La chasseuse de papillons

La chasseuse de papillons

On a tous déjà ressenti ça, les petits papillons dans le ventre lorsqu’on rencontre quelqu’un qui nous plaît. Les petits nœuds qui mettent notre estomac tout à l’envers. Les rires nerveux, les yeux lumineux. Le début d’une relation lorsqu’on ne se dévoile pas complètement. Lorsqu’on essaie de mieux paraître. Ce moment où l’on n’est pas totalement nous-mêmes.

C’est toujours si beau, si nouveau et si angoissant en même temps. Je suis ce que je m’amuse à appeler une chasseuse de papillons. Je suis celle qui recherche à ressentir cette même émotion, je suis celle qui court avec son filet espérant attraper quelque chose. Je veux ressentir les frissons qui nous parcourent le corps et les sourires qu’on fait en lisant un message. Ressentir la magie qu’il y a dans l’air, comme si le temps était figé pendant l’espace d’une seconde.

Malheureusement lorsqu’on court après les papillons, on en oublie la vie aux alentours, on oublie les autres. Parce que parfois notre course peut blesser les autres, parce que parfois on se trouve égoïste. Parce que parfois on court dans une direction en pensant suivre une magie, un battement d’ailes. Mais qu’en cours de route, on se rend compte qu’on s’est trompé.

Être chasseuse de papillons implique son lot de blessures et de souffrances. Selon certains, nous avons des attentes beaucoup trop élevées, on recherche quelque chose qui n’existe plus. Quelque chose qu’on voit seulement dans les contes de fée aujourd’hui. Suis-je normale de rêver de plus? Suis-je normale d’espérer qu’il y a quelque chose de plus fort qui m’attend quelque part. Suis-je née à la bonne époque? Où je me serais sentie plus à ma place dans une époque où les choses semblaient beaucoup plus profondes, plus vraies. L’époque où les mariages duraient une vie entière. L’époque où l’on réparait au lieu de changer.

Je continue de courir malgré tout parce que je sais que mes petits papillons rares sont quelque part. Qu’ils survolent la vie en m’attendant sagement. Il faut faire attention dans nos courses effrénées à ne pas tomber sur les collectionneurs de papillons. Parce qu’eux collectionnent, emmagasinent les papillons des autres. Ils font tout pour que tu éprouves ces sentiments de bonheur pour ensuite te les voler sans un mot.

Malgré tout,  je crois que  tout a un sens.

Toute chose a lieu d’être. Il ne faut pas désespérer.

Je suis mon cœur dans cette aventure et je sais que je verrai la lumière au bout du tunnel, les couleurs vives et les petites étincelles de magie.

Et qu’un jour, je ressentirai quelque chose que je n’avais jamais ressenti avant et à ce moment, je saurai qu’il est temps de déposer le filet à papillons pour me laisser submerger dans cette belle folie qu’est l’amour véritable.

Rébecca Séguin-labelle
Sophia Bédard

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *