Quand on se compare

Quand on se compare, on se console… ou pas

Je sais qu’il ne faut pas se comparer aux autres.

Qu’on est tous différents et uniques et bla bla bla.

Mais je pense quand même que c’est humain de le faire. Et le plus dur là-dedans, c’est de ne pas trop tomber dans le négatif quand on le fait. Ne pas tomber dans l’envie malsaine, dans les comparaisons qui ne sont pas comparables à la base. De ne pas le faire de manière systématique et surtout, de toujours être conscient qu’on est en train de le faire.

Pas facile, hein?

Moi, ça m’arrive encore trop souvent de faire des comparaisons, même si c’est moins fréquent qu’avant.

Je me compare aux plus minces, aux plus grosses que moi. Ça me réconforte de savoir que je ne porte pas telle grandeur qui implique des X, mais ça ne me console pas de savoir que les S ne me sont pas accessibles non plus.

Je me compare à celles qui n’ont pas d’enfants. Ça me fait du bien de connaître l’amour inconditionnel et d’avoir personnellement réalisé qu’il n’y a aucun accomplissement plus extraordinaire que celui d’être maman. Mais ça me fait mal de voir que certaines ne peuvent tout simplement pas en avoir. Tout comme je me questionne toujours un peu quand j’entends quelqu’un affirmer qu’elle n’en veut pas.

Je me compare aux autres couples. Je suis fière d’être avec le même homme depuis 15 ans malgré toutes les embûches. Je suis contente que nous n’ayons pas jeté la serviette dans les moments difficiles et surtout qu’on ait survécu à tout sans jamais cesser de s’aimer. Mais ça me fait mal de penser que même les couples les plus solides ne sont pas à l’abri d’une séparation. L’amour, ça ne devrait pas se comparer, ça devrait juste faire partie de la vie de chacun et de toutes les manières possibles.

Je me compare avec les travailleurs autonomes. Autant je me trouve chanceuse d’avoir un bon emploi stable qui me permet de m’accomplir depuis 17 ans, autant j’envie les pigistes qui peuvent décider quelles seront leurs heures de travail ou tout simplement se permettre de partir à l’aventure sans contrainte d’horaire et de congés à demander. Si on compare les deux, je sais qu’il y a de bons côtés à chaque situation, mais l’herbe semble souvent plus verte chez le voisin.

Quand j’étais jeune, je me suis comparée à mon frère, à mes amies, à mes cousines, à des inconnus, à des connaissances, à des personnalités publiques. J’ai voulu être à la place de tout le monde plutôt que d’essayer de dealer avec qui je suis.

J’ai comparé ma maison à de grosses cabanes, à des appartements miteux. J’ai comparé mes voyages à ceux des autres, tout en sachant que ce n’est pas toujours la destination qui compte, mais bien l’expérience vécue.

J’ai comparé ma peau, mes cheveux, mes yeux, mes idées, mes phobies, mes angoisses, mes qualités, mes défauts. J’ai comparé tout ce qui se compare. L’assiette que j’ai choisie au restaurant avec celle de mon voisin de table. J’ai comparé mes notes avec les bolés de la classe et avec les plus poches. J’ai comparé la décoration de ma maison, j’ai comparé tous les choix que j’ai faits avec ceux des autres.

Je me sens un peu mal de tout avouer ça ici. Surtout que je pourrais continuer comme ça longtemps, hélas.

Mais est-ce que ça fait de moi une personne perturbée, une personne à l’estime fragile qui ne se fait que du mal?

Je ne pense pas. J’ose croire que non, en fait. Je n’ai aucune envie de me comparer avec quelqu’un d’autre pour le savoir.

Parce que quand on se compare, on se console… ou pas.

Jennifer Martin
Jeneviève profil

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