Chroniques hyperactive

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : est-ce que j’ai fait tout ça pour rien?

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L’été tire déjà à sa fin et je n’arrive toujours pas à dire si ça a été long ou pas. J’ai la peau bronzée, les marques de maillot bien en évidence sur le corps, la tête et le cœur pas mal mélangés.

Je poursuis la physio. J’ai dû recommencer depuis le tout début parce que j’avais perdu tous mes progrès chèrement acquis l’année passée.

Je suis un peu découragée. Je l’avoue.

Je ne pensais pas que ce serait aussi long cette fois-ci.

Et surtout que les progrès seraient si timides. J’avoue que ça commence même à sérieusement m’inquiéter.

Ma cheville ne semble pas progresser, contrairement à ce que je croyais après l’opération, qui s’était bien déroulée. La douleur a été très supportable au début, et j’espérais sincèrement que je m’en débarrasserais pour de bon cette fois-ci.

Erreur.

J’ai aussi mal qu’avant. Du moins pour l’instant.

Ma cheville a retrouvé une mobilité correcte selon les spécialistes, mais je n’ai aucune force et ça continue d’être pénible de mettre du poids dessus. Je me fatigue vite, je n’ai toujours pas recommencé à faire de longues marches ni à courir ou sauter.

Mon dos me fait souffrir plus que jamais. Je te rappelle que je n’ai jamais eu de problèmes de dos auparavant. Je dois d’ailleurs en parler à mon médecin lorsque je la reverrai. Selon mon physiothérapeute, c’est directement lié au fait que j’ai compensé avec ma jambe gauche pendant de longs mois en y mettant plus de poids. Ce qui aurait causé un débalancement de certaines vertèbres.

T’sais, comme si j’avais besoin de ça en plus.

Je traîne cette blessure à la cheville depuis près de deux ans et je dois gérer des douleurs au dos qui menacent de me mener la vie dure lors de mon retour au travail.

Mon médecin de famille m’a dit que je garderai certainement des séquelles toute ma vie. Je risque d’ailleurs d’avoir à me faire évaluer pour déterminer si elles seront permanentes. J’avoue ne pas avoir hâte de m’attaquer à ce processus. Essayer d’expliquer ses douleurs et ses limitations, ça peut être ardu et perçu de plusieurs manières.

À quel point le reste de ma vie sera affectée par cette banale chute qui a changé mon corps à jamais?

Toute cette histoire m’exaspère à un point où je donnerais n’importe quoi pour ne jamais être tombée.

Parce que je suis tannée. Fatiguée de me lever le matin avec le poids de la douleur sur mon pied, dans mon dos. Je ne sais même plus ce que c’est de ne pas avoir mal quelque part. J’ai à peine 38 ans.

De quoi j’aurai l’air dans 20 ans? Dans 30 ans?

Mon corps meurtri et propriétaire de 10 vis m’accompagnera sûrement jusqu’à la fin de ma vie.

Je suis sincèrement à bout. Je n’ai même plus la force ni le plaisir d’écrire cette chronique. J’ai l’impression d’être terriblement négative et de radoter. 

Je vais prendre une pause.

Je reviendrai quand j’aurai vraiment de bonnes nouvelles à vous annoncer.

Jennifer Martin
Jeneviève profil

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