Les sensations nouvelles

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : les sensations nouvelles

Pour lire les précédentes chroniques, c’est ICI.

Depuis ma chute, mon corps m’est étranger.

J’ai mal partout, j’ai l’impression d’avoir le physique d’une personne âgée et chaque levée du corps est difficile.

Mes os craquent, j’ai souvent des fourmis dans les jambes, mon dos et mes hanches sont constamment sollicités puisqu’ils compensent ma cheville encore fragile. Des terminaisons nerveuses semblent avoir été atteintes lors de l’opération puisque j’ai souvent l’impression d’avoir la plante de pied en feu lorsque je la sollicite plus longtemps.

J’ai encore de l’enflure, mes cicatrices sont toujours bien visibles et c’est un peu traumatisant de masser ma cheville et de sentir les vis qui sont maintenant bien en place pour y rester.

Depuis ma chute, mon moral est aussi en dent de scie.

Je peux me lever avec toute l’énergie d’avant ma chute, la tête pleine de projets, la motivation dans le tapis et la conviction que ma guérison totale est possible et que toute cette aventure sera bientôt derrière moi. Lors de ces journées, je peux faire du ménage, écrire 3 articles pour le blogue, faire des commissions, m’entraîner à la piscine ou marcher dehors. Je peux préparer une nouvelle recette, faire des étirements à plusieurs reprises dans la journée pour me délier les muscles et profiter de ces journées de congé forcées pour voir les gens que j’aime.

D’autres jours, je peux me vautrer dans mon lit ou mon divan toute la journée et avoir l’énergie à peine suffisante pour faire mes exercices de physiothérapie. Ma tête est au neutre, j’envisage péniblement mon retour au travail avec tous les efforts que je devrai fournir pour passer à travers mes journées et je peux avoir envie de souper d’un bol de céréales tout en offrant des restants de la veille à mes deux amours.

Je sais que n’importe qui peut vivre cette situation et qu’il ne faut pas nécessairement être blessée ou être en convalescence pour passer à travers ces montagnes russes d’émotions.

Mais c’est ce que je vis présentement et ça ne m’était jamais arrivé de m’interroger sur le sujet. Je n’en ressentais pas le besoin jusqu’à ma chute.

Je me répète un peu, je sais. J’ai déjà parlé des sentiments contradictoires qui m’habitent ICI.

Mais c’est ma réalité, alors ça me fait du bien d’en parler.

Encore.

Je sais que je me souviendrai de cet accident toute ma vie, de cette chute qui a changé mon corps et mon esprit à jamais. Et pourtant, c’est minime comparé à ce que des milliers d’autres personnes peuvent vivre quand ils sont confrontés à la maladie, parfois incurable. Je sais que lorsqu’on se compare, on se console. Je suis consciente que je me plains parfois pour rien, que c’est une situation temporaire.

Alors je continue de travailler fort pour garder le moins de séquelles physiques possible.

D’ailleurs, je crois que le prochain rendez-vous chez l’orthopédiste, dans moins d’un mois maintenant, sera celui qui signera mon retour progressif au travail.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

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