Immobilisée à nouveau

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé — Immobilisée à nouveau

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Je ne peux pas croire que je suis encore en train de parler de tout ça après plus d’un an! Non, mais c’est un peu irréel et redondant. Non? Quoique si t’es en train de lire ceci, t’as quand même envie un peu de savoir comment ça se passe. Alors pour ça, je t’en remercie.

Ça m’aide de savoir que je ne suis pas toute seule là-dedans, même si je reçois beaucoup d’appui de ma famille et de mes amies.

Le 16 juin dernier, j’ai pris le chemin de l’hôpital, seule comme une grande. Ne pouvant être accompagnée, ma mère m’a déposé à la porte. Vêtue de mon masque, j’ai poussé les portes tournantes de l’entrée pour me diriger à l’étage des chirurgies d’un jour. Les couloirs étaient vides ce matin-là. La COVID-19 étant toujours d’actualité, les visites sont devenues carrément inexistantes. Je suis heureuse de ne pas y entrer pour plusieurs jours et je compatis énormément pour ceux qui y sont sans possibilité d’avoir la visite d’êtres chers.

J’ai à peine le temps de poser les fesses sur un siège qu’on vient immédiatement me chercher.

2020, t’es surréaliste honnêtement. C’est bien la première fois où j’attends si peu dans un centre hospitalier.

À peine quelques minutes après avoir donné mon petit contenant avec mon pipi du matin et enfilé une jaquette, on m’annonce que la chirurgie est prévue à 10 h 30, qu’elle devrait durer environ 1 heure et qu’on va venir me voir vers 9 h pour m’expliquer la procédure pour l’anesthésie.

Quelques chapitres de lecture plus tard, on m’annonce à 8 h 45 que je passe en salle «préopération». Voyons, ça va ben vite, ce matin! Je commence à me dire que je vais être de retour à la maison en début d’après-midi si tout se déroule aussi rapidement.

Après la rachianesthésie (piqûre dans le dos), on me fait aussi une injection dans la cuisse afin de bien localiser et geler l’endroit où mon orthopédiste va aller investiguer afin de savoir pourquoi mes douleurs persistent depuis aussi longtemps. La voilà d’ailleurs qui arrive à côté de moi quelques minutes avant d’entrer dans la salle d’opération. Déjà avare d’informations en temps normal, elle m’explique simplement qu’elle ne sait pas ce qui devra être fait tant qu’elle ne sera pas sur place. Va-t-on devoir travailler au niveau des tendons? Enlever des vis? En rajouter? Elle ne peut même pas me donner un petit indice.

C’est donc dans le néant total que je passe les portes pour arriver à la salle d’opération.

Si la première fois, on y est allé fort sur les tranquillisants pour me permettre de me détendre lors de l’opération, cette fois-ci est différente. Lors de la première intervention, j’ai à peine eu le temps de compter jusqu’à 10 avant de sombrer dans les vapes. Une couverture chaude posée sur moi (parce qu’il fait toujours très froid en salle d’opération) et j’étais partie, complètement inconsciente de ce qui se déroulait. Pas du tout le même scénario cette fois-ci puisque mes dents se sont mises à claquer tout au long de l’intervention et que je n’ai jamais perdu connaissance. Incapable de me concentrer sur mon environnement et d’essayer de comprendre ce que les gens faisaient dans ma cheville, j’étais éveillée tout le long de l’opération à trembler et craindre de me retrouver en hypothermie avant la fin de l’intervention.

Avant de quitter la salle d’opération, mon docteur m’a simplement mentionné que ça avait bien été.

Qu’est-ce qui a bien été? L’intervention? La réparation? Le fait que je ne me suis pas transformée en glaçon? Est-ce que tu peux être plus clair?

Mais non, c’est tout ce qu’elle me dit avant de me laisser sortir. J’imagine qu’elle viendra me voir plus tard pour signer mon congé avant de partir.

Les heures qui ont suivi se sont écoulées lentement. Je commençais à dégeler de partout sauf de ma cheville. En fait, je ne sentais rien à partir de mon genou. Tout le reste était en train de revenir à la normale sauf cet endroit. Je ne ressentais donc aucune douleur ce qui faisait ben mon affaire pour le moment parce que j’étais trop occupée à essayer de ne plus grelotter.

Si à 11 h, j’étais de retour en salle de réveil, j’ai dû attendre quand même jusqu’à 15 h pour quitter l’hôpital… sans avoir revu mon orthopédiste. L’infirmière m’a seulement annoncé qu’elle avait signé mon congé et qu’elle me rappellerait pour me donner un rendez-vous dans 10 à 14 jours.

J’avoue avoir été un peu sous le choc.

De ne rien savoir.

De ne même pas connaître la nature des interventions qu’elle a faites.

Est-ce qu’elle a compris pourquoi j’avais encore mal? Est-ce qu’elle a arrangé ça ou il n’y avait rien à faire?

Je suis vraiment déçue de n’avoir même pas une petite idée de ce qu’elle a fait.

J’ai donc repris le chemin de la maison, pour y débuter ma deuxième convalescence. Je passerai les 6 prochaines semaines immobilisée à nouveau.

À suivre…

Jennifer Martin
Jeneviève profil

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