement acheté le chandail, seule. Et j’aurai certainement un pincement au cœur chaque fois qu’elle le portera au travail.

Le 19 novembre au matin, j’entame ma semaine comme d’habitude. À 4 jours du Black Friday, je suis prête à affronter ma dernière semaine de défi, avant de me lancer dans mon marathon de magasinage.

La vie en a décidé autrement. Il m’est arrivé CECI.

Mais l’important, c’est que j’ai réussi mon défi.

Et que je me suis quand même acheté des vêtements au Black Friday.

Et tu sais quoi ?

Je compte bien relever le défi à nouveau.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : la chute

Chroniques d'une hyperactive

C’était un lundi matin comme les autres.

Banal, routinier, sans surprises. Rien de suspect au réveil ou dans les minutes suivantes pour me faire comprendre que ça pouvait être une journée de marde.

Tout se passe dans les temps, je pars à l’heure, je suis un peu ralentie par cette neige qui ne cesse de nous surprendre avec son arrivée hâtive pour un mois de novembre.

Gagnée par cette effervescence que représente l’approche de l’hiver et de Noël, je syntonise même ma playlist de classiques du temps des Fêtes sur mon téléphone pour m’accompagner sur la route.

Bing Crosby sera le dernier à chanter It’s beginning to look a lot like Christmas avant que j’arrive au travail et que tout dérape, au propre comme au figuré.

Il est 6 h 59. C’est l’heure qui s’affiche sur mon téléphone, redevenu silencieux. Il y a déjà deux voitures dans le stationnement. Celle de ma collègue qui ouvre la garderie et qui arrive toujours avant moi, et celle d’un parent qui est déjà en train de marcher vers la porte avec son enfant. Je ne suis pas en retard. Il est 6 h 59. On ouvre à 7 h.

Je prends mes sacs, je ferme les portes de ma voiture et je me dirige vers l’entrée, prête à commencer une nouvelle semaine d’éducatrice, comme je le fais depuis maintenant 16 ans.

Le reste est imprimé dans ma mémoire pour longtemps. Peut-être même pour toujours.

Je ne fais que 3 ou 4 pas et je me sens brièvement partir sur le côté.

Et c’est la chute.

Une chute rapide, lourde, un peu n’importe comment.

Digne des sketches de la défunte émission Drôle de vidéos pour les plus vieux, digne des ratés de la semaine de l’émission Vlog pour les plus jeunes.

Sur le coup, juste un gros mot.

Un CAL*?%* bien fort et bien senti.

Mais ensuite, la douleur.

D’abord à peine perceptible, celle qui te donne confiance que ce n’est qu’une chute comme toutes les autres. Une chute banale comme on en fait souvent et qu’on classe rapidement dans les petits moments poches d’une journée.

Mais ensuite la vraie douleur.

Celle qui irradie dans ton corps au complet, qui te fait apparaître une petite sueur dans le cou et qui te fait comprendre que cette fois-ci, tu ne t’es pas manqué. Celle qui fait monter la panique dans ta gorge et aussi les petites larmes dans tes yeux.

Tu veux faire ta forte et croire que ce ne sera que passager. Qu’étant donné la vitesse à laquelle ça s’est passé, il est normal que tu prennes le temps de reprendre ton souffle et qu’en te concentrant sur les signaux de ton corps, tu arriveras à prendre le dessus !

La face à moitié dans la neige, je me suis mordu l’intérieur de la joue. Je tentais de me concentrer pour savoir si le craquement que j’avais entendu en tombant était le bruit de mes sacs qui s’affaissent sur le sol ou le bruit d’un os. J’ai prié fort pour que la bonne réponse soit A. Pendant 2 minutes, je suis restée là, à me demander ce que j’allais faire. La maman était déjà à l’intérieur, je lui ai épargné le spectacle de ma chute.

Cela restera une chute sans témoins.

Juste moi, une petite neige folle, une belle plaque de glace et les planètes de la malchance alignées au-dessus de ma tête, et qui feelaient pour faire un mauvais coup un matin de novembre.

Une voiture arrive dans le stationnement. Je dois avoir l’air bizarre étendue sur le sol, mes affaires éparpillées autour de moi, les yeux remplis d’eau, de mascara et de douleur. Un gentil papa s’approche pour constater les dégâts. Pendant quelques minutes, son enfant restera dans la voiture et ne sera pas sa priorité. Je lui en suis reconnaissante. Ne sachant pas trop quoi faire sur le coup, je ne peux lui en vouloir. Lui non plus ne s’attendait pas à ça ce matin quand son réveille-matin a sonné.

Il m’offre de m’aider à me relever afin de me mettre au chaud à l’intérieur et constater mon état. Je prends appui sur lui et réussit à faire quelques pas. Douloureusement, mais quand même. J’arrive à mettre du poids sur mon pied, ce que je qualifie de bon signe étant donné les circonstances. Qui ne s’est pas déjà fait dire que si tu peux marcher dessus, c’est parce que ce n’est pas cassé ? On s’improvise tous un peu docteur dans des situations comme ça.

Mais une fois à l’intérieur, j’ai compris.

Je ne pouvais pas marcher dessus. Je n’aurais pas dû marcher dessus, mais je l’apprendrai seulement quelques heures plus tard.

Par la suite, tout est allé vite. Ma collègue est apparue par magie à côté de moi le temps de me dire qu’elle allait chercher de la glace. La maman qui était déjà à l’intérieur a ramassé mes sacs, une autre est arrivée avec ses deux garçons et m’a demandé de lui montrer ma cheville.

Elle est infirmière.

C’est bon ça, une infirmière, ça me rassure un peu. Mais ce soulagement ne dure qu’une fraction de seconde. Je le vois dans ses yeux qu’elle veut rassurants, mais qui parlent malgré tout. La glace ne sera pas suffisante. Un petit temps de repos non plus.

Je ne pourrai entamer ma journée comme je l’avais prévu.

La vie a d’autres plans pour moi ce matin.

Une autre maman arrive (décidément, c’est un lundi achalandé comme il y en a parfois) et m’offre d’appeler ma patronne pour l’avertir que je ne pourrai rester. Je me rends à la cuisine, où nous accueillons les enfants et je me retrouve assise à côté de ceux qui déjeunent. Je peux dire qu’ils se désintéressent vite de leur toast et de leur bol de céréales en me voyant essayer de ne pas m’effondrer en larmes devant eux. J’ai mal, mais je ne veux pas les traumatiser, les pauvres cocos. Une éducatrice les réconforte avec le sourire lors de leurs propres chutes, je dois les laisser faire la même chose avec moi.

Je prends mon cellulaire pour appeler mon chum. Évidemment, je ne pourrai me rendre seule à l’hôpital, ça me prend du renfort. Brève conversation, l’essentiel est dit, il comprend vite la panique dans ma voix, promets de venir me rejoindre le plus rapidement possible.

Changement de plan en quelques secondes à peine, une autre maman entend ma conversation et m’offre, tel un ange tombé du ciel, de me reconduire elle-même à son lieu de travail, l’hôpital Pierre Le Gardeur. Celui où j’ai accouché, où mon fils a été admis en pédiatrie, celui où mon chum s’est fait soigner sa pancréatite, l’hôpital où mon fils s’est fait enlever l’appendice.

Le seul endroit où je me dois d’aller en ce moment.

J’accepte avec reconnaissance, le chum m’y rejoindra. Accolade de courage par ma collègue, câlins des petits cocos présents, je clopine jusqu’à la porte, ne sachant pas quand je vais revenir.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.